Accueil Occupation 08/February/2026 09:45 AM

Sabah Saleh revient à Gaza après 10 mois d’exil : perte et espoir dans la bande dévastée

Sabah Saleh revient à Gaza après 10 mois d’exil : perte et espoir dans la bande dévastée

Gaza, le 8 février 2026, WAFA- Après près d’un an et demi de fermeture, le passage de Rafah a été partiellement rouvert le 1er février, permettant à des dizaines de milliers de Palestiniens bloqués à l’extérieur de retourner dans la bande de Gaza. Cependant, la joie de la réouverture n’a pas effacé la dureté du voyage ni les souvenirs de souffrance et d’humiliation vécus face aux soldats israéliens.

Parmi les retours, Sabah Saleh, 65 ans, s’installe dans la tente de son fils à Khan Younis, le sud de Gaza, portant le poids du deuil : son mari et trois de ses enfants ont été tués lors d’un bombardement israélien de leur maison à Abasan. Elle raconte que son départ pour un traitement médical en Égypte en avril 2024 s’est transformé en absence prolongée, alors que le passage a été fermé peu après son départ, l’empêchant de revenir malgré la fin de son traitement.

La réouverture du passage n’a pas été facile : inspections humiliantes, mains menottées, yeux bandés et longues heures dans le froid. Des médicaments et des effets personnels, y compris des jouets pour ses petits-enfants, lui ont été confisqués.

Selon les sources médicales de Gaza, environ 20 000 patients et blessés attendent encore l’autorisation de voyager pour des soins à l’étranger.

Le fils de Sabah, Ahmed, 35 ans, vit avec ses trois enfants dans une tente après que la maison familiale a été détruite et que plusieurs membres de sa famille ont été tués ou blessés. Il explique que la présence de sa mère apporte un peu de réconfort dans cette vie marquée par la précarité et la douleur.

Sabah décrit son retour comme un acte de résistance face au déplacement forcé : « La décision de revenir était difficile, mais essentielle pour rester ici et affirmer notre présence sur notre terre. » Malgré cette volonté, le paysage qu’elle retrouve est dévasté : maisons détruites, manque d’eau et de soins, conditions de vie très précaires.

Depuis le début de la guerre en octobre 2023, environ 100 000 Palestiniens ont été contraints de quitter Gaza, selon les données officielles, faisant de Sabah et de sa famille un exemple parmi des milliers de récits de souffrance et de perte.

La réouverture du passage reste limitée et contrôlée : quelques dizaines de personnes seulement peuvent franchir le passage chaque jour, avec des procédures de contrôle strictes, ce qui ne répond pas aux besoins de milliers de patients, étudiants et familles bloquées depuis la fermeture.

H.A

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