Ramallah, le 23 juillet 2026, WAFA– Le gouverneur de l'Autorité monétaire palestinienne (PMA), Yahya Shunnar, a mis en garde jeudi contre les conséquences « graves » d'une éventuelle rupture des relations de correspondance bancaire avec les banques israéliennes, appelant la communauté internationale à intervenir d'urgence pour éviter une crise économique et humanitaire majeure.
S'exprimant lors d'une réunion de haut niveau organisée à Ramallah sous le thème « Le point de rupture », en présence d'ambassadeurs, de représentants du Fonds monétaire international (FMI), du Fonds monétaire arabe, des Nations unies et d'institutions financières internationales, M. Shunnar a déclaré que les mesures israéliennes menaçaient de « saper l'économie palestinienne, compromettre la sécurité alimentaire et provoquer l'effondrement des services essentiels ».
Selon lui, toute interruption des relations bancaires avec les établissements israéliens perturberait les chaînes d'approvisionnement, avec des risques de pénuries de carburant, d'électricité, d'eau, de médicaments et de produits alimentaires, ainsi qu'une hausse des prix, une aggravation du chômage et de la pauvreté.
Le gouverneur a souligné que 90 % des exportations palestiniennes sont destinées à Israël, tandis que l'ensemble des importations palestiniennes transitent par Israël ou via son territoire, dont environ 60 % proviennent directement d'Israël, notamment dans les secteurs de l'énergie, de l'eau, du carburant, des médicaments et de l'alimentation.
Il a également indiqué que les relations de correspondance bancaire avaient permis de traiter des transactions d'une valeur d'environ 51 milliards de shekels (près de 15 milliards de dollars) en 2025, illustrant la dépendance de l'économie palestinienne à ces circuits financiers.
M. Shunnar a ajouté que les banques palestiniennes détenaient actuellement près de 18 milliards de shekels (environ 6 milliards de dollars) en liquidités, une accumulation qui limite leur capacité à financer les entreprises et les projets d'investissement.
Les représentants du FMI, du Fonds monétaire arabe et d'autres organisations internationales présents à la réunion ont eux aussi averti qu'une rupture des relations bancaires aurait de lourdes répercussions sur le commerce, les chaînes d'approvisionnement, la sécurité alimentaire et les services de base, appelant à une action internationale coordonnée pour préserver l'intégration du système bancaire palestinien au réseau financier mondial.
Cette mise en garde intervient alors que, selon des responsables palestiniens et israéliens, les banques israéliennes Hapoalim et Discount Bank ont annoncé leur intention de mettre fin, dans les prochaines semaines, à certains services de correspondance bancaire fournis aux établissements financiers palestiniens. Le ministère israélien des Finances a confirmé que ces banques avaient fait part de leur intention de suspendre ces services, invoquant un environnement juridique et financier de plus en plus risqué.
Les relations de correspondance bancaire entre banques israéliennes et palestiniennes sont indispensables au règlement des échanges commerciaux, au paiement des importations essentielles (électricité, eau, carburant, médicaments et denrées alimentaires) ainsi qu'au transfert des salaires des travailleurs palestiniens employés en Israël. Leur interruption pourrait avoir des répercussions majeures sur l'économie palestinienne et la stabilité régionale.
H.A



