Ramallah, le 23 août 2023, WAFA-
Par Haneen Assi
Depuis des années, on voit la barbarie des colons israéliens dans les zones palestiniennes, devant le monde restant silencieux sur les crimes israéliens, mais se précipitent à parler et condamner si les Palestiniens sont impliqués dans des meurtres des colons.
Parmi les zones palestiniennes souffrant des brutalités israéliennes, c'est Umm Safa, un petit village situé à 12 km au nord du gouvernorat de Ramallah en Cisjordanie occupée, habité par 800 personnes, où ses terres et ses biens ont été pris pour cible des attaques des colons et de leur gouvernement. 227 dunums de ses terres ont été saisies au profit de l’expansion des colonies illégales, Ateret et Halmish.
Ce petit village dépend principalement de l'agriculture des cultures tels que : olives, figues, amandes, lentilles, blé et quelques légumes.
Depuis quelques mois, on entend beaucoup des évènements se déroulant à Umm Safa où les colons terroristes ont agressé des citoyens, incendié et détruit des biens en semant la terreur parmi les Palestiniens non protégés surtout les enfants et les femmes.
En juin dernier, en présence des soldats israéliens qui n’ont pas réagi, des colons israéliens ont commis un pogrom sur le village d’Umm Safa où ses maisons et véhicules ont été incendiés en plus de tirer des coups de feu sur ses habitants.
Dans une interview avec WAFA, la palestinienne, Haneen Abayyat nous a raconté des moments horribles quand les colons terroristes ont assiégé et incendié sa maison : « Mes deux enfants et moi, nous nous sommes cachés dans une chambre, loin de l’incendie provoquée par ces terroristes ».
Elle a mentionné que sa maison qui se trouve à des dizaines de mètres de la colonie illégale d’Ateret, a été soumise à maintes reprises aux actes de vandalisme et de violence par des colons.
Nimer Sabbah, 77 ans, l’un des habitants d’Umm Safa, a dit que les terres du village subissent depuis 4 ans des attaques répétées par des colons israéliens, protégés par les forces d’occupation, qui lâchent leurs vaches dans ces terres afin de dévaster les récoltes.
Biens que les Palestiniens possèdent des documents écrits en hébreu, en arabe et en anglais prouvant leur propriété à ces terres, les colons et l’armée d’occupation exploitent que ces terres se situent dans la zone « C », qui représente plus de 60% de la superficie de la Cisjordanie et selon des accords d'Oslo conclus il y a 25 ans, relève du régime militaire israélien complet.
Israël empêche délibérément les Palestiniens de travailler ou d’accéder aux terres se trouvant dans la région « C » tandis que les colons ont commis des actes de violence pour que les Palestiniens quittent leurs terres jusqu'à ce qu'il apparaisse qu'elles sont négligées, abandonnées et sans propriétaires, et par conséquent elles seraient faciles à saisir.
Une manifestation qui est organisée chaque vendredi en protestation contre les projets coloniaux et les attaques des colons, ont été toujours attaquée brutalement par les forces d’occupation et des colons.
Au moins deux Palestiniens dont un adolescent ont été abattus lors des manifestations anti-colonisation à Umm Safa, à savoir : Abdul Jawad Saleh, 24 ans, du village d’Aroura, qui a été tué le 7 juillet par des tirs israéliens et l’adolescent orphelin de 17 ans, Mohammed Fouad Ata Al-Bayed, du camp de réfugiés d’Al-Jalazoun, qui a été tué le 21 juillet.
Laila Ghannam, gouverneure de Ramallah et d'Al-Bireh, a commenté ces crimes en disant : « Ce qui s'est passé dans le village d'Umm Safa est un crime d'assassinat délibéré contre un enfant de 17 ans, ce qui soulève une question sur les lois internationales et le rôle des institutions des droits de l'homme qui suffisent à dénoncer les crimes de l'occupation et à présenter leurs condoléances aux familles des victimes ».
Ajoutant que ces crimes ont été commis contre divers segments de la société palestinienne par un gouvernement extrémiste qui a donné le feu vert pour cibler tout ce qui est palestinien, Ghannam a souligné que le maintien du silence international garderait la porte ouverte à davantage de crimes de l'occupation.
Au cours de ces manifestations, les équipes médicales et de presse ont été également attaqués par les forces d’occupation et des colons, y compris l’équipe de la télévision palestinienne alors qu’elle couvrait les évènements.
Le photographe de la télévision, Mohammed Radi a dit dans un appel téléphonique avec WAFA que des colons, protégés par l’armée d’occupation, ont tiré le feu sur lui et sa collègue Valentina Abu Hamed alors qu’ils couvraient les actions, endommageant leur camera et les équipements de diffusion.
Dans le même incident, un cheval a été tué, plusieurs maisons endommagées et un chauffeur d’une ambulance blessé par des ecchymoses et même l’ambulance a été endommagée.
Lors de la défense de leurs terres et leurs biens, des centaines de Palestiniens ont été blessés et asphyxiés pendant la répression israélienne des manifestations anti-colonisation dans le village d’Umm Safa.
