NOUVELLES IMPORTANTES
Accueil Rapports et Enquêtes 28/September/2026 02:36 PM

La Seconde Intifada, entre mémoire et blessures : 26 ans après son déclenchement

La Seconde Intifada, entre mémoire et blessures : 26 ans après son déclenchement

Ramallah, le 28 septembre 2026, WAFA— Vingt-six ans après son déclenchement, la Seconde Intifada, également appelée Intifada d’Al-Aqsa, demeure profondément ancrée dans la mémoire palestinienne. Commencée fin septembre 2000 après la visite très controversée d’Ariel Sharon, alors chef de l’opposition israélienne, sur l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée, cette période a ouvert l’un des épisodes les plus meurtriers du conflit israélo-palestinien depuis les accords d’Oslo.

Une visite qui met le feu aux poudres :

Le 28 septembre 2000, Ariel Sharon s’est rendu sur le site d’Al-Haram Al-Sharif, accompagné d’un important dispositif de sécurité israélien. La visite, présentée par ses partisans comme une démarche politique, a été perçue par les Palestiniens comme une provocation dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions.

Le lendemain, après la prière du vendredi, des affrontements ont éclaté à Jérusalem avant de s’étendre rapidement à d’autres villes de Cisjordanie et à la bande de Gaza. Selon les documents des Nations unies, cinq Palestiniens ont été tués et environ 200 blessés lors des affrontements du 29 septembre, tandis que les violences se sont ensuite propagées à l’ensemble du territoire palestinien occupé.

La visite de Sharon est généralement considérée comme le déclencheur immédiat de l’Intifada, mais les causes de son déclenchement font l’objet d’interprétations divergentes. Le rapport de la commission d’enquête de Charm el-Cheikh, dite commission Mitchell, souligne notamment que les négociations de Camp David avaient échoué quelques semaines auparavant et que les deux parties divergeaient sur les responsabilités dans l’escalade.

La crise s’est rapidement transformée en confrontation prolongée, faisant de nombreuses victimes des deux côtés et entraînant d’importantes destructions.

D’une mobilisation populaire à une confrontation armée :

La Seconde Intifada a éclaté dans un contexte de profond désenchantement à l’égard du processus de paix. L’échec du sommet de Camp David, en juillet 2000, avait notamment laissé sans solution plusieurs questions centrales du conflit, parmi lesquelles Jérusalem, les frontières et le sort des réfugiés palestiniens.

Au fil des mois, la confrontation s’est militarisée. Les forces israéliennes ont mené des opérations militaires de grande ampleur dans les territoires palestiniens, tandis que des groupes armés palestiniens ont multiplié les attaques contre des cibles israéliennes, notamment des attentats visant des civils.

Les violences ont atteint un niveau particulièrement élevé en 2002. Israël a alors lancé l’opération « Bouclier défensif » et repris le contrôle de plusieurs villes de Cisjordanie. Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, a notamment été encerclée, tandis que le président palestinien Yasser Arafat est resté assiégé dans son quartier général pendant une longue période.

La période a également été marquée par une multiplication des opérations de ciblage, des arrestations, des incursions militaires et des destructions d’infrastructures palestiniennes.

Le mur de séparation et la fragmentation du territoire :

C’est également durant cette période qu’Israël a commencé à édifier la barrière de séparation en Cisjordanie. Sa construction a profondément modifié le paysage et les conditions de circulation dans le territoire palestinien.

Les Nations unies ont documenté ses conséquences sur les populations palestiniennes, notamment en matière d’accès aux terres, de déplacements et d’activité économique. La barrière est devenue l’un des symboles durables de la fragmentation territoriale née de cette période.

Sur le terrain, les années 2002 et 2003 ont été marquées par une forte intensification des violences. Les données des Nations unies font état de milliers de morts et de dizaines de milliers de blessés palestiniens depuis septembre 2000, tandis que le bilan israélien s’est également alourdi. À la fin de 2004, l’ONU recensait 3 497 Palestiniens tués depuis le début de l’Intifada et 28 321 blessés. Sur la même période, 1 030 Israéliens avaient été tués et 6 964 blessés.

Ces chiffres illustrent l’ampleur de la crise, même si les différents organismes utilisent des périodes de référence et des méthodes de comptabilisation qui peuvent produire des bilans différents.

Une initiative de paix sur fond de violence :

En mars 2002, alors que les violences atteignaient un niveau particulièrement élevé, l’Arabie saoudite a présenté une initiative de paix adoptée ensuite par la Ligue arabe.

Le plan proposait une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange d’un retrait israélien des territoires occupés depuis 1967 et de la création d’un État palestinien, avec Jérusalem-Est comme capitale, conformément aux paramètres énoncés dans l’initiative.

Cette proposition n’a pas débouché sur un accord israélo-palestinien. Elle demeure néanmoins l’une des principales initiatives diplomatiques arabes formulées durant cette période.

Une période qui s’achève, des conséquences qui perdurent :

La Seconde Intifada s’est progressivement essoufflée à partir de 2004-2005, notamment avec la mort de Yasser Arafat en novembre 2004 et l’évolution du contexte politique palestinien et israélien. En février 2005, le sommet de Charm el-Cheikh a débouché sur une déclaration de cessez-le-feu entre les dirigeants palestinien et israélien.

Le bilan humain de cette période reste considérable. Les données compilées par l’ONU montrent que les Palestiniens ont payé un lourd tribut, tandis que plus d’un millier d’Israéliens ont également été tués pendant les années de la confrontation. Les estimations varient selon les périodes retenues et les critères de comptabilisation.

Au-delà des pertes humaines, l’Intifada a laissé des conséquences profondes sur l’économie, les infrastructures, la mobilité et la vie quotidienne des Palestiniens. Elle a également contribué à transformer durablement le paysage politique israélo-palestinien.

Une mémoire toujours vive :

Vingt-six ans après les événements de septembre 2000, le souvenir de la Seconde Intifada reste présent dans la mémoire collective palestinienne. Pour de nombreuses familles, cette période demeure associée aux pertes humaines, aux destructions, aux déplacements et à une profonde rupture des espoirs nés du processus de paix des années 1990.

La visite d’Ariel Sharon à Al-Aqsa, le 28 septembre 2000, reste ainsi un repère majeur dans la chronologie du conflit. Les Nations unies avaient alors décrit les événements comme le début d’une nouvelle vague de violences qui allait rapidement s’étendre à l’ensemble des territoires palestiniens occupés.

En 2026, alors que le conflit israélo-palestinien demeure sans règlement définitif, la commémoration de la Seconde Intifada renvoie à une période où les espoirs d’un règlement négocié ont laissé place à plusieurs années de confrontation. Pour les Palestiniens, son héritage continue de se mêler à la mémoire des victimes et aux débats sur l’avenir politique de la Palestine.

H.A

Nouvelles connexes

Lire la suite