Ramallah, le 24 septembre 2026, WAFA — Le président Mahmoud Abbas a affirmé jeudi que les Palestiniens « ne quitteront pas leur patrie, n’accepteront pas le déplacement forcé et ne permettront à personne de décider de leur avenir à leur place », réaffirmant son attachement à une paix fondée sur le droit international et garantissant « liberté, indépendance, sécurité et paix » à tous les peuples de la région.
Dans un discours enregistré devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, réunie à New York, M. Abbas a déclaré : « Nous ne resterons pas dans l’attente et nous n’accepterons pas que les gouvernements de l’État occupant israélien décident pour nous. Il ne peut y avoir de sécurité durable fondée sur l’occupation d’un autre peuple et la privation de ses droits légitimes. »
Le président palestinien a présenté les grandes lignes du projet national palestinien, fondé sur la protection de la population contre le déplacement forcé, la préservation de l’intégrité du territoire, le renouvellement démocratique des institutions et l’exercice du droit à l’autodétermination, jusqu’à l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain, avec Jérusalem-Est pour capitale, ainsi que le retour des réfugiés conformément à la résolution 194 de l’ONU.
« Nous ne voulons pas d’un nouveau processus destiné à gérer le conflit alors que le territoire change chaque jour. Nous voulons un processus qui mette fin à l’occupation, garantisse aux Palestiniens la liberté et le droit à l’autodétermination, et assure aux Israéliens et aux peuples de la région sécurité et paix », a-t-il déclaré.
M. Abbas a estimé que les Palestiniens traversaient « l’une des périodes les plus dangereuses de leur histoire », avertissant que la menace ne se limitait plus à la remise en cause de la solution à deux États et à l’empêchement de la création d’un État palestinien, mais qu’elle « menace désormais la vie et l’existence même du peuple palestinien sur sa propre terre ».
Selon lui, les événements à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est « ne sont pas des faits isolés », mais s’inscrivent dans « un plan colonial visant à rendre la vie des Palestiniens de plus en plus difficile sur leur propre terre et à les pousser au départ forcé ».
S’adressant aux dirigeants du monde, il a lancé : « Ne permettez pas qu’une nouvelle Nakba et de nouveaux massacres se produisent comme ceux de 1948. Ne permettez pas à des groupes terroristes protégés par les forces d’occupation israéliennes de brûler les maisons des Palestiniens pendant qu’ils y dorment, et ne permettez pas que nos enfants vivent dans la peur et sous la menace. »
Le président palestinien a demandé à la communauté internationale d’agir pour protéger la population palestinienne, lui permettre de rester sur ses terres, mettre fin à l’occupation israélienne et appliquer la solution à deux États fondée sur le droit international.
Il a également dénoncé ce qu’il a qualifié de projet d’expansion lié à « l’Israël du Grand Israël », estimant qu’il vise à effacer la présence palestinienne.
M. Abbas a appelé à accélérer la mise en œuvre de la deuxième phase du plan du président américain Donald Trump, estimant qu’il ne fallait « pas perdre davantage de temps ».
Il a insisté sur le fait que la période de transition ne devait pas devenir « une situation permanente ou indéfiniment prolongée », mais conduire à la réunification de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, sous l’autorité de l’État de Palestine et de ses institutions légitimes, selon le principe d’« un seul État, un seul gouvernement, une seule loi et une seule force armée légitime ».
Rappelant la résolution 2803 du Conseil de sécurité et la feuille de route relative à la deuxième phase, le président palestinien a déploré que, près d’un an après leur adoption et la mise en place des instances du Conseil de la paix, « rien de tout cela ne se soit malheureusement concrétisé sur le terrain ».
Il a souligné qu’il ne restait qu’une année à la période de transition, jusqu’à la fin de 2027.
M. Abbas a renouvelé sa mise en garde contre la mise en œuvre du projet de colonisation E1, qui, selon lui, vise à séparer le nord et le sud de la Cisjordanie, à isoler Jérusalem-Est de son environnement palestinien et à empêcher la création d’un État palestinien territorialement continu.
