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Accueil Rapports et Enquêtes 13/July/2026 04:47 PM

De la cage de son oiseau aux décombres de sa maison : le récit d'une famille dont le logement a été démoli par l'armée israélienne à Kafr ad-Dik

Salfit, le 13 juillet 2026, WAFA – Serrant contre elle la cage de son petit oiseau, « Zouzou », Lina, 9 ans, assistait impuissante à la démolition de la maison où elle avait grandi, dans le secteur de Diriya, à l'ouest de la localité palestinienne de Kafr ad-Dik, en Cisjordanie occupée.

Pour l'enfant, « Zouzou » n'était pas un simple oiseau : il était le seul bien qu'elle ait pu sauver avant que la maison familiale, avec ses chambres, ses jouets, ses vêtements et tous les souvenirs qu'elle renfermait, ne soit réduite à un amas de gravats. En quelques minutes, Lina a perdu tout son univers. Les effets personnels de la famille, ses documents officiels, son mobilier et même le lait destiné au plus jeune enfant sont restés ensevelis sous les décombres.

Sa mère, Rimah Qarinawi, raconte à WAFA que sa fille a été profondément marquée par cette scène, ajoutant que la présence de l'oiseau, tout comme celle du chien qui vivait près de la maison, faisait partie du quotidien de ses enfants. Elle explique que la famille n'avait reçu aucun avertissement concernant l'opération de démolition ce matin-là et n'a disposé que de très peu de temps pour évacuer ses affaires ou se préparer à ce qui allait se produire.

Selon elle, la famille menait une vie normale jusqu'à l'irruption soudaine des forces israéliennes dans le secteur, qui a rapidement plongé tous ses membres dans la peur et la confusion. Locataires de cette maison depuis environ un an, ils y vivaient à cinq, dont un nourrisson âgé de treize mois.

Rimah Qarinawi affirme que les soldats israéliens ont empêché les membres de la famille de récupérer la majeure partie de leurs biens. Des vêtements, des documents administratifs essentiels, des certificats de naissance, des bijoux ainsi que de nombreux effets personnels sont restés sous les décombres. Elle ajoute que la maison était entièrement meublée avec du mobilier neuf, mais que les militaires leur ont interdit d'y pénétrer. Son mari aurait également été agressé alors qu'il tentait de sauver quelques effets personnels.

Pendant que les bulldozers démolissaient les murs, la famille assistait, impuissante, à la disparition de tout ce qui composait son quotidien : les chambres, les objets personnels, les souvenirs accumulés au fil des années, désormais ensevelis sous les gravats.

Une maison vieille de quinze ans réduite en ruines :

La maison détruite n'était pas une construction récente. Édifiée il y a environ quinze ans, elle couvrait une superficie d'environ 200 mètres carrés et comprenait deux niveaux : un rez-de-chaussée abritant trois espaces de stockage et un étage réservé à l'habitation.

Le maire de Kafr ad-Dik, Bashir Taher, a indiqué à WAFA que les forces israéliennes étaient entrées dans la localité tôt lundi, accompagnées de bulldozers militaires, avant de démolir la maison appartenant au Palestinien Amir Mahmoud Naji, dans le secteur de Diriya, après avoir contraint la famille à l'évacuer moins d'une heure auparavant.

Selon lui, la maison était habitée et sa démolition s'inscrit dans une politique israélienne continue visant à réduire la présence palestinienne dans la partie occidentale de Kafr ad-Dik, considérée comme l'un des secteurs les plus exposés aux mesures israéliennes. Il estime que ces démolitions accentuent la pression sur les familles qui tentent de rester dans cette zone, alors que les autorités israéliennes leur refusent régulièrement les permis de construire ou d'agrandir leurs habitations.

Diriya : une zone résidentielle et agricole sous pression :

Située à l'ouest de Kafr ad-Dik, la zone de Diriya constitue à la fois un espace résidentiel et agricole essentiel pour les habitants de la localité. En raison de sa position stratégique, elle fait l'objet, selon les autorités locales, de mesures israéliennes récurrentes, notamment des ordres de suspension des travaux de construction, des avis de démolition et des restrictions urbanistiques qui maintiennent les familles dans une situation permanente d'incertitude.

Les habitants affirment vivre dans l'attente constante d'un nouvel ordre militaire, d'un avis de démolition ou d'une nouvelle incursion des forces israéliennes.

La démolition de la maison d'Amir Mahmoud Naji intervient quelques jours seulement après celle d'une autre habitation dans la même localité. Au cours des derniers jours, les autorités israéliennes ont également émis des ordres de suspension des travaux visant neuf maisons habitées, dont certaines remontent aux années 1970 et 1980. Selon les autorités municipales, le nombre total de notifications de ce type dans le secteur atteint désormais une trentaine, tandis que des dizaines de familles restent exposées au risque de perdre leur logement à tout moment.

Parallèlement, le gouvernorat de Salfit est le théâtre d'attaques quotidiennes menées par des colons israéliens, en particulier dans la zone de Wadi al-Shaer, située entre la ville de Salfit et le village d'Al-Lubban al-Sharqiya. Les habitants et leurs véhicules y sont régulièrement pris pour cible. Le dernier incident en date concerne l'incendie d'une cafétéria appartenant à l'Université Al-Zaytouna, dans un contexte d'intensification des attaques visant les civils palestiniens et leurs biens dans l'ensemble du gouvernorat.

H.A

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