Ramallah, le 8 juillet 2026, WAFA – Cinquante-quatre ans après son assassinat, la figure de l’écrivain, journaliste et intellectuel palestinien Ghassan Kanafani demeure l’un des symboles majeurs de la littérature palestinienne contemporaine et de la mémoire culturelle du peuple palestinien.
Le 8 juillet 1972, Ghassan Kanafani, alors âgé de 36 ans, a été assassiné à Beyrouth, au Liban, avec sa nièce Lamis Hussein Najm, âgée de 17 ans. Ils ont été tués par l’explosion d’une bombe placée dans sa voiture, une opération attribuée au Mossad israélien.
Né à Acre (Akka) le 9 avril 1936, Kanafani a été contraint à l’exil avec sa famille lors de la Nakba de 1948. Après avoir quitté Jaffa puis Acre, sa famille a trouvé refuge au Liban avant de s’installer en Syrie, où il a grandi et commencé son parcours intellectuel et littéraire.
La trajectoire de Kanafani a été profondément marquée par l’expérience de l’exil palestinien. Après les événements de 1948, sa famille a vécu plusieurs déplacements successifs entre le Liban et la Syrie, notamment dans les villes de Saïda, Mieh Mieh, Ghaziyeh, Damas et Zabadani, avant de s’établir durablement à Damas. Cette expérience de déracinement a constitué l’une des sources essentielles de son œuvre littéraire et de sa réflexion politique.
Journaliste, romancier, nouvelliste, dramaturge et analyste politique, Ghassan Kanafani a consacré son œuvre à la question palestinienne, à l’exil, à l’identité nationale et à la résistance culturelle. Jusqu’à sa disparition prématurée, il a publié dix-huit ouvrages et plusieurs centaines d’articles et d’études consacrés à la culture, à la politique et à la lutte du peuple palestinien.
Parmi ses œuvres les plus célèbres figurent notamment « Des hommes dans le soleil », « Retour à Haïfa » et « La littérature de la résistance palestinienne sous l’occupation 1948-1968 ». Ses écrits, traduits dans près de seize langues et diffusés dans de nombreux pays, ont contribué à faire connaître la littérature palestinienne sur la scène internationale.
Kanafani a également joué un rôle important dans le journalisme arabe. Il a publié des articles sous le pseudonyme de Fares Fares dans plusieurs publications, notamment l’hebdomadaire Al-Anwar, le magazine Al-Sayyad et le journal Al-Muharrir, où il signait notamment des chroniques sous le titre « En bref ».
Son talent littéraire a été reconnu de son vivant, notamment lorsqu’il a reçu en 1966 le Prix des Amis des écrivains au Liban pour son roman « Tout ce qui te reste ». Après sa mort, plusieurs distinctions ont porté son nom ou lui ont été attribuées à titre posthume, parmi lesquelles le Prix de l’Organisation mondiale des journalistes en 1974, le Prix Lotus en 1975 et la Médaille de Jérusalem pour la culture et les arts en 1990.
Plus d’un demi-siècle après son assassinat, Ghassan Kanafani reste une référence incontournable de la littérature palestinienne et une figure dont l’œuvre continue d’être étudiée, traduite et lue à travers le monde.
H.A