Les Palestiniens, sous l’occupation israélienne, n’ont pas le droit de se défendre, c’est pourquoi, les manifestants ont été accueillis avec une force brutale en utilisant l’agression sauvage, les balles, les bombes de toutes sortes, font toujours de victimes parmi les Palestiniens sans défense.
Des zones distinctes de la Cisjordanie sont le théâtre de manifestations hebdomadaires rejetant la colonisation sur les lignes de contact avec l'armée israélienne, qui disperse et traque les manifestants à l'intérieur de leurs villes et villages.
Le nombre de colons vivant dans des colonies coloniales réservées aux Juifs à travers Jérusalem-Est occupée et en Cisjordanie en violation du droit international est passé à plus de 600 000 et l'expansion des colonies coloniales a triplé depuis la signature des accords d'Oslo en 1993.
La loi sur l’État-nation d’Israël, adoptée en juillet 2018, consacre la suprématie juive et déclare que la construction et le renforcement des colonies coloniales sont un « intérêt national ».
Israël a occupé Jérusalem et l'ensemble de la Cisjordanie après la guerre des Six jours en 1967 et a commencé à établir des colonies dans la région l'année suivante.
Depuis le début de l'occupation en juin 1967, les politiques impitoyables d'Israël de confiscation des terres, de colonisation illégale et de dépossession, associées à une discrimination endémique, ont infligé d'immenses pertes et souffrances aux Palestiniens, les privant de leurs droits fondamentaux.
La politique israélienne de construction et d'expansion de colonies illégales sur les terres palestiniennes occupées est l'un des principaux moteurs des violations massives des droits de l'homme résultant de l'occupation. Au cours des 50 dernières années, Israël a démoli des dizaines de milliers de propriétés palestiniennes et déplacé de larges pans de la population palestinienne, pour construire des maisons et des infrastructures afin d'installer illégalement sa propre population dans les territoires occupés. Il a également détourné les ressources naturelles palestiniennes telles que l'eau et les terres agricoles à des fins de colonisation.
L'existence même de colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés viole le droit international humanitaire et constitue un crime de guerre. Malgré plusieurs résolutions de l'ONU, Israël a continué de s'approprier des terres palestiniennes et de soutenir au moins 600 000 colons vivant en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est. Jusqu'en 2005, plus de 9 000 colons israéliens résidaient illégalement à Gaza.
Avec le nouveau gouvernement d’extrême droite et avec des ministres extrémistes comme Ben Gvir et Smotrich, L'expansion des colonies a été accélérée ces derniers mois. Le gouvernement a annoncé des plans pour des milliers de nouveaux logements dans les colonies existantes, ainsi que la légalisation des avant-postes coloniaux en Cisjordanie occupée.
En plus de construire illégalement des maisons et des infrastructures pour les colonies sur les terres palestiniennes, les entreprises israéliennes et internationales dans les colonies, ont établi une économie florissante pour soutenir leur présence et leur expansion. Cette « entreprise de colonisation » s'appuie sur des ressources palestiniennes illégalement appropriées, y compris la terre, l'eau et les minéraux, pour produire des produits qui sont exportés et vendus à des fins privées. Des centaines de millions de dollars de produits des colonies sont exportés à l'échelle internationale chaque année.
Au cours des 50 dernières années, Israël a forcé des milliers de Palestiniens à quitter leur terre, les utilisant illégalement pour créer des colonies qui abritent exclusivement des colons juifs israéliens.
Des communautés palestiniennes entières ont été déplacées pour ces colonies. Leurs maisons et leurs moyens de subsistance ont été détruits, des restrictions ont été imposées sur leur mouvement, leur accès à leur propre eau, terre et autres ressources naturelles. Les communautés ont également été violemment attaquées par l'armée et les colons israéliens.
Nous devons agir maintenant.
Selon le mouvement israélien, "Paix maintenant", le nombre de colonies a atteint 132 ainsi que le nombre d'avant-postes est de 147 en Cisjordanie et à Jérusalem occupée.
Comment les colons s’emparent des terres palestiniennes privées :
Sous la protection des forces d’occupation israéliennes, les colons israéliens n'ont épargné aucun moyen pour contrôler la terre des Palestiniens, y compris l’installation de tentes et de caravanes sur des terres palestiniennes, la « colonisation pastorale » par laquelle des colons individuels et des groupes avec leur bétail paissent sur les terres des Palestiniens, et là où leurs mains atteignent, ils l'incluent dans une colonie existante ou construire un nouvel avant-poste, ce qui arrive souvent.
Cette étape prive les Palestiniens d’atteindre ou de profiter de leurs terres dont la plupart sont une source de revenus pour leurs propriétaires.
Souvent, les colons bergers ciblent de vastes étendues de terre ouvertes et contrôlent toute expansion naturelle de toute colonie existante.
Comme réaction naturelle, les Palestiniens ont organisé des manifestations pacifiques en vue de protester contre le vol de leurs terres par des colons et l’expansion coloniale qui touche négativement la vie quotidienne du citoyen Palestinien.