Il a appelé le Conseil de sécurité à intervenir « de toute urgence et de manière responsable » afin d’appliquer sa résolution 2334, qui demande l’arrêt de toutes les activités de colonisation dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est.
Le président palestinien a également appelé à mettre immédiatement fin aux attaques visant les lieux saints musulmans et chrétiens, notamment la mosquée Al-Aqsa, l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem et la mosquée Ibrahimi à Hébron, avertissant qu’elles pourraient dégénérer en « un vaste conflit religieux dans la région et au-delà ».
Il a par ailleurs dénoncé les attaques israéliennes contre les locaux et institutions des Nations unies à Jérusalem et en Cisjordanie, estimant qu’elles entravent le travail de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).
Il a appelé les États et organisations internationales et régionales à continuer de soutenir l’UNRWA, jugeant que l’agence demeurait indispensable tant que la question des réfugiés palestiniens n’était pas réglée.
M. Abbas a estimé que la prise de contrôle des terres, le démantèlement des institutions palestiniennes et l’assèchement des ressources financières constituaient autant de mesures qui affaiblissent la capacité des Palestiniens à rester sur leurs terres et à y résister, tout en sapant leurs institutions nationales.
Il a affirmé que le gouvernement israélien retenait « de manière forcée plus de six milliards de dollars » de fonds palestiniens et exigé leur « libération immédiate », ainsi que leur transfert régulier et intégral.
Il a également demandé la levée des restrictions et du blocus financier et économique imposés à la population et aux institutions palestiniennes, conformément au Protocole économique de Paris.
Un an après la tenue de la conférence internationale pour la paix et l’adoption de la Déclaration de New York, M. Abbas a affirmé que l’État de Palestine avait tenu les engagements pris devant sa population et la communauté internationale.
Il a notamment fait état de l’achèvement d’un programme de réforme nationale, du renforcement de la gouvernance des institutions et des finances publiques, ainsi que de mesures en matière de transparence, de responsabilité, de lutte contre la corruption et d’État de droit.
Il a également annoncé la mise en place d’un système national unifié de protection sociale fondé sur les besoins, ainsi qu’un audit international indépendant destiné, selon lui, à confirmer les résultats obtenus.
Le président palestinien a par ailleurs indiqué que la réforme du système éducatif et des programmes scolaires se poursuivait conformément aux normes internationales et en coopération avec l’UNESCO, avec l’objectif de promouvoir les valeurs de paix, de tolérance et de respect d’autrui tout en préservant l’identité nationale et les droits palestiniens.
Il a également cité les efforts engagés en faveur du renouvellement démocratique et de l’autonomisation des femmes et des jeunes.
Après les élections des conseils locaux et celles de l’Union générale des étudiants palestiniens, il a annoncé la tenue d’élections législatives le 28 novembre prochain, suivies du renouvellement des institutions du Conseil national palestinien puis de l’élection présidentielle.
M. Abbas a réaffirmé les engagements de l’État de Palestine en faveur de la sécurité et de la paix pour tous, rejetant les attaques contre les civils, « quelle qu’en soit l’origine », ainsi que « le terrorisme et l’extrémisme sous toutes leurs formes ».
Il a également affirmé son opposition à l’antisémitisme, au racisme et à la haine, et réaffirmé son attachement à « une culture de paix, de dialogue et de coexistence ».
« Nous voulons un État palestinien démocratique qui respecte l’État de droit et les droits humains, un État démilitarisé vivant en sécurité et en paix aux côtés de l’État d’Israël », a-t-il déclaré.
Le président palestinien a rappelé que l’engagement palestinien en faveur de la paix ne datait pas d’aujourd’hui. En 1988, a-t-il dit, le peuple palestinien et ses dirigeants avaient pris « une décision historique et difficile » en acceptant une solution fondée sur la coexistence de deux États conformément au droit international.
« Sauver cette solution commence par préserver les terres sur lesquelles doit être établi l’État palestinien et par protéger le peuple qui y vit », a-t-il affirmé.
