Friday 10-September-2010

L’art palestiniens se dévoile à l’Institut de Monde Arabe
Date : 2/10/2009   Time : 20:26

PARIS, le 2 octobre 2009 (WAFA)- Jusqu’au 22 novembre, l’Institut du Monde Arabe (IMA) présente l’exposition : « Palestine : La création dans tous ses états ». Dix-neuf artistes Palestiniens contemporains y exposent, dévoilant une réflexion sur la situation actuelle de la Palestine, a publié le site internet Contrepoint.

A l’Institut du Monde Arabe, la dernière exposition présentant des artistes Palestiniens remonte à… 1977 ! Soit un temps beaucoup trop long pour un organisme censé montrer les créations issues du monde arabe. C’est pour remédier à cela que l’IMA a décidé de lancer l’exposition « Palestine : La création dans tous ses états ».

Un échantillon du meilleur de l’art moderne palestinien

Selon Mona Khazindar, commissaire de l’exposition, l’objectif est «de montrer la diversité et la richesse de la création palestinienne».* L’art moderne palestinien n’est maintenant plus une nouveauté, mais un courant qui a déjà pris de l’ampleur. Citant les artistes les plus connus, Mona en vient même à affirmer que « la scène palestinienne fait vraiment aujourd’hui partie de l’art contemporain international».

Pour présenter cette scène, un choix risqué a été fait : ne sélectionner que dix-neuf d’artistes mais tous très différent. Onze femmes partagent l’affiche avec huit hommes. Le plus âgé de tous est né en 1936, le plus jeune en 1977. Si tous sont palestiniens, certains vivent à Londres, Paris, Copenhague, ou encore Amman. Ils utilisent tous des médias très divers, de la photographie à la vidéo, en passant par la peinture et l’installation. Autrement dit, l’exposition vise à devenir un échantillon du meilleur de l’art moderne palestinien.

Le tout est très réussi. Dès l’entrée, le visiteur est capté par les vidéos et les installations. L’ensemble, dense, prend peu de place, et captive rapidement les spectateurs. Seul inconvénient : la visite est très courte, et le spectateur peut se sentir déçu de ne pas en avoir vu davantage…

Une politisation omniprésente

Malgré toutes les différences de style, la quasi-totalité des œuvres ont un point commun : elles traitent de la situation actuelle de la Palestine. Mais de différentes manières… Tout d’abord, il y a les œuvres qui se contentent de montrer, froidement, les formes que prend l’occupation israélienne. Ainsi, The Wall de Rula Halawani et Miradors de Taysir Batjini sont des ensembles de photographies du mur et des miradors, cherchant à les montrer comme hostiles et dangereux.

Ensuite, il y a les œuvres qui interpellent le spectateur, violemment, cherchant à dénoncer le conflit et sa haine. Certains le font d’une manière très naïve, comme ce film de Suha Shoman -Stop for God Sake-, simple suite d’images du conflit. Mais d’autres font preuve de plus d’originalité, comme l’installation d’Emily Jacir : une tente de réfugiés, sur laquelle est cousue les noms de villages palestiniens détruits en 1948. Nommée Memorial to 148 Palestinian Villages Which Were Destroyed, Depopulated and Occupied by Israel in 1948, l’œuvre a été réalisée avec l’aide de volontaires.

Il y a enfin les œuvres qui essaient de dépasser le moment présent, d’imaginer et de représenter un futur pour la Palestine. Tel ce montage de Khalil Rabah qui présente une salle d’attente vide avec un d’avion portant le logo United States of Palestinian Airlines. Ou encore, comme ce petit film de Larissa Sansour, où une astronaute débarque sur la lune pour… y planter un drapeau palestinien.

« Palestine : La création dans tous ses états », c’est dix-neuf artistes avec un thème commun. C’est aussi, avec ce même aspect, dix-neuf sensibilités qui créent des œuvres, toutes différentes et uniques.