Les colons israéliens ne se contentent pas de la construction de colonies sur des terres palestiniennes mais ils commettent presque quotidiennement des agressions et actes de vandalisme contre les Palestiniens et leurs biens, causant des victimes et des dégâts matériels, et tout cela a eu lieu avec le soutien et sous le couvert des autorités d’occupation israéliennes.
En janvier dernier seul, le nombre d'attaques menées par les colons s'élevait à 150 dans différentes zones de la Cisjordanie occupée, mais principalement dans le gouvernorat de Naplouse, avec 72 attaques.
Les attaques allaient d'une agression directe contre des personnes, du vandalisme de biens, du nivellement de terres, de l'arrachage d'arbres, de la saisie et de la démolition de biens et de blessures physiques.
La colonisation en vertu du droit international :
Selon Amnesty International, la situation dans les TPO est principalement régie par deux régimes juridiques internationaux : le droit international humanitaire (y compris les règles du droit de l'occupation) et le droit international des droits de l'homme. Le droit pénal international est également pertinent car certaines violations graves peuvent constituer des crimes de guerre.
La politique d'Israël consistant à installer ses civils dans les territoires palestiniens occupés et à déplacer la population locale contrevient aux règles fondamentales du droit international humanitaire.
L'article 49 de la IVe Convention de Genève stipule : « La Puissance occupante ne déportera ni ne transférera de parties de sa propre population civile sur le territoire qu'elle occupe. Elle interdit également les « transferts forcés individuels ou massifs, ainsi que les déportations de personnes protégées du territoire occupé ».
L'appropriation massive de terres, la construction et à l'expansion des colonies, violent également d'autres règles du droit international humanitaire. En vertu du Règlement de La Haye de 1907, les biens publics de la population occupée (tels que les terres, les forêts et les domaines agricoles) sont soumis aux lois de l'usufruit. Cela signifie qu'un État occupant n'a droit qu'à une utilisation très limitée de cette propriété. Cette limitation découle de la notion que l'occupation est temporaire, l'idée centrale du droit de l'occupation. Selon les termes du Comité international de la Croix-Rouge, la puissance occupante « a le devoir d'assurer la protection, la sécurité et le bien-être des personnes vivant sous occupation et de garantir qu'elles puissent mener une vie aussi normale que possible, conformément avec leurs propres lois, culture et traditions.
Le Règlement de La Haye interdit la confiscation de biens privés. La IVe Convention de Genève interdit la destruction de biens privés ou publics, « sauf lorsque cette destruction est rendue absolument nécessaire par des opérations militaires ».
En tant qu'occupant, il est donc interdit à Israël d'utiliser les terres et les ressources naturelles de l'État à des fins autres que les besoins militaires ou de sécurité ou au profit de la population locale. L'appropriation illégale de biens par une puissance occupante équivaut à un « pillage », qui est interdit à la fois par le Règlement de La Haye et la quatrième Convention de Genève, et constitue un crime de guerre en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale et de nombreuses lois nationales.
La construction de colonies par Israël en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ne respecte aucune de ces règles et exceptions. Le transfert des civils par la puissance occupante dans le territoire occupé est interdit sans exception. En outre, comme expliqué précédemment, les colonies et les infrastructures associées ne sont pas temporaires, ne profitent pas aux Palestiniens et ne répondent pas aux besoins légitimes de sécurité de la puissance occupante. Les colonies dépendent entièrement de l'appropriation et/ou de la destruction à grande échelle de biens privés et publics palestiniens qui ne sont pas militairement nécessaires. Ils sont créés dans le seul but d'établir de façon permanente des Israéliens juifs sur les terres occupées.
En plus d'être des violations du droit international humanitaire, les actes clés nécessaires à l'établissement de colonies constituent des crimes de guerre en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. En vertu de ce corpus de lois, « la destruction et l'appropriation massives de biens non justifiées par des nécessités militaires et menées illégalement et sans motif » et le « transfert, direct ou indirect, par la Puissance occupante d'une partie de sa propre population civile sur le territoire qu'elle occupe, ou la déportation ou le transfert de tout ou partie de la population du territoire occupé à l'intérieur ou à l'extérieur de ce territoire » constituent des crimes de guerre. Comme indiqué ci-dessus, le « pillage » est également un crime de guerre en vertu du Statut de Rome.
La politique de colonisation d'Israël viole également une catégorie spéciale d'obligations intitulées normes impératives du droit international (jus cogens) auxquelles aucune dérogation n'est permise. La Cour internationale de Justice (CIJ) a affirmé que les règles des Conventions de Genève constituent « des principes intransgressibles du droit international coutumier ». Seul un nombre limité de normes internationales acquièrent ce statut, ce qui reflète le sérieux et l'importance avec lesquels la communauté internationale les considère. Les violations de ces normes donnent lieu à certaines obligations pour tous les autres États, ou « États tiers ».
H.A/F.N