Tel-Aviv, le 11 juin 2026, WAFA – Les autorités israéliennes ont interdit jeudi à la journaliste française Alice Frossard, correspondante de Radio France Internationale (RFI), d’entrer dans le territoire palestinien occupé et l’ont contrainte à regagner Paris, invoquant ses prises de position critiques à l’égard de la guerre menée dans la bande de Gaza.
La décision a suscité des réactions critiques en France et relancé les inquiétudes concernant les restrictions imposées au travail des journalistes.
Selon les autorités israéliennes, la journaliste aurait tenu par le passé des propos jugés « hostiles à Israël », notamment en qualifiant la guerre à Gaza de « massacre » et en accusant Israël de pratiquer un régime d’apartheid. Ces déclarations auraient motivé la décision de lui refuser l’entrée sur le territoire.
L’ambassade de France en Israël a exprimé son mécontentement face à cette mesure.
Cette décision intervient deux jours après l’annonce par la France de l’interdiction d’entrée sur son territoire du ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, en raison de ses positions favorables à l’annexion de la Cisjordanie occupée ainsi qu’à l’extension et à la réimplantation de colonies dans la bande de Gaza.
Au cours des derniers mois, Israël a refusé l’entrée ou expulsé plusieurs journalistes et militants étrangers en raison de leurs critiques de l’offensive à Gaza ou de leur soutien aux campagnes de boycott et de sanctions visant Israël.
De son côté, le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné l’expulsion d’Alice Frossard et son interdiction d’accès au territoire palestinien occupé alors qu’elle se rendait sur place dans le cadre de son travail.
Dans un communiqué, le syndicat a estimé que cette décision constitue une violation de la liberté de la presse et du droit des journalistes à accéder à l’information.
L’organisation a affirmé que cette mesure s’inscrivait dans une politique systématique visant les médias internationaux et palestiniens, avec pour objectif de restreindre la couverture journalistique et d’empêcher la documentation des événements sur le terrain dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est.
Le syndicat a ajouté que le cas d’Alice Frossard s’inscrit dans une série de mesures croissantes affectant la presse palestinienne et internationale, notamment les restrictions à la couverture de terrain, les limitations imposées aux déplacements des journalistes et les pressions exercées sur les institutions médiatiques.
Selon le communiqué, ces pratiques se poursuivent alors que la guerre dans la bande de Gaza a entraîné la mort, les blessures ou l’arrestation de nombreux journalistes, ainsi que la destruction de plusieurs infrastructures médiatiques et les restrictions imposées à l’accès des correspondants étrangers aux zones de couverture.
Le syndicat a estimé que cette décision reflète une escalade des mesures visant les médias et s’inscrit dans un contexte plus large de violations des droits des journalistes, alors que les appels internationaux en faveur de la protection de la liberté de la presse se multiplient.
Les données publiées par l’organisation font état d’une augmentation sans précédent des violations commises contre les professionnels des médias depuis le début de la guerre à Gaza, notamment des attaques directes contre des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions, des restrictions à la couverture de terrain et des entraves au fonctionnement des institutions médiatiques.
Le Syndicat des journalistes palestiniens a conclu en réaffirmant sa solidarité avec Alice Frossard et Radio France Internationale, appelant la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour garantir la liberté de la presse et demander des comptes aux responsables des violations commises contre les journalistes.
H.A



