Genève, le 12 juin 2026, WAFA – La Mission permanente de l’État de Palestine auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève a alerté sur la détérioration sans précédent de la situation en Cisjordanie, compte tenu de l’intensification des crimes d’occupation israéliens, notamment les activités coloniales et les attaques de colons.
La Mission a également souligné l’agression continue contre les camps de réfugiés de Jénine, Tulkarman et Nour Shams, qui a provoqué la plus importante vague de déplacements forcés en Cisjordanie depuis 1967, ainsi que la destruction massive d’infrastructures, d’habitations et d’équipements civils.
Cette mise en garde a été formulée lors d’une réunion d’information complète présentée par la Mission, en coopération avec le Conseil norvégien pour les réfugiés, aux missions diplomatiques accréditées auprès des Nations Unies à Genève. Des représentants de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et une délégation palestinienne de camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie ont également participé à cette réunion afin d’exposer l’évolution rapide de la situation humanitaire et sur le terrain.
Le représentant de l'État de Palestine à Genève, l'ambassadeur Ibrahim Khraishi, a affirmé que la Cisjordanie connaît une dangereuse escalade sur les plans politique, économique et humanitaire, compte tenu de l'expansion des politiques d'annexion et de colonisation, des arrestations, des exécutions sommaires et du terrorisme des colons, en plus du blocage des fonds destinés au déblaiement des populations palestiniennes.
Il a souligné que les mesures punitives prises par certains pays contre des personnalités israéliennes ne sont pas à la hauteur des violations en cours, et a appelé la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour protéger le peuple palestinien, appliquer les résolutions internationales, garantir l'obligation de rendre des comptes et la justice, et parvenir à une solution à deux États fondée sur les frontières du 4 juin 1967.
De son côté, le Conseil norvégien pour les réfugiés a examiné les obstacles imposés par les autorités d'occupation à l'action humanitaire, notamment l'adoption de lois et de procédures qui entravent la délivrance de permis et restreignent l'acheminement de l'aide humanitaire, soulignant que ces pratiques contreviennent aux dispositions du droit international humanitaire.
Le Conseil a appelé les États à prendre des mesures internationales pour financer l'action humanitaire et à s'opposer aux violations du droit international commises par l'occupation.
L'équipe de l'UNRWA a présenté un aperçu des derniers développements dans le nord de la Cisjordanie, soulignant l'escalade des démolitions et le déplacement forcé de plus de 45 000 Palestiniens, le ciblage des infrastructures et des installations médicales, ainsi que les mesures prises par l'occupation israélienne pour démolir les bâtiments de l'UNRWA à Jérusalem-Est occupée. Malgré tous ces obstacles, l'UNRWA continue de fournir ses services essentiels à des millions de réfugiés palestiniens.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a examiné ses rapports documentant les violations commises par Israël dans le nord de la Cisjordanie, notamment le ciblage de civils, la destruction d'infrastructures civiles, les assassinats ciblés et les restrictions à la liberté de circulation.
Il a souligné la responsabilité de la puissance occupante et des États membres de respecter le droit international, de protéger la population vivant sous occupation et de garantir son droit au retour dans ses villes et villages, à la reconstruction des camps de réfugiés et à l'accès à l'éducation, aux soins de santé et aux biens essentiels à une vie digne.
Une délégation de réfugiés palestiniens a conclu la réunion d'information en témoignant des attaques qu'ils ont subies de la part de colons, de la destruction de leurs maisons et de leurs déplacements forcés répétés. Ils ont insisté sur le fait qu'ils subissent le déplacement et la perte de leurs foyers et de leurs familles pour la troisième fois, dans un contexte de crimes d'occupation persistants et de risques humanitaires croissants en Cisjordanie.
À l'issue de la réunion d'information, de nombreux représentants d'États et de missions diplomatiques ont exprimé leur profonde préoccupation face à la détérioration continue de la situation en Cisjordanie et aux récentes législations et mesures imposées par l'occupation, qui visent à saper l'action humanitaire, à étendre les colonies et à aggraver la politique de déplacements forcés.
Ils ont réaffirmé leur attachement aux dispositions du droit international et du droit international humanitaire, et ont réitéré leur soutien indéfectible au droit inaliénable du peuple palestinien à l'autodétermination et à la création de son État indépendant.
Ils ont souligné la nécessité d'assurer la protection des civils, de garantir la responsabilité des auteurs de violations et de prendre des mesures internationales efficaces pour préserver la solution à deux États et parvenir à une paix juste et durable.
F.N



