Deux frères jérusalémites obligés de vider le contenu de leurs maisons avant de les détruire eux-mêmes à Silwan
Jérusalem, le 18 mars 2021, WAFA- Les autorités d’occupation israéliennes ont forcé tard le soir les deux frères jérusalémites, Khaled Abbasi et son frère Munir de vider le contenu de leurs maisons à Silwan avant de les détruire eux-mêmes, selon le membre du Comité de défense des terres de Silwan, Khalid Abu Tayeh.
Les deux frères ont été informés par leur avocat que les efforts pour obtenir un permis de construire pour le bâtiment qu'ils ont construit en 2016 pour abriter leurs familles ont échoué après que la municipalité israélienne de Jérusalem-Ouest a refusé de leur donner le permis nécessaire et qu'ils ont donc vider leurs maisons des meubles et des personnes afin de les faire démolir, selon Khaled Abu Tayeh, membre du Comité pour la défense des terres de Silwan.
Il a ajouté que les deux maisons, peuplées par 7 personnes dont 3 enfants, sont construites depuis 2016.
M. Abu Tayeh a indiqué que les autorités d’occupation ont remis à quatre autres familles palestiniennes à Silwan des avis de vider des maisons en vue de leur démolition sous prétexte de construction sans permis.
À Al-Issawiya, un autre quartier de Jérusalem-Est, la municipalité israélienne avait publié des ordres de démolition sur deux maisons appartenant à des Palestiniens dans le quartier sous prétexte de construction sans permis.
Le risque de démolition à Silwan:
Plus de 100 immeubles, habités par environ 1550 Palestiniens, dont 63% sont des enfants de moins de 18 ans, à Silwan font face à une menace imminente de démolition, à la suite d'une demande soumise par la municipalité d'occupation il y a quelques semaines.
En 2010, le maire de la municipalité de l'occupation, Nir Barkat a annoncé son plan «Jardin des rois» pour démolir tout le quartier d’Al-Bustan. La Mise en œuvre de ce plan signifie la destruction des dizaines de bâtiments palestiniens et l’expulsion des familles palestiniennes.
L'histoire de ce quartier remonte à l'année 2005 lorsque la municipalité d'occupation a pris la décision de le démolir et a commencé à distribuer des ordres de démolition à ses 1550 habitants soit une centaine d'appartements sous prétexte d'être construits sans permis, même si ses terrains sont privés possédé et une dotation islamique.
Le quartier Al-Bustan est situé à 300 mètres du mur sud de la mosquée Al-Aqsa et s'étend sur une superficie de 70 dunums. Selon des mythes bien connus de l’occupation, elle prétend qu’elle représente un «héritage historique et culturel pour le peuple juif, et a donc travaillé à judaïser son nom et à en faire le « jardin du roi David ».
Il est à noter que 3 quartiers de Silwan sont menacés de démolition au profit des parcs nationaux israéliens, à savoir Al-Bustan, Wadi Al-Rababa qui compte environ 1000 habitants, et le quartier Wadi Yasoul, qui comptent environ 300 habitants.
Il y a d'autres quartiers à Silwan qui sont menacés par la colonisation, comme le quartier de Batn Al-Hawa, et plus de 5 dunums de terres sont menacés d’accaparement sous prétexte de propriété de la terre au profit des colons, et les habitants mènent une lutte devant les tribunaux israéliens pour préserver leurs biens, tandis que le quartier de Wadi Hilweh est menacé par des fouilles, des tunnels et des avant-postes.
La construction sans permis :
Les Palestiniens de Jérusalem-Est occupée par Israël disent qu'ils sont forcés de construire sans permis sur leurs terres car en obtenir un est une tâche presque impossible. Dans le même temps, les autorités d'occupation israéliennes construisent des milliers de nouveaux logements dans des colonies illégales exclusivement juives construites sur des terres palestiniennes expropriées à Jérusalem-Est.
Les Palestiniens doivent attendre de 5 à 10 ans sinon plus pour obtenir un permis de construire ; les permis de construire délivrés répondent seulement à 5% des demandes et coûtent en moyenne 80 000 euros.
Depuis 2004, plus de 1500 maisons et structures palestiniennes ont été démolies et plus de 3500 personnes sont devenus sans abri à Jérusalem –Est.
Sous le prétexte de la construction illégale, Israël démolit régulièrement des maisons afin de limiter l'expansion palestinienne à Jérusalem occupée.
Dans le même temps, la municipalité et le gouvernement israéliens construisent des dizaines de milliers de logements dans des colonies illégales à Jérusalem-Est pour les Juifs dans le but de compenser l'équilibre démographique en faveur des colons juifs de la ville occupée.
Bien que les Palestiniens de Jérusalem-Est, une partie du territoire palestinien internationalement reconnu qui soit soumis à l’occupation militaire israélienne depuis 1967, se voient refuser leur droit de citoyenneté et sont classés uniquement en tant que "résidents", permis qui peuvent être révoqués s’ils quittent la ville depuis plus de quelques années.
Ils sont également victimes de discrimination dans tous les aspects de la vie, y compris le logement, l'emploi, les services et ne peuvent accéder aux services en Cisjordanie en raison de la construction du mur de séparation israélien.
Les démolitions israéliennes:
La ville de Jérusalem a témoigné le mois de février une escalade notable de destruction par Israël des structures palestiniennes dont le dernier était l’immeuble appartenant à la famille du gardien de la mosquée d’Al-Aqsa Fadi Elayyan qui a été détruit par les autorités d’occupation comme punition, laissant 17 personnes dont 12 enfants sans abri.
H.A



