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Accueil international 14/October/2026 02:48 PM

Les attaques contre les mosquées s’intensifient : 23 incendies ou tentatives d’incendie depuis début 2023

 

Ramallah, 14 octobre 2026, WAFA — La Commission de résistance au mur et à la colonisation a recensé 23 incendies ou tentatives d’incendie visant des mosquées palestiniennes et leurs dépendances entre le 1er janvier 2023 et le 11 octobre 2026. Vingt de ces incidents ont été commis par des colons, tandis que trois ont été attribués à l’armée d’occupation israélienne.

Dans un communiqué publié mercredi, la Commission a précisé que trois incidents avaient été recensés en 2023, un en 2024 et six en 2025, avant que leur nombre ne passe à 13 depuis le début de l’année en cours jusqu’au 11 octobre. En moins de dix mois, l’année 2026 concentre ainsi près de 57 % des incidents recensés, soit plus du double du bilan de l’année précédente.

À l’aube de mercredi, des colons ont incendié une mosquée dans la localité de Mikhmas, au nord-est de Jérusalem occupée, lors d’une attaque menée par des dizaines de colons après minuit. Ils ont également entièrement incendié un véhicule palestinien et un olivier situé près de la mosquée, dont l’entrée a été endommagée. Cette attaque s’inscrit dans un contexte d’intensification des agressions contre les lieux de culte palestiniens et illustre l’extension des violences des colons aux infrastructures religieuses et civiles au sein des communautés palestiniennes.

La Commission a souligné que ces agressions ne se limitaient pas aux tentatives d’incendie, mais comprenaient également des incendies visant les bâtiments, les entrées et les dépendances des mosquées, ainsi que des attaques contre les salles de prière des femmes et les exemplaires du Coran.

En 2023, des colons ont tenté d’incendier une mosquée dans le village d’Urif, au sud de Naplouse, le 21 juin. Deux autres incidents, survenus en octobre de la même année à Jérusalem et à Jénine, ont été attribués à l’armée d’occupation. Le 19 décembre 2024, la mosquée Bir al-Walidayn, dans la localité de Marda, dans le gouvernorat de Salfit, a été incendiée. En 2025, des attaques ont visé des mosquées à Arab al-Malihat, Aqaba, Khirbet Tana, Deir Istiya et Bidya. Un autre incident, attribué à l’armée d’occupation, a visé la mosquée Al-Nasr à Naplouse le 7 mars.

Les données de 2026 font apparaître une extension géographique des attaques et leur répétition à intervalles rapprochés. Des incidents ont été recensés à Surra, Douma, Jibiya, Kifl Haris, Burqa, Jaljulia, Mazari al-Nubani, At-Tuwani, Kafr, Qusra et Bazariya. En juin, des attaques ont notamment été signalées à Burqa, Jaljulia et Mazari al-Nubani. Deux d’entre elles ont eu lieu le même jour, le 17 juin, visant deux mosquées situées dans des localités distinctes du gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh. Le 26 juillet, deux incendies ont également été signalés à Kafr, dans le gouvernorat de Tulkarem, et à Qusra, dans celui de Naplouse. Dans ce dernier village, l’attaque a visé la mosquée Al-Rahma, alors en construction.

La Commission a affirmé que les attaques visaient des lieux remplissant des fonctions religieuses et sociales. Leurs conséquences ne se limitaient pas aux pertes matérielles : elles affectaient également le sentiment de sécurité, la liberté de pratiquer les rites religieux et la possibilité, pour les habitants, d’utiliser les espaces publics sans craindre de nouvelles agressions. Ces effets sont particulièrement préoccupants dans les communautés rurales, qui subissent parallèlement des pressions liées à la colonisation visant les terres agricoles, les voies d’accès et de circulation ainsi que les moyens de subsistance.

La Commission a indiqué que les chiffres, à eux seuls, ne suffisaient pas à établir l’existence d’une directive centralisée ou d’un schéma organisationnel uniforme derrière ces attaques. Ils constituent toutefois un indicateur qui justifie des enquêtes sur les circonstances de chaque incident, la répétition des attaques contre les mêmes sites, la réponse des autorités d’occupation ainsi que les mesures prises en matière d’enquête et de mise en cause des responsables. Les attaques visant des lieux de culte dans différentes régions soulèvent également de sérieuses questions quant au niveau de protection assuré aux habitants et aux infrastructures civiles et religieuses.

La Commission a souligné que les attaques contre les mosquées portaient atteinte à l’inviolabilité des lieux de culte. Elle a rappelé que le droit international humanitaire impose le respect et la protection des édifices consacrés aux pratiques religieuses, notamment au titre des dispositions pertinentes de la Convention de La Haye de 1907 et de la IVe Convention de Genève, ainsi que des règles interdisant les actes de violence et les destructions injustifiées de biens dans le territoire occupé. Elle a insisté sur la nécessité d’enquêtes effectives et indépendantes permettant d’établir les responsabilités pour chaque incident et de préserver les éléments de preuve relatifs à la nature des attaques et aux dommages causés.

Enfin, la Commission a estimé que l’intensification des attaques contre les mosquées et les lieux de culte palestiniens traduisait, selon elle, l’extension des atteintes israéliennes aux composantes religieuses et sociales de la présence palestinienne, dans un contexte d’impunité favorisant la répétition et l’extension de ces agressions. Elle a souligné que ces attaques ne pouvaient être réduites à de simples dégâts matériels : elles portent atteinte à la liberté de culte et à l’inviolabilité des lieux religieux, tout en menaçant la sécurité et la stabilité des communautés palestiniennes. La Commission a appelé à traiter ces faits comme des violations nécessitant des enquêtes et des poursuites, et non comme des incidents isolés.

N.S 

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