Accueil Occupation 03/octobre/2020 01:01

Dans la vallée du Jourdain ... la route de l'école est un cauchemar

Dans la vallée du Jourdain ... la route de l'école est un cauchemar

 

Israa Gorani:

La Vallée du Jourdain, le 3 octobre 2020, WAFA-

Avant l'aube le jour de l'école... l'enfant Yamama Shehadeh se réveille de Khirbet al-Hadidiya dans le nord de la vallée du Jourdain pour entamer une route longue et cahoteuse pour se rendre à son école dans le village d'Ain al-Bayda ... un parcours difficile imposé par les pratiques de l'occupation et les obstacles à de nombreux écoliers, surtout dans les étapes primaires.

Yamama, une élève de première année du primaire, prépare son cartable, porte ses vêtements et quitte sa maison avec ses deux frères Reem et Amir, également élèves du primaire.

Les trois frères et sœurs se tiennent la main alors qu'ils se dirigeaient vers leur père, qui les transporte sur son tracteur, Ou à dos d'âne  et empruntent des routes accidentées, sur une distance de plus de trois kilomètres carrés, jusqu'à atteindre la rue principale, de là, le bus du ministère de l'Éducation les emmène à l'école, et après quelques heures, il  les attend pour les ramèner  à la maison.

Lotfi Shehadeh, le père des trois enfants, explique: "Les enfants d'Al Hadidiya ont du mal à aller à l'école, ils font face à de nombreux risques et difficultés , moi je suis dans un état d'anxiété constante pour mes enfants, de peur que des colons ou des soldats d'occupation bloquent leur chemin ."

Il ajoute: ‘’La route que nous empruntons à dos d'ânes ou en tracteurs agricoles est pleine de dangers de l'occupation d’une part et des colons d'autre part, c'est un chemin de terre accidenté et il devient boueux en hiver, tout cela affecte négativement le niveau d'éducation des enfants, car les enfants arrivent à l'école dans un état de fatigue extrême à cause de la route difficile et longue, ce qui affecte leur concentration dans les leçons. Ils rentrent également à la maison épuisés et sont donc incapables de faire correctement leurs devoirs scolaires. "  

Il y a un an, dit-il,  le bus arrivait à une distance très proche des écoliers d'Al-Hadidiya, mais les autorités d'occupation ont fermé la route menant au village avec un mur métallique : « c'est une route que les gens avaient tracée pour l’empreinter après que les autorités d'occupation ont fermé la route habituelle menant à la région et l'ont fermée avec des monticules de terre. »

Dans ce contexte, le Directeur de l’éducation du gouvernorat de Tubas et du nord de la vallée du Jourdain, Said Qabha, indique que toutes les 23 communautés bédouines du nord de la vallée du Jourdain, souffrent de grandes difficultés pour faire éduquer leurs enfants, ajoutant que 170 écoliers de ces communautés vont étudier dans les villages de Tayasir, Aqaba et Ain Al-Bayda, où un bus éducatif travaille pour les transporter quotidiennement vers ces écoles.

Concernant la nature de ces difficultés que les élèves rencontrent en se rendant à l'école, Qebha a déclaré: «Il y a des communautés qui souffrent plus de difficultés que d'autres, car le bus ne peut pas les atteindre, ainsi, ces écoliers  sont contraints de venir dans la rue principale après avoir coupé trois kilomètres carrés,  Al-Hadidiya est l'une de ces communautés, que l'occupation empêche l'accès du bus éducatif.

Il a souligné que les institutions officielles du gouvernorat ont essayé de trouver une solution à ce problème et d'ouvrir des routes alternatives, mais les autorités d'occupation ferment les routes et les sabotent. « Les démolitions répétées de leurs maisons, leurs livres et sacs restent souvent sous les décombres, en plus de l'expulsion de leurs familles de leurs maisons plusieurs fois par an s’ajoutent à  l'impact négatif de leurs études ».

Les postes de contrôle d'occupation construits dans la vallée du Jourdain sont considérés comme un facteur majeur pour entraver l'accès des élèves à l'école, et dans de nombreux cas, ces barrières leur sont fermées, et les restrictions de l'occupation empêchent la création d'écoles dans la plupart de ces zones, et en raison de toutes ces circonstances, un petit nombre de ses élèves achèvent leurs études secondaires.

Pour sa part, Ayad Abu Qteish du Mouvement international pour la défense des enfants explique qu'un grand pourcentage d'enfants dans les régions de Cisjordanie sont exposés à la violation de leur droit à l'éducation par les autorités d'occupation, bien qu'il s'agisse d'un droit fondamental garanti par tous les pactes internationaux relatifs aux droits de l'enfant.

Il a noté que l'occupation menace le processus éducatif non seulement dans la vallée du Jourdain, mais dans toutes les zones classées «C», car elle a démoli de nombreuses écoles dans ces zones au cours des dernières années et le processus se poursuit pour la démolition d'autres écoles,  comme cela s'est produit récemment avec plusieurs écoles, telle que l'école «Shalal Al-Auja, au nord de Jéricho.

 Abu Qteish a ajouté que l'occupation dans d'autres zones, entrave l'accès des élèves à leurs écoles, depuis le début de l'année scolaire en cours, les patrouilles d'occupation stationnées dans la rue principale des villages d'Al-Laban et d'Al-Sawiyah, au sud de Naplouse, ont empêché les élèves d'atteindre leurs écoles et aussi dans les zones H2 d'Hébron.

Un rapport préparé par Human Rights Watch en 2018 indique que «Israël a refusé à plusieurs reprises d'accorder aux Palestiniens des permis de construire des écoles en Cisjordanie et a démoli des écoles construites sans permis, rendant difficile voire impossible pour des milliers d'enfants d'accéder à l'éducation.

Il y a 44 écoles palestiniennes qui risquent d'être démolies complètement ou partiellement parce que les autorités israéliennes disent qu'elles ont été construites illégalement, ajoute le rapport.

 Le rapport soulignait que "plus d'un tiers des communautés palestiniennes de la zone C, qui constitue 60% de la Cisjordanie, n'ont actuellement pas d'école primaire, et il y 10 000 enfants qui vont à l'école dans des tentes ou des huttes, et environ 1 700 enfants sont contraints de marcher 5 kilomètres ou plus pour se rendre à l'école en raison des fermetures de routes, du manque de routes ou de transports, ou d'autres problèmes.

F.N

 

 

 

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