New York , le 15 mai 2026, WAFA – Les Nations unies ont commémoré vendredi le 78e anniversaire de la Nakba palestinienne lors d’une session organisée au siège de l’ONU à New York par le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, sur fond d’appels renouvelés en faveur d’une solution politique fondée sur le droit international.
La présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, Annalena Baerbock, a déclaré que l’organisation internationale portait « une responsabilité vieille de 78 ans » dans la question palestinienne et devait poursuivre ses efforts pour parvenir à une solution juste et durable conformément à la Charte des Nations unies, au droit international et aux résolutions onusiennes.
Elle a exhorté les États membres à renouveler leur engagement envers la Déclaration de New York afin de faire avancer la solution à deux États, affirmant qu’un avenir où la Palestine et Israël vivraient côte à côte « dans la paix, la sécurité et le respect mutuel » ne constituait « ni une menace pour Israël ni une récompense de la violence », mais « un investissement à long terme dans la paix, la sécurité, la dignité et l’égalité des droits pour tous ».
Mme Baerbock a également appelé à ne pas détourner l’attention de la situation dans la bande de Gaza, affirmant que près de 800 Palestiniens, dont de nombreux enfants, avaient été tués depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre dernier, tandis que la situation humanitaire demeurait « catastrophique » et l’accès à l’aide fortement restreint.
De son côté, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé du Moyen-Orient, de l’Europe, des Amériques, de l’Asie et du Pacifique au département des affaires politiques et de la consolidation de la paix, Khaled Khiari, a déclaré que la Nakba ne relevait pas uniquement de l’histoire, mais représentait « la plus longue crise de réfugiés non résolue au monde ».
Il a souligné que la poursuite de cette crise « façonne l’identité et la vie du peuple palestinien » et entrave sa quête de justice et d’autodétermination. Il a ajouté que la commémoration de la Nakba imposait à l’ONU non seulement un devoir de mémoire, mais aussi une responsabilité d’action, notamment pour protéger les civils, soutenir les institutions palestiniennes et relancer un processus politique crédible menant à une solution négociée à deux États.
L’ambassadeur palestinien auprès des Nations unies, Riyad Mansour, a lu un discours du président palestinien Mahmoud Abbas, dans lequel ce dernier a affirmé que « la question palestinienne restera le plus grand test de crédibilité du système international ».
Le président Abbas a réaffirmé le droit du peuple palestinien à vivre « libre et digne dans sa patrie », à défendre son existence et ses droits nationaux, et à obtenir le soutien de la communauté internationale pour réaliser son indépendance et vivre en paix et en sécurité « comme tous les autres peuples du monde ».
Il a estimé qu’« il est illusoire de croire que la paix et la sécurité peuvent être atteintes sans garantir les droits du peuple palestinien et l’indépendance de son État ». Il a également accusé Israël de poursuivre des politiques de colonisation, d’annexion et de répression en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, tout en dénonçant les destructions massives dans la bande de Gaza.
Au cours de la séance, Wissam Hamada, mère de la fillette palestinienne Hind Rajab, tuée à Gaza en janvier 2024, a livré un témoignage vidéo émouvant sur la mort de sa fille, affirmant que « la Nakba palestinienne se poursuit encore aujourd’hui ».
Les participants ont également assisté à la projection d’un documentaire consacré à l’enfant palestinien Aws Al-Naasan, âgé de 14 ans, tué en avril dernier lors d’une attaque de colons contre son école dans le village d’Al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah.
La session a enfin donné la parole à des survivants de la Nakba de 1948 ainsi qu’à plusieurs historiens palestiniens, qui ont évoqué les conséquences durables du déplacement forcé et de l’exil sur plusieurs générations de Palestiniens.
H.A



