Accueil Occupation 14/September/2026 12:54 PM

Un projet israélien accéléré visant à effacer la présence palestinienne en Cisjordanie

Ramallah, 14 septembre 2026 (WAFA) – Le Centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés, B’Tselem, a déclaré dans un nouveau rapport intitulé « Le projet d’effacement – ​​L’élimination par Israël de la présence palestinienne en Cisjordanie » que depuis l’entrée en fonction du gouvernement actuel fin 2022, et à un rythme plus intense depuis octobre 2023, Israël a intensifié ses mesures qui affectent les fondements de la vie palestinienne en Cisjordanie, dans le cadre d’un vaste « projet d’effacement » de la présence palestinienne.

Le rapport, qui s'appuie sur plus de 2 000 témoignages recueillis par B'Tselem auprès de Palestiniens depuis octobre 2023, ainsi que sur plus de trois décennies de documentation des violations des droits de l'homme, indique que ce qui se passe en Cisjordanie ne doit pas être considéré comme une série d'événements distincts, mais plutôt comme un système intégré qui œuvre à démanteler les conditions permettant aux Palestiniens de poursuivre leur existence, parallèlement à un renforcement du contrôle et de la présence coloniaux.

D’après le rapport, le « projet d’effacement » repose sur cinq piliers interdépendants : la violence et la terreur, les restrictions de la liberté de circulation, l’asphyxie économique, la destruction politique et sociale, ainsi que le nettoyage ethnique et l’appropriation de l’espace.

Le rapport souligne que si chacune de ces pratiques affecte individuellement la vie des Palestiniens, leur pleine signification se révèle lorsqu’on les considère collectivement : elles se renforcent mutuellement et contribuent à démanteler les conditions qui permettent aux Palestiniens d’exister en tant qu’individus, communautés et groupe politique et social.

Le rapport inscrit ces pratiques dans le cadre du projet colonial de peuplement, affirmant que le régime israélien en Cisjordanie repose sur la consolidation du contrôle et de la présence juifs par le déplacement, la dépossession et le démantèlement de la présence palestinienne collective.

Il indique que le démantèlement de la présence palestinienne s'accompagne d'une réorganisation de l'espace visant à étendre le contrôle de l'occupation et la présence des colons. Ceci se traduit par le transfert de terres et de ressources sous contrôle israélien, l'expansion des colonies, des avant-postes et des exploitations agricoles, ainsi que par l'utilisation des systèmes juridiques, des mécanismes de planification, des infrastructures et des budgets pour consolider la présence coloniale.

Le rapport explique que le « projet d’effacement » n’est pas nouveau, mais repose sur des mécanismes développés et utilisés par Israël depuis des décennies. Toutefois, depuis la formation du gouvernement israélien actuel fin 2022, et plus particulièrement depuis octobre 2023, ce projet a connu une accélération et une intensification.

Le rapport souligne le transfert de pouvoirs, de budgets et d’influence politique à des entités qui militent pour l’expansion des colonies, l’annexion et le déplacement des Palestiniens. Il considère le « plan décisif » formulé par le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, comme une formulation politique et opérationnelle claire de cette approche, et indique que certains éléments de ce plan se manifestent désormais dans les politiques et pratiques officielles sur le terrain.

Sur le plan juridique, le rapport qualifie le régime israélien en Cisjordanie de « régime d’apartheid » qui perpétue le contrôle et l’oppression systématiques des Palestiniens et la suprématie juive par la distribution des droits, de la protection, des ressources et du pouvoir politique.

Il souligne que le droit international interdit le crime d’apartheid et que certaines des actions évoquées dans le rapport peuvent, selon les circonstances, constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Le rapport conclut que, selon B'Tselem, il est impossible de mettre fin à l'oppression systématique des Palestiniens en Cisjordanie par des mesures limitées telles qu'un renforcement de la répression contre les colons, la suppression de certains points de contrôle ou un gel partiel de la colonisation. B'Tselem soutient que de telles mesures ne s'attaquent pas aux structures sous-jacentes qui engendrent la violence, la dépossession et l'oppression.

L'organisation appelle à la fin du système d'apartheid et du contrôle militaire, et non à de simples réformes partielles, et à la garantie de l'égalité des droits individuels, collectifs et politiques pour tous les résidents.

R.N

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