« Le peuple palestinien restera sur sa terre, n’acceptera pas le déplacement forcé et ne disparaîtra pas. Ni l’occupation militaire, ni la colonisation, ni l’annexion, ni le terrorisme des colons ne peuvent constituer une solution ou garantir une sécurité durable », a-t-il poursuivi.
M. Abbas a réaffirmé que les Palestiniens ne resteraient pas dans l’attente des décisions des gouvernements israéliens et qu’« aucune sécurité durable ne peut être fondée sur l’occupation d’un autre peuple et la privation de ses droits légitimes ».
Il a résumé le projet national palestinien par la protection de la population contre le déplacement forcé, la préservation de l’unité du territoire, le renouvellement démocratique des institutions et la construction de l’État, dans le respect du droit international et du droit à l’autodétermination.
Ce projet vise à établir « un État palestinien indépendant et souverain ayant Jérusalem-Est pour capitale », ainsi qu’à garantir le retour des réfugiés conformément à la résolution 194 de l’ONU.
« Nous ne voulons pas d’un processus destiné à gérer le conflit alors que le territoire change chaque jour, mais d’un processus qui mette fin à l’occupation et garantisse aux Palestiniens la liberté et l’autodétermination, et aux Israéliens et aux peuples de la région sécurité et paix », a-t-il insisté.
Il a décrit la vision palestinienne de la paix comme celle d’« un peuple palestinien demeurant sur sa terre et décidant lui-même de son avenir », avec « un État palestinien aux côtés de l’État d’Israël » et une paix israélo-palestinienne ouvrant la voie à l’intégration régionale, à la coopération, à la prospérité et à la sécurité pour tous.
M. Abbas a de nouveau dénoncé l’absence de visas permettant à la délégation palestinienne de se rendre à New York pour participer en personne aux travaux de l’Assemblée générale, pour la deuxième année consécutive.
« Nous rejetons ces mesures punitives illégales, ainsi que les accusations et les justifications sur lesquelles elles reposent », a-t-il déclaré.
Il a assuré que la partie palestinienne avait respecté ses engagements, mené un vaste programme national de réformes et poursuivi son attachement au droit international, au rejet de la violence et du terrorisme, ainsi qu’à la solution à deux États et à une paix fondée sur les résolutions de la légalité internationale.
« Le peuple palestinien et ses dirigeants ne sauraient être sanctionnés parce qu’ils demandent la fin de l’occupation ou parce qu’ils recourent aux Nations unies, à la Cour internationale de justice et à la Cour pénale internationale », a-t-il affirmé.
Selon lui, le recours au droit international et à ses institutions constitue « un choix pacifique et civilisé, et non un acte hostile à la paix ».
Il a estimé que l’interdiction faite à la délégation palestinienne d’accéder au siège de l’ONU était contraire aux obligations des États-Unis en tant que pays hôte.
M. Abbas a appelé l’administration américaine à revenir sur ces restrictions et à renouer avec « le dialogue et le respect mutuel », afin de travailler avec les Palestiniens et la communauté internationale à la mise en œuvre de la solution à deux États fondée sur le droit international.
Le président palestinien a remercié les États et les peuples ayant apporté leur soutien politique, humanitaire et économique aux Palestiniens et contribué au maintien de leurs institutions et à l’aide à leur population.
Il a également remercié les pays ayant reconnu l’État de Palestine, dont le nombre s’élève, selon lui, à 160, et appelé ceux qui ne l’ont pas encore fait à prendre une décision en ce sens.
Il a en outre demandé l’octroi à l’État de Palestine du statut de membre à part entière des Nations unies.
En conclusion, M. Abbas s’est adressé aux Palestiniens de la diaspora et des territoires palestiniens, saluant leur attachement à leur terre, à leur unité et à leurs droits.
« Nous ne quitterons pas notre patrie, nous n’accepterons pas le déplacement forcé et nous ne permettrons à personne de décider de notre avenir à notre place », a-t-il déclaré.
« Nous tendons la main à une paix fondée sur le droit international jusqu’à ce que notre liberté et notre indépendance soient réalisées, afin que tous les peuples de la région puissent vivre en sécurité, en paix et en bon voisinage. »
H.A



