Accueil Occupation 29/September/2026 01:16 PM

« Résistance au mur et à la colonisation » : la route coloniale 463 menace d’isoler huit villages et deux quartiers du gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh

 

Ramallah, 29 septembre 2026, WAFA — Des médias israéliens ont fait état de démarches au sein de l’appareil militaire israélien visant à réunir les conditions nécessaires à la réouverture de la route 463 à la circulation des colons. Cette route traverse le cœur de l’agglomération urbaine de Ramallah et Al-Bireh et en sépare les parties nord et sud, selon un communiqué de la Commission de résistance au mur et à la colonisation.

Selon les données géographiques disponibles, la réouverture de cette route aux colons isolerait huit villages et deux grands quartiers résidentiels du nord de l’agglomération du reste de son tissu urbain, contraignant des dizaines de milliers de Palestiniens à emprunter un ancien itinéraire situé à proximité du camp de Jalazone. Ce dernier est déjà confronté à d’importants embouteillages et ne serait pas en mesure d’absorber un tel surcroît de circulation. Les informations disponibles présentent ce projet non pas comme une mesure isolée, mais comme l’un des éléments d’un ensemble plus vaste de transformations en cours dans le gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh, notamment le réseau de « routes chinoises » aménagé à l’origine par la municipalité de Ramallah pour fluidifier la circulation, mais qui pourrait, dans les faits, devenir un outil de réorganisation des flux de circulation et des déplacements de la population au service des nouveaux aménagements coloniaux.

La Commission a estimé, dans son communiqué, que ce projet s’inscrivait dans une politique systématique visant à disloquer la continuité géographique et démographique palestinienne dans le gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh, qui compte quelque 400 000 Palestiniens répartis dans près de 80 localités. Le gouvernorat souffre déjà d’une fragmentation croissante due à la zone classée « C », aux colonies, aux routes de contournement, aux checkpoints et aux portails militaires, sur fond de durcissement des restrictions de circulation depuis le 7 octobre 2023.

La Commission a averti que la réouverture de cette route aux colons constituerait une étape supplémentaire vers l’annexion de facto et la fragmentation de la continuité territoriale palestinienne dans la zone « C », en violation du droit international humanitaire et des dispositions de la IVe Convention de Genève, qui interdisent toute modification du statut juridique du territoire palestinien occupé et imposent à la puissance occupante de protéger les personnes protégées contre toute mesure portant atteinte à leur cohésion géographique et sociale.

Elle a précisé que la route 463 remontait à 1994, date à laquelle elle avait été aménagée pour relier les colonies de Beit El et de Dolev, et qu’elle était alors connue sous une appellation locale non officielle. Après le déclenchement de la deuxième Intifada, l’armée israélienne avait interdit aux colons, ainsi que, pendant un certain temps, aux Palestiniens, d’emprunter certains de ses tronçons pour des raisons de sécurité. Ces derniers mois, les pressions en faveur de sa réouverture complète se sont nettement intensifiées, notamment avec l’organisation de marches et de rassemblements de colons sur certains de ses tronçons, au cours desquels ceux-ci ont brandi des drapeaux israéliens et organisé des activités à proximité de sites palestiniens, sous la coordination ou la protection des forces israéliennes.

Le maintien de certains tronçons de cette route dans la zone classée « C », bien qu’ils se trouvent de fait au cœur d’une agglomération palestinienne densément peuplée, constitue le cadre administratif invoqué pour justifier cette orientation. Il s’agit, selon la Commission, d’un nouvel exemple de l’utilisation des classifications issues des accords d’Oslo au service du projet colonial, plutôt que de la protection des droits palestiniens.

Sur le terrain, une attaque directe menée par des colons contre cette même route a été documentée. Le 8 septembre dernier, des colons ont bloqué un rond-point situé dans le secteur d’Ain Ayoub, sur la route 463, à proximité du village de Ras Karkar, et jeté des pierres sur des véhicules palestiniens, endommageant au moins l’un d’entre eux. Cet incident s’inscrit dans un contexte d’escalade des attaques menées par des colons contre les usagers palestiniens des routes dans le gouvernorat.

N.S

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