Ramallah, le 5 janvier 2026, WAFA – Le Syndicat des journalistes palestiniens a publié lundi soir, les détails de son rapport annuel sur la liberté de la presse en Palestine.
Ce rapport révèle que 63 journalistes ont été tués au cours de l'année écoulée, portant à 256 le nombre total de journalistes tués depuis le début de l'offensive israélienne, victimes de frappes israéliennes, notamment dans la bande de Gaza.
Le rapport indique que 2025 a été l'une des années les plus sanglantes et les plus dangereuses pour la liberté de la presse en Palestine, marquée par une escalade sans précédent des crimes et violations israéliens contre les journalistes et les médias.
Le rapport annuel, publié par le Comité des libertés du Syndicat, explique que ce dernier a poursuivi son travail de surveillance, de documentation et de suivi sur le terrain de toutes les attaques visant les journalistes, leurs familles et leurs médias au cours de l'année écoulée, en se basant sur des témoignages documentés et des normes professionnelles établies.
Le rapport précise qu'il vise à fournir un aperçu statistique et analytique complet des violations commises en 2025, à souligner le caractère systématique du ciblage des journalistes palestiniens et à fournir un document juridique pouvant être utilisé dans le cadre des efforts internationaux de responsabilisation.
Le président du Syndicat des journalistes palestiniens, Nasser Abou Bakr, a déclaré lors d'une conférence de presse tenue au siège du syndicat à Ramallah, que ce dernier révisait son Rapport sur la liberté 2025, en collaboration avec les efforts arabes et internationaux visant à traduire en justice les responsables du meurtre de journalistes palestiniens.
Il a souligné que depuis le début de l'agression, le syndicat œuvrait sur plusieurs fronts, notamment par le biais de campagnes de sensibilisation menées avec des syndicats, des organisations de la société civile et des médias du monde entier.
M. Abou Bakr a ajouté que le syndicat, en partenariat avec la Fédération internationale des journalistes (FIJ), avait déposé des plaintes auprès de la Cour pénale internationale (CPI). Il a affirmé que la FIJ soumettrait une plainte exhaustive concernant tous les crimes commis par l'occupant contre les journalistes durant le conflit en cours dans la bande de Gaza, à Jérusalem et en Cisjordanie, ce qui contribuera à ce que les responsables rendent des comptes.
Il a également mentionné le dépôt d'une nouvelle plainte auprès du Conseil des droits de l'homme, soulignant la poursuite des efforts pour que les responsables du meurtre de 256 journalistes palestiniens lors de l'agression, qui coïncide avec une escalade des violations des droits des journalistes en Cisjordanie, soient tenus pour responsables. Il a qualifié la situation de premier génocide perpétré contre des journalistes.
Abou Bakr a également alerté sur la gravité de l'état de santé du journaliste Ali Al-Samoudi, détenu administrativement, précisant qu'il a perdu près de 40 kilos et souffre de maladies chroniques, ce qui met sa vie gravement en danger en prison.
Le président du Comité des libertés du syndicat, Muhammad al-Lahham, a déclaré lors de la conférence, que si les chiffres peuvent être trompeurs, les implications des faits et des données sont primordiales. Il a souligné que ce qui se passe dans la bande de Gaza n'est pas un incident isolé impliquant un soldat ou un officier, mais bien une politique systématique visant à éradiquer le journalisme dans la bande, une politique émanant des plus hautes sphères du régime d'occupation israélien.
Al-Lahham a affirmé que le grand nombre de journalistes tués cette année est dû à des bombardements directs, des tirs d'armes à feu et des attaques ciblées alors qu'ils exerçaient leurs fonctions professionnelles, une violation flagrante du droit international humanitaire qui garantit la protection des travailleurs des médias.
Il a également évoqué la mort de dizaines de membres de familles de journalistes suite à des attaques contre leurs domiciles et les camps de déplacés, considérant cela comme une forme de punition collective et une tentative de briser le moral des journalistes et de les dissuader de poursuivre leur travail.
Al-Lahham a ajouté que le Comité des libertés avait recensé des dizaines de blessures graves parmi les journalistes, causées par des balles, des éclats d'obus et des bombardements, ainsi que des cas d'arrestations administratives et sur le terrain, de convocations et d'interrogatoires prolongés.
Le syndicat considère cela comme une criminalisation flagrante du travail journalistique et une tentative de soumettre les médias palestiniens à une censure forcée.
Le rapport a également noté la destruction et le ciblage d'institutions et de bureaux de médias, ainsi que de matériel de diffusion et de tournage, ce qui a paralysé l'infrastructure médiatique et empêché la poursuite des reportages sur le terrain. Des centaines de cas de détention, d'obstruction à la couverture et d'intimidation par armes à feu ont également été documentés, en plus d'agressions verbales et d'incitations à la haine.
Al-Lahham a mis en lumière le crime persistant de disparition forcée de nombreux journalistes portés disparus depuis le début de l'agression contre la bande de Gaza, tenant les autorités d'occupation pleinement responsables de leur sort et exigeant la divulgation immédiate de leur lieu de séjour.
Il a expliqué que la majorité des journalistes de la bande de Gaza ont été déplacés de force, ont perdu leurs maisons et leur matériel professionnel, et vivent dans des conditions humanitaires déplorables dans des camps et des abris, ce qui compromet leur capacité à poursuivre leur travail journalistique.
Le Syndicat des journalistes a conclu son rapport en soulignant que les crimes et violations documentés en 2025 constituent une grave violation du droit international humanitaire, appelant les institutions internationales et onusiennes à prendre des mesures immédiates pour assurer la protection des journalistes palestiniens, traduire les auteurs en justice et garantir que l'impunité ne soit pas tolérée.
F.N



