Jérusalem, le 7 août 2026, WAFA – Les forces israéliennes se sont retirées vendredi du camp de réfugiés de Qalandia et de la localité de Kafr Aqab, au nord de Jérusalem-Est occupée, mettant fin à une opération militaire de deux jours qui, selon le gouvernorat de Jérusalem, a fait des dizaines de blessés et donné lieu à de nombreuses arrestations, tout en causant d'importants dégâts aux biens publics et privés.
Dans un communiqué, le gouvernorat a indiqué que l'armée israélienne avait mené de vastes opérations de perquisition, de fouilles et d'interrogatoires sur le terrain, transformant plusieurs habitations en postes militaires et centres de détention temporaires. Les forces israéliennes ont également pris le contrôle des locaux du comité populaire et du bureau du gouvernorat à l'intérieur du camp, fermé les principaux axes d'accès et restreint la liberté de mouvement des équipes de presse et des secours.
Selon le gouvernorat, d'importants renforts militaires, accompagnés de véhicules blindés, ont été déployés dans le camp de Qalandia et à Kafr Aqab. Des tireurs d'élite ont été positionnés sur les toits d'immeubles résidentiels, tandis que des grenades assourdissantes, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc ont été utilisées. Plusieurs habitants auraient été violemment agressés et des personnes arrêtées auraient subi des mauvais traitements. Des familles ont également été contraintes d'évacuer leurs logements, transformés ensuite en positions militaires et centres d'interrogatoire.
Le gouvernorat précise que les équipes du Croissant-Rouge palestinien ont pris en charge 51 personnes depuis le début de l'opération : 38 blessés victimes de passages à tabac ont été transférés vers des hôpitaux, six autres ont été soignés sur place pour des blessures similaires, une personne a été touchée par une balle en métal recouverte de caoutchouc et six personnes ont souffert d'inhalation de gaz lacrymogène.
Les autorités palestiniennes rapportent également une vaste campagne d'arrestations et d'interrogatoires. Plus de 60 Palestiniens, parmi lesquels des femmes et des enfants, auraient été arrêtés, détenus ou interrogés depuis le début de l'opération. Le gouvernorat estime que le nombre réel pourrait être plus élevé et affirme que des proches de prisonniers palestiniens et de personnes tuées ont également été ciblés, qualifiant ces mesures de punition collective.
Le communiqué fait état de dégâts importants aux infrastructures et aux propriétés privées. Selon le gouvernorat, les forces israéliennes ont démoli sept commerces à proximité du poste de contrôle militaire de Qalandia, détruit une station de lavage automobile, nivelé la cour d'une habitation, endommagé le contenu de dizaines de logements lors des fouilles et dégradé les façades de plusieurs commerces à l'intérieur du camp. Des familles palestiniennes ont également signalé le vol d'importantes sommes d'argent et de bijoux en or lors des perquisitions.
Le gouvernorat affirme que les événements sur le terrain contredisent les justifications israéliennes présentant l'opération comme une action visant des « infrastructures terroristes ». Selon lui, les opérations se sont principalement concentrées sur le contrôle de la population, l'intimidation des habitants et le renforcement de la présence militaire dans le camp.
Les autorités palestiniennes soulignent par ailleurs l'importance stratégique du camp de Qalandia, situé à l'entrée nord de Jérusalem, où plusieurs projets de colonisation israéliens sont prévus. Elles citent notamment le projet de colonie d'Atarot, qui prévoit entre 7 000 et 9 000 unités de peuplement, ainsi que d'autres projets d'infrastructures, notamment un centre patrimonial, un tribunal militaire, une installation de traitement des déchets et la route coloniale n°45 reliant le nord de Jérusalem aux territoires de 1948. Selon le gouvernorat, le renforcement du contrôle militaire dans cette zone vise à faciliter la mise en œuvre de ces projets.
Le gouvernorat estime que cette opération militaire s'inscrit dans une stratégie plus large visant à remodeler la réalité géographique et démographique du nord de Jérusalem-Est occupée, à renforcer le contrôle israélien sur la ville et à isoler Jérusalem de son environnement palestinien dans le cadre de politiques d'annexion et d'expansion des colonies.
Le communiqué relie également le calendrier de cette opération au contexte politique israélien, marqué par une concurrence accrue entre les partis de droite et par les efforts du gouvernement pour présenter les opérations militaires en Cisjordanie occupée comme des succès sécuritaires susceptibles d'être exploités sur le plan politique intérieur.
Le gouvernorat de Jérusalem considère enfin que les opérations menées à Qalandia et à Kafr Aqab illustrent l'utilisation des moyens militaires au service d'objectifs politiques et coloniaux de long terme, estimant que les camps de réfugiés palestiniens sont directement visés dans le cadre d'une politique destinée à modifier les réalités sur le terrain.
Le gouvernorat appelle la communauté internationale et les Nations unies à assumer leurs responsabilités juridiques et humanitaires, à intervenir pour mettre fin à ces politiques, à demander des comptes à Israël pour les violations commises contre les civils et à garantir une protection internationale au peuple palestinien et à ses institutions à Jérusalem-Est occupée.
H.A



