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Accueil Occupation 10/October/2026 11:15 AM

La Commission de résistance au mur et à la colonisation dénonce la complicité officielle israélienne dans la consolidation des faits accomplis coloniaux en Cisjordanie

La Commission de résistance au mur et à la colonisation dénonce la complicité officielle israélienne dans la consolidation des faits accomplis coloniaux en Cisjordanie

 

 

Ramallah, 10 octobre 2026, WAFA — Un rapport analytique de la Commission de résistance au mur et à la colonisation révèle que, dans plusieurs cas documentés, l’expansion coloniale en Cisjordanie repose sur l’établissement d’une présence physique et démographique avant même l’achèvement des procédures de planification, au vu et au su des autorités israéliennes, avec lesquelles elle s’opère en étroite complicité. Celle-ci ne se limite pas à tolérer l’imposition de faits accomplis, mais consiste également à participer à leur mise en place et à en favoriser la consolidation.

Selon la Commission, l’installation de caravanes, l’aménagement de routes et l’établissement de familles transforment les sites concernés en implantations de fait, que les procédures de planification viennent ensuite entériner et dont elles permettent l’extension. Ce processus témoigne d’une complicité qui va au-delà de la simple tolérance des faits accomplis, les autorités contribuant à créer les conditions de leur pérennisation.

Couvrant la période du 7 octobre 2023 au 30 septembre 2026, le rapport recense 19 opérations menées sur le terrain, notamment des travaux de construction, l’installation de structures mobiles, l’occupation de sites par des habitants et la mise en service d’infrastructures sur des sites existants. Il fait également état d’avancées dans les procédures de planification concernant 11 sites.

Le rapport fait état de l’approbation définitive de plans portant sur quatre sites, pour un total de 1 451 unités prévues, du dépôt de plans concernant trois autres sites et de l’inscription de quatre sites supplémentaires à l’ordre du jour de séances de planification, sans que les résultats définitifs de ces dernières aient pu être établis de manière indépendante. La Commission précise que les unités prévues par les plans ne correspondent pas nécessairement à des logements effectivement construits. L’antériorité des constructions est, quant à elle, établie par la comparaison des dates relatives à un même site.

Le cas de Sanour est particulièrement révélateur : le conseil régional de Shomron y a installé des caravanes le 17 mars 2026, puis 16 familles s’y sont établies le 19 avril, avant la séance du 29 avril consacrée à l’entrée en vigueur du plan 108/2. À Adei Ad, créée en 1998, un plan visant à régulariser l’avant-poste en tant que quartier rattaché à Amihai a été présenté en septembre 2026. Ces exemples illustrent la manière dont les institutions de planification intègrent et régularisent une présence coloniale établie bien avant leur intervention.

La Commission souligne que l’implication officielle se manifeste également à Ma’oz Tzur. Le conseil régional de Binyamin y a aménagé une route, installé des réseaux d’eau et d’électricité et mis en place des structures mobiles avant l’arrivée de 11 familles. Ces éléments mettent en évidence un réseau d’acteurs associant conseils régionaux, organismes liés à la colonisation et instances gouvernementales, dont les interventions se complètent dans la réalisation des projets, la fourniture des services et leur soutien politique.

Selon la Commission, la gravité de ce processus tient à la transformation d’une présence établie sur le terrain en fondement de décisions ultérieures : chaque route, infrastructure ou implantation de population fait naître des besoins et des intérêts ensuite invoqués pour justifier la consolidation et l’expansion des implantations. Cette pression s’étend du nord de la Cisjordanie à la vallée du Jourdain, en passant par l’ouest de Ramallah et les environs de Bethléem et d’Hébron. Elle renforce le contrôle sur les terres palestiniennes et compromet leur continuité géographique.

La Commission affirme enfin que les procédures de régularisation engagées au sein du système israélien ne sauraient conférer de légitimité à la colonisation. Elle appelle à mettre fin aux opérations menées sur le terrain, à demander des comptes aux acteurs qui les facilitent et les soutiennent, et à évaluer leurs répercussions sur l’accès des Palestiniens à leurs terres ainsi que sur leur droit à les utiliser et à les développer librement et en toute sécurité.

N.S

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