Jérusalem, le 1er février 2026, WAFA – Les autorités d'occupation israéliennes ont notifié aujourd'hui, aux habitants la démolition immédiate de 14 maisons dans le quartier d'al-Bustan, à Silwan, au sud de l'esplanade des Mosquées, dans la partie est occupée de Jérusalem, sous prétexte de construction sans permis.
Cette escalade s'inscrit dans une politique systématique visant la présence palestinienne dans l'une des zones les plus sensibles et stratégiques entourant Al-Aqsa.
Le gouvernorat de Jérusalem a expliqué dans un communiqué publié dimanche soir, que les maisons destinées à la démolition abritent des familles jérusalémites. Ce ciblage s'inscrit dans le cadre d'un plan israélien visant à transformer les terrains du quartier d'al-Bustan en ce que les autorités d'occupation appellent des « jardins bibliques », en violation flagrante des droits de propriété et de logement.
Cette situation menace l'avenir d'environ 120 habitants de Jérusalem, victimes d'une politique continue d'empiètement sur leurs terres et leurs maisons, dont certaines sont construites depuis des décennies, malgré les dizaines de milliers de dollars d'amendes et de pénalités infligées par la municipalité d'occupation au fil des ans.
Le gouvernorat a indiqué que ces notifications s'inscrivent dans une série de mesures successives et croissantes prises à l'encontre du quartier d'Al-Bustan.
En effet, au cours du mois de janvier, la municipalité d'occupation a notifié aux habitants son intention de confisquer de vastes superficies de terrain, dont environ 5,7 hectares le 1er janvier, puis un hectares et 100 mètres carrés le 18 du même mois, sous prétexte de réaliser des projets d'« aménagement paysager et de stationnement », sur des terrains qu'elle prétendait vacants.
Or, ces terrains appartenaient à des maisons jérusalémites démolies au cours de l'année précédente. Il s'agit là d'une illustration flagrante de la politique des « terrains vacants », utilisée comme un faux prétexte juridique pour légitimer les confiscations et imposer une réalité coloniale permanente.
Le gouvernorat de Jérusalem a affirmé que le ciblage du quartier d'Al-Bustan s'inscrit dans un plan israélien plus vaste de judaïsation de Jérusalem, articulé autour de deux axes interdépendants : la modification de la réalité démographique en faveur des colons et le renforcement du contrôle géographique sur la zone entourant l'esplanade des Mosquées.
Il a souligné que la ville de Silwan constitue la ceinture défensive sud d'Al-Aqsa et la gardienne historique de ses remparts, et que toute attaque contre elle représente une atteinte directe au statu quo historique et juridique de la ville sainte.
Environ 1 500 habitants de Jérusalem vivent dans le quartier d'Al-Bustan, répartis dans quelque 120 maisons. Ils sont victimes d'une attaque systématique et multiforme, incluant la menace directe de démolition. Près de 80 % des habitations du quartier sont classées comme menacées de démolition et font l'objet d'ordres de démolition immédiate en vertu de la loi dite « Kaminetz ». Cela inclut le renouvellement des amendes pour des logements dont les propriétaires les avaient déjà réglées avant 2017.
Le quartier d'Al-Bustan a également connu une escalade sans précédent depuis le 7 octobre 2023. Cette escalade s'est traduite par l'interdiction de la prière sous la tente de protestation érigée par les habitants, suivie de sa démolition, ainsi que par l'obstruction de la couverture médiatique et des activités des associations locales.
Plus de 35 logements ont été démolis depuis cette date. De plus, une campagne de pression quotidienne et systématique est en place, comprenant des fermetures de routes, l'installation de barrages militaires, des arrestations arbitraires et l'imposition de taxes municipales exorbitantes.
Les colons jouent également un rôle quasi officiel en harcelant les habitants par le biais de photographies, de poursuites judiciaires en vue de démolir leurs logements et en instaurant un climat d'intimidation permanent.
Dans le même contexte, les forces d'occupation israéliennes ont contraint les frères Kamal et Karam Muhammad Abu Swei à évacuer leurs maisons du quartier de Wadi Qaddum à Silwan, dimanche, en vue de leur démolition forcée.
Des sources locales ont indiqué à l'agence WAFA que les deux maisons abritent 15 membres de la famille Abu Swei et sont menacées de démolition en raison de la politique d'occupation qui impose des restrictions sévères à l'octroi de permis de construire aux Palestiniens à Jérusalem-Est occupée.
F.N



