Jérusalem, le 11 janvier 2026, WAFA- Le gouvernorat de Jérusalem a déclaré dimanche que les autorités israéliennes discuteront lundi de l’approbation de deux projets de colonisation « hautement préoccupants » à Sheikh Jarrah et sur le site de l’ancien aéroport international de Jérusalem. Selon le gouvernorat, ces projets constituent une escalade significative dans la politique israélienne visant à réduire la présence palestinienne à Jérusalem-Est et à isoler la ville de son territoire naturel et géographique en Cisjordanie.
Le premier projet concerne les terres de l’ancien aéroport de Jérusalem et prévoit la construction d’environ 9 000 unités de colonisation sur une superficie de près de 1 243 dunums au nord de la ville. Le gouvernorat avertit que ce projet créerait une barrière coloniale massive, rompant la continuité géographique entre Jérusalem et Ramallah, et porterait un coup sévère à la possibilité de constituer un État palestinien indépendant avec un territoire contigu. Initialement prévu pour décembre 2025, l’examen du projet avait été reporté pour des raisons politiques avant d’être réinscrit à l’ordre du jour.
Le gouvernorat souligne que le « plan Atarot » s’inscrit dans un objectif stratégique à long terme, notamment la destruction symbolique de l’ancien aéroport, considéré comme un élément central de la future souveraineté palestinienne. Le projet vise également à séparer les communautés palestiniennes situées de part et d’autre du mur de séparation, créant ainsi un « cordon colonial humain » empêchant toute continuité territoriale d’un futur État palestinien. Il s’inscrit dans le cadre du projet israélien de « Grande Jérusalem », visant l’annexion d’environ 10 % de la Cisjordanie grâce à un réseau de routes et de tunnels reliant les colonies au nord-est de Jérusalem.
Le second projet, « Nahlat Shimon », concerne le quartier de Sheikh Jarrah, dans la zone Al-Naq’a. Il prévoit la démolition du quartier pour construire une colonie de 316 unités sur les ruines des maisons d’environ 40 familles palestiniennes. Ce projet s’appuie sur un ensemble de lois discriminatoires permettant aux associations de colons de revendiquer des propriétés datant d’avant 1948, tandis que les Palestiniens sont privés de droits similaires pour récupérer leurs biens expropriés.
Le gouvernorat avertit que les opérations à Sheikh Jarrah vont au-delà d’un seul projet et constituent une politique systématique de transformation démographique et urbaine du quartier. D’autres projets sont en préparation, visant à relier les nouvelles constructions à des colonies de l’est, notamment autour de Karem Al-Mufti, Jebel Al-Mukharraf et le périmètre de l’Université hébraïque, divisant le quartier en deux parties et facilitant son contrôle.
Depuis des décennies, les associations coloniales, avec le soutien des autorités israéliennes, mènent des campagnes systématiques pour expulser les familles palestiniennes de Sheikh Jarrah, utilisant des outils juridiques, administratifs et urbanistiques afin de consolider la présence coloniale dans le quartier. Ces politiques incluent des projets de « rénovation urbaine » massifs, comprenant près de 2 000 unités pour les colons – soit plus que le nombre total de maisons palestiniennes existantes dans le quartier – et l’expropriation de terres publiques pour des projets religieux et nationalistes.
Le gouvernorat rappelle que Sheikh Jarrah n’est pas seulement un quartier résidentiel, mais un site historique et géopolitique majeur. Le quartier a accueilli des symboles du combat palestinien, des institutions nationales et internationales, notamment l’hôtel historique Shepherd, le Karem Al-Mufti, le bureau de l’Organisation de libération de la Palestine et plusieurs consulats arabes actifs jusqu’en 1967. L’attaque contre le quartier vise à effacer ces symboles et à redessiner la carte géopolitique de la ville pour servir le projet colonial israélien.
Le gouvernorat de Jérusalem a souligné que ces projets constituent des actes de déplacement forcé et de modification illégale de la situation existante. Il affirme qu’il continuera à les suivre à tous les niveaux légaux et politiques, défendant les droits des Palestiniens et la position de Jérusalem-Est comme capitale de l’État palestinien.
H.A



