Jérusalem, le 16 janvier 2026, WAFA – Le gouvernorat de Jérusalem a mis en garde contre le lancement par les autorités d'occupation israéliennes du projet colonial de la « Route 45 », suite à l'annonce de son début de mise en œuvre dans les prochaines semaines.
Ce projet, dont le budget est estimé à 400 millions de shekels, vise à consolider l'annexion des colonies situées au nord de Jérusalem et à l'est de Ramallah et à les relier à Jérusalem.
Selon un communiqué publié vendredi, par le gouvernorat, ce projet colonial a pour objectif de relier directement les colonies établies à l'est de Ramallah et au nord de Jérusalem à la Route 443, la route coloniale menant à Jérusalem et aux Territoires de 1948.
Le communiqué précise que, conformément au plan, les travaux débuteront devant la colonie de « Mikhmas », construite sur les terres du village de Mikhmas, au nord-est de Jérusalem occupée, et s'étendront jusqu'au tunnel du poste de contrôle de Qalandiya, à l'ouest.
L'objectif est de réduire le temps de trajet des colons et de garantir leur liaison directe avec les villes situées dans les Territoires de 1948.
Le communiqué a ajouté que ces travaux se déroulent en parallèle avec l'élargissement massif des routes de contournement reliant le poste de contrôle militaire de Hizmeh à la zone d'Ein Haramiyah, à l'est de Ramallah.
L'objectif est de créer un réseau routier « connecté et interconnecté » desservant les colonies et renforçant le contrôle colonial global, transformant le nord de Jérusalem et l'est de Ramallah en enclaves isolées au sein d'une zone géographique dominée par les colons, dans le cadre de ce que l'on appelle la politique de « judaïsation démographique et géographique ».
A savoir que la « Route 45 » représente le prolongement d'un ancien plan datant de 1983, inscrit dans le « Décret militaire n° 50 relatif aux routes », qui vise à fragmenter les communautés palestiniennes et à les isoler derrière des routes de contournement.
Par cet itinéraire, l'occupation cherche à intégrer l'infrastructure des colonies à son réseau central, dans une tentative concrète d'effacer la Ligne verte et d'imposer une « souveraineté de facto » sur le territoire, transformant les colonies en banlieues reliées au centre de l'« État » par des autoroutes.
Le gouvernorat de Jérusalem a déclaré que, depuis des années, les autorités d'occupation traitent les objections juridiques déposées par les propriétaires fonciers des villages de Jaba', Qalandiya, Kafr Aqab, Al-Ram, Mikhmas et Burqa comme une simple formalité.
Il a noté que, malgré l'exploitation des voies légales, les autorités d'occupation ont continué à lancer des appels d'offres et à entreprendre des travaux de terrain, notamment dans le tunnel de Qalandiya. Ceci témoigne de leur détermination à imposer leur loi avant toute décision de justice et à bafouer les droits des Palestiniens en tant que « personnes protégées » par le droit international.
Le gouvernorat de Jérusalem considère ce projet comme faisant partie d'une vision coloniale globale visant à attirer des centaines de milliers de nouveaux colons en leur fournissant des moyens de transport, facilitant ainsi leur installation au cœur de la Cisjordanie tout en maintenant un accès rapide à Jérusalem.
Ce plan ne se contente pas de s'emparer des terres, mais il consolide également un système d'apartheid complet, créant un réseau routier sophistiqué pour les colons au détriment du morcellement du territoire palestinien et en entravant le développement futur des habitants d'origine.
F.N



