Accueil Rapports et Enquêtes 26/September/2026 11:02 AM

Rapport : l’occupation israélienne promeut un bloc colonial continu visant à couper le nord de la Cisjordanie de son centre et de son sud

 

Naplouse, 26 septembre 2026, WAFA — Un rapport établi par le Bureau national pour la défense des terres et la résistance à la colonisation indique que les autorités d’occupation israéliennes promeuvent la création d’un vaste bloc colonial visant à couper le nord de la Cisjordanie de son centre et de son sud, en reliant plusieurs colonies et avant-postes coloniaux par un réseau de routes, d’axes de circulation et de projets d’infrastructures.

Dans son rapport hebdomadaire sur la colonisation, publié ce samedi, le Bureau indique que le Conseil des colonies du nord de la Cisjordanie, connu sous le nom de « Conseil des colonies de Samarie » et dirigé par le colon Yossi Dagan, en coordination avec ce qui est appelé l’« Union des fermes » coloniales, a publié des cartes d’un bloc colonial actuellement en cours de développement, qui s’étend d’est en ouest dans la zone située entre le nord et le centre de la Cisjordanie.

Il précise que ces cartes couvrent les environs de ce qui est appelé le bloc colonial de « Qana », ou « Goush Qana », dont les autorités s’emploient à assurer la continuité territoriale avec une chaîne de colonies et d’avant-postes coloniaux environnants. Celle-ci comprend notamment les colonies d’Ariel et d’Emmanuel, dans le gouvernorat de Salfit, ainsi que celle d’Itamar, dans le gouvernorat de Naplouse, auxquelles s’ajoutent d’autres sites coloniaux reliés par un réseau de routes, d’axes et de projets d’infrastructures.

Selon le rapport, ce corridor part de la colonie d’Itamar, à l’est, et s’étend vers l’ouest à travers des sites et avant-postes coloniaux situés dans les environs de Wadi Qana, jusqu’à Emmanuel, Karnei Shomron, Yakir et Nofim. Il est également relié au vaste bloc colonial établi autour d’Ariel, ces colonies occupant une position stratégique dans le nord et le centre de la Cisjordanie.

Le rapport souligne que, s’il venait à être achevé, ce corridor transversal couperait la continuité géographique entre le nord et le centre de la Cisjordanie et transformerait les villes et localités palestiniennes de la zone ciblée en enclaves isolées et encerclées. Il contribuerait ainsi à imposer un encerclement colonial autour des gouvernorats de Jénine, Naplouse, Qalqilya et Salfit, compromettant, selon le rapport, les possibilités futures d’expansion urbaine ainsi que le développement économique et agricole palestinien.

Le Bureau affirme que la mise en œuvre de ce projet colonial transversal repose sur un dispositif intégré associant les instances politiques gouvernementales aux mouvements et organisations de colons qui agissent directement sur le terrain.

Il explique que ce dispositif comprend notamment les instances gouvernementales et le cabinet de sécurité israélien (« cabinet »), au sein desquels sont approuvés les plans d’aménagement et d’expansion coloniale à travers des décisions portées par des ministres du gouvernement israélien, notamment au sein du ministère des Finances et du ministère de la Défense. Il inclut également ce qui est appelé l’« Administration civile », l’organe exécutif relevant de l’armée d’occupation, chargée notamment d’émettre les notifications de confiscation de terres et de modifier leur affectation, qu’il s’agisse de terres agricoles ou de réserves naturelles, afin de les destiner à la construction coloniale.

Les conseils régionaux et locaux des colonies, notamment le conseil des colonies de Karnei Shomron et les blocs environnants, sont quant à eux chargés d’élaborer les plans d’aménagement détaillés et de soumettre des demandes d’extension des quartiers coloniaux et de leur interconnexion, notamment dans le cadre du projet visant à relier la colonie de Karnei Shomron à celle d’Emmanuel.

Selon le rapport, le cabinet de sécurité israélien a examiné ce projet lors de réunions secrètes et en a approuvé les principaux axes à travers une série de décisions successives. Le rapport précise toutefois que le projet n’est pas présenté au cabinet sous l’appellation de « corridor transversal », mais qu’il est mis en œuvre par le biais de mesures et de dossiers distincts visant à légaliser les avant-postes et à étendre les colonies qui le composent, afin d’assurer leur intégration géographique au sein du dispositif colonial officiel.

Le Bureau indique que les différentes composantes de ce projet ont été examinées et, selon le rapport, approuvées par le cabinet de sécurité lors de trois réunions distinctes et successives tenues en 2026.

La première réunion s’est tenue le 8 février 2026 sous le titre « Restructuration du droit et annexion ». Elle a jeté les bases administratives du projet à travers l’adoption d’une série de décisions visant à accélérer la colonisation, à modifier le cadre juridique et civil en Cisjordanie et à lever les obstacles à la vente de terres et à l’élargissement des compétences. Cette démarche aurait, selon le rapport, donné au ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich le feu vert pour entreprendre une reconfiguration de l’espace géographique et commencer à intégrer les blocs du nord de la Cisjordanie, notamment autour de Wadi Qana et de Salfit, sans restrictions.

La deuxième réunion, tenue le 25 mars 2026, est qualifiée par le rapport de « grande approbation secrète ». Elle aurait constitué l’étape la plus importante pour le projet, le cabinet ayant pris une décision secrète, révélée par le mouvement La Paix maintenant et par des médias hébraïques en avril 2026, visant, selon le rapport, à légaliser et établir en une seule fois 34 nouvelles colonies et avant-postes coloniaux.

Le rapport ajoute que ces avant-postes ciblés se situent, selon les données qu’il fournit, directement dans les espaces géographiques et les enclaves palestiniennes du nord de la Cisjordanie ainsi qu’autour de la colonie d’Itamar. Ils constitueraient ainsi, selon le Bureau, certains des points destinés à achever le corridor colonial transversal.

En juin 2026, le cabinet est, selon le rapport, passé à la phase du financement effectif, en approuvant l’allocation d’environ 1,3 milliard de shekels au soutien des colonies et des avant-postes récemment approuvés, ainsi qu’une enveloppe supplémentaire de 1,075 milliard de shekels destinée à la construction de routes de contournement et à l’aménagement des axes reliant les blocs d’Emmanuel et de Karnei Shomron ainsi que les avant-postes qui les entourent.

Le rapport indique que l’annonce officielle de ces financements est intervenue à la mi-juillet 2026, marquant, selon le Bureau, l’entrée du plan dans une phase d’accélération de sa mise en œuvre sur le terrain.

Dans le même contexte, les activités coloniales se poursuivent dans plusieurs gouvernorats de Cisjordanie.

N.S

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