Ramallah, le 4 janvier 2026, WAFA- Le ministère des Awqaf et des affaires religieuses a rapporté qu’au cours du mois de décembre, les colons israéliens, protégés par les forces d’occupation, ont effectué 27 incursions au sein de la mosquée Al-Aqsa, tandis que l’occupation a empêché l’appel à la prière (adhan) à 53 reprises dans l’enceinte de la mosquée d’Al-Ibrahimi à Hébron.
Selon le rapport publié dimanche, ces incursions s’inscrivent dans une escalade systématique des violations contre Al-Aqsa, en particulier lors du premier jour de la fête juive des Lumières (« Hanoukka »), où des dizaines de colons ont pénétré dans le troisième lieu saint musulman avec le soutien direct de l’armée israélienne, tentant même d’y allumer des bougies.
Le ministère souligne que ces attaques suivent un schéma méthodique visant à normaliser la présence religieuse juive à l’intérieur de la mosquée, en imposant une division spatiale et temporelle. Les colons pratiquent publiquement leurs rituels – prosternation, port de vêtements de prière, sonnerie du shofar, prières collectives talmudiques – dans des zones et à des horaires précis, en violation des droits religieux des fidèles musulmans.
Depuis août 2025, ces pratiques sont devenues ostentatoires, avec des rassemblements publics dans la partie orientale d’Al-Aqsa, notamment près de la salle de prière de Bab Al-Rahma. Des cérémonies bruyantes ont également été organisées sur la place du Mur occidental (Mur des Lamentations) à l’occasion du début du mois hébraïque et de la fête d’Hanoukka, affectant la quiétude de la vieille ville.
Le rapport précise que tout cela se déroule sous la supervision de la police israélienne, qui empêche systématiquement les gardes d’Al-Aqsa affiliés aux Awqaf de faire leur travail, limitant leur accès aux lieux sacrés.
Parallèlement, le Knesset israélien a adopté en lecture préliminaire un projet de loi permettant aux Juifs de prier et de placer les tefillin dans les espaces publics, y compris au sein d’Al-Aqsa, consolidant ainsi une légitimation légale de la présence religieuse juive dans les lieux saints musulmans.
Concernant la mosquée d’Al-Ibrahimi, l’occupation a empêché l’adhan 53 fois, organisé des événements bruyants, refusé l’accès de certains employés et maintenu des fermetures répétées de la Porte du Souk, entravant la liberté de culte des fidèles. Des colons armés ont également mené des rassemblements provocateurs autour de la porte est et organisé des concerts et fêtes dans le secteur occupé.
Les autorités israéliennes poursuivent en outre des fouilles non autorisées et des installations de structures temporaires (« caravanes ») dans l’enceinte, entourées de barrières, tout en restreignant l’accès des employés des Awqaf et des fidèles pour contrôler l’usage de ces espaces. L’appel à la prière a été interrompu, notamment avec l’expulsion du muezzin de sa chambre à l’occasion de la prière du vendredi.
En Cisjordanie et à Jérusalem, l’armée israélienne multiplie également les attaques contre d’autres lieux de culte : perquisitions de mosquées, expulsions forcées des fidèles, interrogatoires sur place, fouilles avec chiens policiers et occupation permanente des sites, comme à Deir Bzia, Yanun (Naplouse), Husan et piscines Suleiman à Bethléem.
Le ministère des Awqaf a condamné ces violations quotidiennes et a appelé les Palestiniens à se rendre régulièrement à Al-Aqsa et à la mosquée d’Al-Ibrahimi, notamment aux heures de prière, afin de protéger ces lieux saints et de contrecarrer les tentatives de judaïsation et d’appropriation de l’occupation.
H.A



