Tuesday 7-September-2010

Le grand aveuglement D’Israël discuté à Ramallah
Date : 28/1/2010   Time : 13:15

RAMALLAH, le 28 janvier 2010 WAFA- Le Centre Culturel Franco-allemand a tenu, hier, une rencontre avec le Journaliste Français Charles Enderlin. La discussion a été autour de son livre « Le grand aveuglement : Israël Et L'irrésistible Ascension De L'islam Radical».

Dans son œuvre, Endrelin raconte l’histoire des liaisons dangereuses entre Israël et « l'irrésistible ascension de l'islam radical » palestinien. Il argumente qu’Israël a joué avec le feu pendant près de deux décennies en encourageant le développement à Gaza de la branche la plus extrêmiste des Frères musulmans.

Il dit que les gouvernements successifs d’Israël  ont longtemps cru que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas, pouvait être 'l' antidote à l'OLP', lorsque les services de renseignements israéliens n'ont alors pris la peine d'analyser - voire de traduire- les textes diffusés par ces organisations. Ils découvriront trop tard qu'ils ont, de fait, participé à la création du Hamas.

Dans ce nouveau document d'enquête, l'auteur, correspondant permanent de France 2 à Jérusalem, raconte l'incompréhension, l'aveuglement, le double jeu parfois des services de renseignements et des politiques à Tel-Aviv. Il décrit aussi comment l'occupation israélienne, le développement de la colonisation dans le territoire palestinien et la politique américaine au Proche-Orient ont fait le lit de l'islam radical.

Enderlin écrit en énumérant les faits, sans adjectifs ni commentaires superflus. Son propos est de décrire la responsabilité d’Israël dans la montée de l’islamisme radical, c’est-à-dire dans l’émergence du Hamas. Dans son discussion, les événements s’enchaînent, comme une en grenage, parsemés des erreurs des gouvernements israéliens successifs.

On mesure à quel point l’impasse actuelle du processus de paix, et aussi la division des Palestiniens entre le Fatah et le Hamas, est la résultante d’un «grand aveuglement», du dogmatisme religieux et du sang versé. Le journaliste explique, documents souvent inédits à l’appui, que la Shabak, le service israélien de sécurité intérieure, s’est persuadée qu’en favorisant le renforcement de la Moujamma (organisation issue des Frères musulmans, qui a donné naissance au Hamas) et de son chef, Cheikh Ahmed Yassine, elle détenait «l’antidote à l’OLP», l’Organisation de libération de la Palestine.

Loin de limiter son sujet à «la prise de contrôle d’un territoire» (Gaza) par le Hamas, Charles Enderlin se fait le biographe minutieux de l’histoire des relations entre Israël et les administrations américaines successives: il souligne à quel point les appels répétés de Washington en faveur de l’arrêt de la colonisation juive dans le territoire palestinien occupé, cet «acte délibéré visant à saboter la paix», disait l’ancien secrétaire d’Etat James Baker, sont restés, jusqu’à aujourd’hui, lettre morte.

Il décrit «l’entreprise systématique de délégitimation de l’Autorité palestinienne», et rappelle que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, alors chef du Likoud, avait comparé les accords d’Oslo (1993) – sans doute la meilleure chance de paix au Proche-Orient –, aux accords de Munich, et Itzhak Rabin à Chamberlain.

Cette chronique des relations israélo-palestiniennes livre quelques clés pour comprendre l’incapacité des acteurs du processus de paix à se tolérer.

La discussion, tenue dans la bibliothèque du CCFA, a été animé en français par le journaliste Benjamin Barthe.