New York, le 25 septembre 2026, WAFA — Le commissaire général par intérim de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), Christian Saunders, a indiqué que l’agence faisait face à une crise financière exceptionnelle, avec un déficit de trésorerie d’environ 100 millions de dollars pour 2026, avertissant qu’elle ne pourrait pas maintenir ses services essentiels sans financements supplémentaires.
S’exprimant lors d’une réunion ministérielle consacrée à l’UNRWA, organisée en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, Saunders a déclaré que les conditions de vie des réfugiés palestiniens continuaient de se détériorer, tandis que l’espoir d’un avenir meilleur s’amenuisait.
Il a estimé que le cessez-le-feu dans la bande de Gaza avait apporté un certain soulagement, mais que des millions de Palestiniens continuaient de vivre dans une situation de profonde insécurité.
À l’approche de l’hiver, la faiblesse des financements et les restrictions persistantes sur l’entrée des fournitures essentielles menacent la réponse humanitaire à Gaza, a-t-il averti. Selon lui, 94 % de la population ne disposent pas d’un abri adéquat, tandis que 90 % sont confrontés à des interruptions récurrentes de l’accès à l’eau potable. Quelque 98 % des familles vivent par ailleurs à proximité de risques environnementaux, notamment les eaux usées, les décombres et les rongeurs.
Plus de 10.000 employés de l’UNRWA continuent de fournir des services et une aide à environ 1,7 million de personnes à Gaza, a indiqué Saunders. L’agence gère notamment plus de 80 centres d’hébergement d’urgence, contribue au retour de centaines de milliers d’enfants à l’éducation, fournit près de 70.000 consultations médicales par semaine et assure des services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène à plus d’un million de personnes.
Saunders a souligné que l’ampleur des opérations de l’UNRWA à Gaza demeurait considérable et que la confiance de la population locale envers l’agence restait solide. Il a estimé que l’UNRWA conservait une valeur humanitaire et stratégique importante, ainsi que des capacités et une expertise difficiles à reproduire dans la réponse humanitaire actuelle, mais aussi dans les phases de relèvement et de reconstruction.
Situation préoccupante en Cisjordanie :
Le responsable de l’UNRWA a également jugé la situation en Cisjordanie « préoccupante et de plus en plus difficile », évoquant des déplacements de Palestiniens à des niveaux jamais observés dans la région depuis 1967, dans un contexte marqué par la poursuite des violences commises par des colons israéliens.
Il a indiqué que les mesures prises à Jérusalem-Est pour restreindre les activités de l’UNRWA étaient allées jusqu’à la prise de contrôle de son siège, de son centre de formation professionnelle, ainsi que de certaines écoles et infrastructures sanitaires de l’agence.
Selon Saunders, ces mesures ne portent pas atteinte aux droits des réfugiés palestiniens et ne contribuent pas à résoudre la question palestinienne.
L’UNRWA continue également de jouer un rôle essentiel en Jordanie, au Liban et en Syrie, en plus de ses activités dans le territoire palestinien occupé, a-t-il ajouté.
La crise financière a toutefois contraint l’agence à mettre en œuvre des mesures d’austérité et de réduction des coûts, notamment une diminution de 20 % des heures de prestation de services ainsi qu’une réduction des salaires de la majorité de ses employés locaux.
L’UNRWA défend ses efforts en matière de neutralité :
Concernant la neutralité de l’agence, Saunders a affirmé que l’UNRWA poursuivait la mise en œuvre des recommandations issues de l’examen indépendant consacré à sa neutralité.
Sur les 50 recommandations formulées, 41 ont été entièrement mises en œuvre, soit plus de 80 %, tandis que la plupart des recommandations restantes sont en cours d’application, a-t-il précisé.
Saunders a réaffirmé l’engagement de l’agence à protéger l’intégrité et la neutralité de son personnel et à préserver la confiance des Etats membres. Il a également dénoncé la poursuite de tentatives visant, selon lui, à « déformer les faits et influencer l’opinion publique par la désinformation » et à affaiblir la capacité de l’UNRWA à servir les réfugiés palestiniens.
L’agence s’efforce de s’adapter à un environnement politique et financier multilatéral en constante évolution, notamment en fournissant des services plus efficaces et moins coûteux, en développant le recours aux technologies et en renforçant sa coopération avec ses partenaires.
Elle entend également accorder davantage d’attention aux moyens de subsistance et à l’autonomisation des jeunes Palestiniens, a indiqué Saunders.
Il a enfin appelé les Etats à apporter un soutien politique et financier solide à l’UNRWA, à lui permettre d’exercer son mandat dans le territoire palestinien occupé, et à mettre à profit son expertise, ses infrastructures et la confiance dont elle bénéficie auprès des populations.
Saunders a également appelé à fournir les financements nécessaires pour permettre à l’agence de poursuivre ses opérations, de moderniser ses méthodes de travail et de continuer à servir les réfugiés palestiniens.
H.A



