Ramallah, le 14 mai 2026, WAFA– Le président palestinien Mahmoud Abbas a inauguré jeudi les travaux du huitième congrès général du mouvement Fatah à Ramallah, tandis que des sessions parallèles se tenaient simultanément dans la bande de Gaza, au Caire et à Beyrouth, dans un contexte qualifié par les intervenants comme l’une des périodes les plus critiques traversées par le peuple palestinien.
Le congrès, organisé sur trois jours et réunissant quelque 2.580 délégués répartis sur les quatre sites, s’est ouvert au siège de la présidence palestinienne à Ramallah en présence de diplomates, de représentants religieux, de factions palestiniennes et d’organisations de la société civile.
Dans un message adressé aux participants, le Premier ministre espagnol et président de l’Internationale socialiste, Pedro Sánchez, a réaffirmé son soutien à « une solution juste et durable » fondée sur la légalité internationale et la solution à deux États. Il a souligné les relations historiques entre l’Internationale socialiste et le Fatah, saluant les efforts de l’ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat et du président Mahmoud Abbas en faveur d’un règlement négocié conduisant à la paix, à la stabilité et à la prospérité.
Le secrétaire aux relations internationales du Parti communiste chinois, Jin Xin, a déclaré que le Fatah poursuivait, sous la direction de Mahmoud Abbas, ses efforts pour restaurer les droits nationaux légitimes du peuple palestinien et établir un État palestinien indépendant. Il a réitéré le soutien de Pékin à un État palestinien souverain dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, tout en appelant à un cessez-le-feu permanent dans la bande de Gaza et à un renforcement des efforts internationaux en faveur de la paix.
S’exprimant au nom des factions de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le membre du comité exécutif Wasel Abou Youssef a qualifié ce congrès d’étape politique majeure intervenant alors que la guerre se poursuit à Gaza et que les violences s’intensifient en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem. Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’unité nationale palestinienne et de lancer un dialogue global sous l’égide de l’OLP, tout en réaffirmant l’attachement à la résistance populaire et au droit à l’autodétermination.
Le président du Haut Comité de suivi des Palestiniens de 1948, Jamal Zahalka, a estimé que le congrès se tenait à un moment où Gaza tente de panser les plaies d’une guerre qu’il a qualifiée de « génocidaire », tandis que la Cisjordanie fait face à une intensification de la colonisation et des violences quotidiennes. Il a plaidé pour une unité nationale renforcée et une nouvelle stratégie politique capable de répondre aux évolutions régionales et internationales, tout en soulignant l’émergence d’un soutien international croissant à la cause palestinienne.
Les participants au congrès doivent élire 80 membres du Conseil révolutionnaire du Fatah et 18 membres du Comité central du mouvement, avec la possibilité de modifier ces chiffres conformément au règlement interne.
Le programme prévoit l’examen des rapports des différentes commissions, l’ouverture des candidatures et l’organisation des élections, avant l’annonce des résultats et la publication du communiqué final samedi.
Fondé en 1965, le mouvement Fatah a tenu son premier congrès à Damas en 1967. Le congrès actuel est le troisième organisé sur le territoire palestinien, après ceux de Bethléem en 2009 et de Ramallah en 2016.
R.N / H.A


