Ramallah, le 16 avril 2026, WAFA – Le nombre de détenus palestiniens dans les geôles d'occupation israéliennes a connu une hausse de 83 % depuis le début du génocide israélien, pour atteindre plus de 9 600 prisonniers au début du mois d’avril 2026, contre 5 250 auparavant, selon des organisations de défense des prisonniers.
Dans un communiqué publié à la veille de la Journée du prisonnier palestinien, ces organisations estiment que la question des détenus ne relève plus de politiques d’occupation « traditionnelles », mais s’inscrit désormais dans un système global de violence visant l’ensemble de la société palestinienne.
Elles affirment que des institutions spécialisées ont recueilli de nombreux témoignages et preuves documentées faisant état de violations graves, incluant la torture, la privation de nourriture, le refus de soins médicaux, ainsi que des violences physiques et sexuelles.
Selon ces données, les prisons et camps de détention israéliens ne seraient plus de simples lieux d’incarcération, mais des espaces où se déploient des pratiques systématiques de violence.
Depuis le début du génocide, plus de 100 détenus palestiniens auraient été tués, dont 89 identifiés, tandis que des dizaines de détenus originaires de Gaza restent portés disparus dans des conditions assimilées à des disparitions forcées.
Les organisations dénoncent également des efforts visant à faire adopter une loi dite « d’exécution des prisonniers palestiniens », qu’elles qualifient de discriminatoire, estimant qu’elle s’inscrit dans la continuité de pratiques d’exécutions extrajudiciaires. Elles appellent à une mobilisation internationale urgente pour mettre fin à ces mesures, sous le slogan « Ensemble contre l’extermination et les exécutions ».
Selon les données publiées, le nombre de détenus comprend 86 femmes, dont 25 placées en détention administrative, ainsi qu’environ 350 mineurs, principalement incarcérés dans les prisons d’Ofer et de Megiddo, en plus de deux mineures détenues à Damon.
Le recours à la détention administrative a fortement augmenté, atteignant plus de 3 532 personnes, contre environ 1 320 avant la guerre. Par ailleurs, 1 251 détenus sont classés comme « combattants illégaux », sans inclure ceux détenus dans des camps militaires, ce qui signifie qu’environ la moitié des prisonniers sont détenus sans inculpation ni procès.
Les organisations signalent également une dégradation notable de l’état de santé des détenus, la majorité d’entre eux souffrant de maladies aggravées par les conditions de détention, les mauvais traitements et le manque de soins médicaux.
Depuis 1967, 326 prisonniers palestiniens sont morts en détention, dont 89 depuis le début de la guerre actuelle. Elles ajoutent que les corps de 97 prisonniers décédés sont retenus par les autorités israéliennes, contre 11 auparavant.
Concernant les détenus de longue durée, huit prisonniers arrêtés avant les accords d’Oslo restent incarcérés, les plus anciens étant détenus depuis 1986. Au total, 118 prisonniers purgent des peines de prison à perpétuité, dont certains cumulant plusieurs condamnations à vie.
En parallèle, plus de 23 000 arrestations ont été recensées en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, depuis le début du conflit. Ces chiffres incluent l’ensemble des personnes arrêtées, qu’elles soient toujours détenues ou libérées. Parmi elles figurent plus de 700 femmes, environ 1 800 enfants et plus de 240 journalistes, dont 43 restent incarcérés.
Les organisations rapportent que ces arrestations s’accompagnent de violences physiques, de menaces, de destructions de biens et d’infrastructures, ainsi que de confiscations de biens personnels.
Enfin, les organisations appellent la communauté internationale à agir, notamment en activant la compétence universelle pour poursuivre les responsables présumés de violations graves, en suspendant les formes de coopération avec Israël jusqu’au respect du droit international, en soutenant les enquêtes de la Cour pénale internationale et en garantissant l’accès du Comité international de la Croix-Rouge aux détenus, tout en réclamant la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques palestiniens et la fin de la détention administrative.
H.A



