Ramallah, le 1er janvier 2026, WAFA – Le Syndicat des journalistes palestiniens a confirmé jeudi, que l’armée et le gouvernement israéliens ont poursuivi leur répression systématique des journalistes palestiniens tout au long de l’année 2025, par le biais d’arrestations arbitraires, de détentions administratives, de passages à tabac, de tortures, d’expulsions, de confiscations de matériel et d’interrogatoires forcés, dans le but manifeste de museler la presse palestinienne et de démanteler l’infrastructure médiatique nationale.
Le Comité des libertés du Syndicat a recensé 42 cas d’arrestations de journalistes palestiniens en 2025. Ces arrestations ont eu lieu en Cisjordanie, à Jérusalem-Est occupée, dans les territoires de 1948, aux points de contrôle et de passage militaires, sur le terrain et lors de perquisitions à leur domicile.
Le comité a noté que la diminution du nombre d’arrestations par rapport à 2023 (64 cas) et 2024 (58 cas) ne reflète aucune amélioration du comportement de l’occupation, mais révèle plutôt un dangereux glissement du ciblage quantitatif au ciblage qualitatif, en concentrant les arrestations sur les journalistes les plus influents, en répétant l’arrestation du même journaliste, en étendant la détention administrative sans inculpation ni procès et en utilisant la violence physique et psychologique comme outil de dissuasion.
Le Comité a recensé des dizaines de cas d'arrestations de journalistes dans l'exercice de leurs fonctions, notamment lors de la couverture d'incursions militaires, d'attaques de colons et d'actions humanitaires. Ceci confirme que l'arrestation est devenue un moyen immédiat de faire taire les témoins et d'empêcher la diffusion de la vérité.
L'année 2025 a été marquée par une nette recrudescence des perquisitions au domicile de journalistes et de leurs arrestations devant leurs familles, dans le but de les briser psychologiquement et socialement, transformant ainsi l'arrestation d'une mesure répressive en une punition collective affectant la famille et la communauté environnante.
Le Comité pour les libertés a considéré le recours par l'occupation à la détention administrative de journalistes comme la forme de ciblage la plus dangereuse, car elle est effectuée sans charges claires, privant le journaliste de son droit à la défense et le transformant en prisonnier d'opinion sans limitation de durée. Ceci constitue une violation flagrante du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
L’année 2025 a également été marquée par le ciblage de journalistes palestiniennes, arrêtées, interrogées et expulsées, certaines ayant même été arrêtées à nouveau. Ce phénomène constitue un indicateur alarmant de violences sexistes systématiques au sein du système de répression.
Le comité a confirmé que ces incidents coïncident avec des témoignages documentés de journalistes étrangères ayant subi de graves violations en prison, ce qui classe ces crimes parmi les violations graves susceptibles de constituer des crimes internationaux.
Le comité a documenté de nombreux cas où des journalistes ont été battus, menacés avec des armes, traînés et humiliés. Leurs appareils photo, téléphones et autres équipements journalistiques ont été confisqués et ne leur ont pas été restitués dans le but manifeste de paralyser leur activité professionnelle et de les empêcher de poursuivre leur travail.
Ces attaques visaient également des universitaires, des professeurs de journalisme et des journalistes influents, ce qui indique que l'occupation ne s'attaque plus seulement à l'information elle-même, mais bien au système même de sensibilisation et de diffusion de l'information par le biais du journalisme palestinien.
Le Syndicat des journalistes palestiniens a appelé la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains à assumer leurs responsabilités juridiques et morales, et a exhorté les Nations Unies et les Rapporteurs spéciaux sur la liberté d'opinion et d'expression à intervenir immédiatement et à demander des comptes aux dirigeants de l'occupation pour leurs crimes contre les journalistes palestiniens.
Le Comité pour les libertés a affirmé que le journalisme palestinien continuera de remplir son rôle professionnel et national, malgré toutes les politiques de répression et d'arrestation, et que le ciblage des journalistes ne parviendra pas à faire taire la vérité ni à dissimuler les crimes.
F.N



