Accueil international 18/September/2022 12:16 PM

Banque mondiale : Des efforts coordonnés sont nécessaires pour éviter une détérioration des conditions économiques en Palestine

Banque mondiale : Des efforts coordonnés sont nécessaires pour éviter une détérioration des conditions économiques en Palestine

Jérusalem, le 18 septembre 2022, WAFA- La Banque mondiale a révélé aujourd’hui, dimanche qu’en dépit de plusieurs signes de reprise, l'économie palestinienne n'a pas encore retrouvé son niveau d'avant la pandémie.

Dans son rapport, la Banque mondiale a indiqué que les restrictions en cours sur les déplacements et l'accès, les effets à long terme de la détresse budgétaire, combinés à une augmentation rapide des prix, contribuent à une reprise économique plus lente, avec une croissance qui devrait atteindre 3,5 % en 2022, contre 7,1 % en 2021.

Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, a dit que la guerre en Ukraine a exacerbé les pressions déjà élevées sur les prix dans les territoires palestiniens. Combinés aux effets négatifs induits par le COVID-19, les chocs de prix ont directement affecté l'approvisionnement en produits alimentaires de base, compromettant le bien-être des ménages palestiniens, en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables.

Il a ajouté : « Nous sommes encouragés par les progrès de l'Autorité Palestinienne (AP) dans son programme de réforme, et des efforts positifs concertés... sont encore nécessaires pour créer un espace budgétaire pour l'assistance sociale vitale et le développement économique. »

Le rapport de la Banque mondiale souligne que l'inflation rapide a encore fait grimper les prix des denrées alimentaires et du carburant, qui représentent une proportion plus élevée des dépenses des ménages pauvres. La Cisjordanie et Gaza sont le deuxième plus grand importateur de produits alimentaires de la région, une proportion substantielle des importations de farine de blé et d'huile de tournesol provenant d'Ukraine et de Russie.

A son tour, le directeur national de la Banque mondiale pour la Cisjordanie et Gaza, Stefan Emblad a dit que l'économie palestinienne continue de faire face à d'énormes défis qui pourraient affecter sa stabilité macroéconomique à long terme. Les effets conjugués de la pandémie de COVID-19 et de la guerre en Ukraine, des affrontements en Cisjordanie et des conflits récurrents à Gaza, en plus des tensions budgétaires, amplifient les risques de déstabilisation. De plus, l'aide des donateurs reste insuffisante pour combler le déficit de financement qui pourrait atteindre 3,3 % du PIB en 2022, réduisant la capacité de l'Autorité palestinienne à respecter ses engagements récurrents.

Selon le rapport, « le déficit budgétaire de l'Autorité palestinienne (AP) a diminué de 70 % au premier semestre 2022 par rapport à la même période en 2021. Cela s'explique par la forte croissance des revenus et le maintien des dépenses, car les augmentations de certains postes de dépenses ont été compensées par une forte baisse des dépenses du programme national de transferts monétaires, avec un coût social important.

Emblad a dit qu’une coopération étroite entre l'Autorité palestinienne, le gouvernement israélien et la communauté internationale sera vitale pour réorienter l'économie vers la durabilité à long terme, augmenter considérablement les revenus de l'AP et aider les ménages palestiniens à faire face à la hausse des prix.

La Banque mondiale a déclaré que des réformes palestiniennes sont nécessaires à la fois du côté des recettes et des dépenses pour une position budgétaire plus durable, ajoutant : « Les réformes des dépenses devraient cibler la masse salariale, le système de retraite public et les transferts non ciblés. Une meilleure gestion des références sanitaires et des subventions non planifiées aux unités gouvernementales locales sont également des priorités clés ».

Le rapport suggère qu'une poursuite stable et prévisible de l'aide des donateurs à l'AP par le biais d'opérations d'appui budgétaire sera essentielle dans la poursuite de son programme de réforme.

« L'AP continue de progresser dans l'amélioration de la gestion des finances publiques (GFP) et elle a également récemment renforcé le cadre palestinien de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme (AML/CTF). S'appuyer sur ces efforts constituera un aspect important du partenariat avec la communauté des donateurs. L'Autorité Palestinienne et la communauté internationale devraient travailler ensemble pour examiner la forme la plus efficace d'assistance directe aux plus pauvres et aux plus vulnérables, y compris la relance du programme national de transferts monétaires », indique le rapport.

Le rapport souligne que les réformes de l'AP sont nécessaires mais pas suffisantes pour mettre les territoires palestiniens sur la voie d'un développement durable, et que permettre aux entreprises palestiniennes d'accéder à la zone C pourrait stimuler l'économie palestinienne d'un tiers et augmenter les revenus de 6 % du PIB.

H.A

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