Ramallah, le 4 janvier 2026, WAFA- Le Syndicat des journalistes palestiniens a recensé 99 violations commises par les forces d’occupation israéliennes contre des journalistes au cours du mois de décembre 2025. Le bilan illustre une escalade systématique de la répression contre la presse palestinienne, visant non seulement les reporters sur le terrain, mais également leurs familles et leurs infrastructures professionnelles.
Selon le rapport mensuel sur la situation des libertés médiatiques, cette campagne de harcèlement et d’intimidation traduit une politique coordonnée de l’occupation pour museler la couverture journalistique et empêcher la documentation des crimes sur le terrain.
Violations contre le droit à la vie et l’intégrité physique :
Un journaliste tué en exerçant son métier sur le terrain.
Deux autres blessés à la suite de bombardements et de tirs ciblés.
Deux membres de familles de journalistes tués, soulignant l’extension des violences aux proches dans le cadre d’une politique de punition collective.
Le syndicat rappelle que ces pratiques constituent une violation grave du droit international humanitaire, notamment de l’article 79 du protocole additionnel I aux Conventions de Genève, qui protège les journalistes en zones de conflit, et qualifie ces actes de meurtres extrajudiciaires.
Entraves à la couverture et intimidation sur le terrain :
48 cas de détention ou d’empêchement de couvrir l’actualité.
15 agressions utilisant des grenades lacrymogènes, assourdissantes ou tentatives de renversement délibérées.
9 menaces avec armes et 6 menaces verbales directes.
Ces chiffres révèlent une stratégie systématique visant à transformer les lieux de reportage en zones à haut risque, en particulier à Gaza, Jérusalem, Hébron, Jénine et Ramallah, pour forcer les journalistes à se retirer.
Violences physiques et matérielles :
Deux cas de coups et mauvais traitements physiques.
Une destruction de matériel journalistique sur le terrain.
Deux domiciles de journalistes détruits par le bombardement.
Le syndicat souligne que ces attaques sur les infrastructures et domiciles représentent une escalade vers l’atteinte personnelle et économique, au-delà de la répression professionnelle.
Arrestations et pressions judiciaires :
Deux arrestations, deux convocations pour interrogatoire et deux affaires devant les tribunaux de l’occupation, incluant des prolongations de détention administrative.
Ces mesures utilisent le système sécuritaire et judiciaire comme un outil de répression légalisé, transformant les journalistes en accusés permanents à cause de leur travail.
Propagande et dénaturation de la fonction journalistique :
Deux cas de campagnes de diffamation via les médias et centres d’information israéliens, accusant faussement les journalistes de liens avec des groupes armés.
Une agression par des colons documentée, sur fond de complicité ou d’indifférence de l’armée.
Le syndicat alerte sur le risque direct pour les journalistes, la tentative de leur retirer leur statut civil et la justification implicite de violences ou d’arrestations à l’échelle internationale.
Le syndicat estime que ces violations cumulées constituent des crimes de guerre selon le droit international et appelle la communauté internationale, les organismes onusiens et les organisations de défense de la liberté de la presse à intervenir d’urgence pour protéger les journalistes palestiniens et garantir l’accès à une information libre et sécurisée.
H.A



