Genève, le 30 avril 2026, WAFA – Des experts des Nations unies ont exprimé, jeudi, leur profonde inquiétude face à l’utilisation croissante de la violence sexuelle et basée sur le genre dans le contexte de l’occupation israélienne, estimant qu’elle contribue à intimider la population palestinienne et à la pousser au déplacement forcé, pouvant atteindre, selon eux, le seuil de génocide.
Dans une déclaration, les experts ont indiqué que « la violence sexuelle exercée par des Israéliens est devenue ancrée dans le quotidien des Palestiniens sous occupation », la qualifiant de phénomène structurel et systémique, utilisé comme un outil de domination, de contrôle et de dépossession.
S’appuyant sur plusieurs enquêtes indépendantes, ils ont précisé que ces pratiques sont documentées dans divers contextes, notamment dans les centres de détention, aux points de contrôle, lors de perquisitions de domiciles, ainsi que dans les interactions avec les forces israéliennes et des colons.
Les experts ont également dénoncé l’inaction de la communauté internationale, évoquant un climat d’impunité quasi totale. « Les intérêts politiques, stratégiques, militaires et économiques sont placés au-dessus des vies des Palestiniens. Ce déni de justice alimente non seulement la spirale de la violence, mais sape également les fondements du droit international », ont-ils déclaré.
Ils ont rappelé leur évaluation publiée en février 2024 ainsi que le rapport de la Commission internationale indépendante d’enquête des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, publié en mars 2025, concluant que la violence sexuelle, reproductive et fondée sur le genre – visant femmes, hommes, filles et garçons palestiniens – est utilisée « pour les intimider et maintenir un système d’oppression ».
Selon les experts, ces violations ne visent pas uniquement à porter atteinte aux individus, mais à fragiliser l’ensemble de la société palestinienne. Elles constituent à la fois une cause et une conséquence du déplacement forcé, en créant un environnement coercitif poussant les populations à fuir, tout en les exposant à des risques accrus de nouvelles violations.
En Cisjordanie, ajoutent-ils, adultes et enfants sont exposés à des atteintes à leur intégrité physique et à leur vie privée, incluant le harcèlement sexuel, des fouilles humiliantes et des menaces d’agressions sexuelles, souvent à proximité ou à l’intérieur de leurs domiciles.
Les Palestiniens sont également soumis à des formes de torture et de mauvais traitements à caractère sexuel, telles que le dénudement forcé et d’autres violences, ainsi que des menaces visant leurs proches.
Enfin, les experts ont souligné la persistance d’un climat d’impunité, impliquant à la fois des acteurs étatiques et des colons. Malgré la documentation répétée de violations, les enquêtes restent rares et les poursuites quasi inexistantes. Ils concluent que « la violence sexuelle ne peut être considérée comme un dommage collatéral, mais constitue un élément central du système d’oppression imposé aux Palestiniens ».
H.A



