Genève, le 24 juillet 2026, WAFA – Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a averti vendredi qu’il serait contraint de procéder à de nouvelles réductions de son aide humanitaire dans la bande de Gaza, à moins d’obtenir rapidement des financements supplémentaires, alors qu’environ 70 % de la population du territoire dépend de l’aide alimentaire pour répondre à ses besoins essentiels.
Cette alerte intervient quelques jours après la publication d’un rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), qui prévoit que plus des deux tiers des habitants de Gaza pourraient être confrontés à des niveaux sévères de faim d’ici la fin de l’année, en raison notamment de la baisse des flux d’aide humanitaire liée au manque de financements.
Selon ce rapport, la situation de la sécurité alimentaire s’est toutefois légèrement améliorée entre la mi-avril et la fin juin, avec une diminution du nombre de personnes souffrant de faim aiguë, ramené à environ 1,2 million. Mais cette amélioration reste fragile, prévient le rapport, qui prévoit une nouvelle hausse à plus de 1,4 million de personnes, soit près de 67 % de la population de Gaza, d’ici décembre, avec le recul attendu de l’aide humanitaire.
« La majorité de la population de Gaza continue de dépendre de l’aide humanitaire après deux années de guerre, marquées par des déplacements répétés et de sévères restrictions sur l’acheminement des secours », a déclaré le PAM.
Lors d’une intervention par visioconférence depuis Rome, un porte-parole de l’organisation a indiqué que le PAM serait contraint de réduire son assistance destinée aux populations qui en dépendent pour survivre si les financements nécessaires n’étaient pas débloqués. Il a précisé que l’agence avait besoin de plus de 420 millions de dollars pour maintenir ses opérations à Gaza et en Cisjordanie jusqu’à la fin de l’année.
Le PAM a déjà commencé à réduire son aide, a-t-il ajouté. Les allocations en espèces destinées à 75 000 personnes ont été diminuées de 25 % en juillet, tandis que les rations alimentaires fournies à environ 220 000 familles ont été réduites de moitié. L’organisation a averti que des coupes supplémentaires pourraient entrer en vigueur dès octobre si la crise financière persistait.
Le programme a également souligné que l’augmentation des coûts des opérations humanitaires, liée notamment aux conséquences de la guerre en Iran, à la hausse des prix du pétrole et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, avait accentué les pressions financières. Toutefois, il a estimé que la principale cause de la crise actuelle résidait dans la baisse de l’attention des donateurs et le déplacement de leurs priorités vers d’autres crises internationales.
H.A



