Ramallah, le 19 août 2026, WAFA- La Commission de résistance au mur et à la colonisation a indiqué que les autorités d’occupation israéliennes avaient émis une nouvelle déclaration portant sur la confiscation d’environ 1 152 dunums de terres appartenant aux habitants de Sinjil, d’Al-Lubban Al-Sharqiya et de Qaryout, désignées comme « propriétés de l’État ». Cette mesure vise à étendre la colonie de « Karmi Oz » et à renforcer la continuité territoriale entre les colonies et les avant-postes coloniaux établis dans la zone située entre le nord du gouvernorat de Ramallah et le sud de celui de Naplouse.
Dans un communiqué publié ce mercredi, la Commission a précisé que cette déclaration, référencée H K/04/26 et datée du 18 août 2026, avait été émise par le responsable israélien des propriétés de l’État en Cisjordanie, en vertu de l’ordonnance militaire n° 59 de 1967. La déclaration accorde aux ayants droit sur les terres un délai de 45 jours pour présenter leurs objections devant la commission militaire chargée des objections, au camp d’Ofer, un mécanisme relevant du système d’occupation et qui n’offre pas aux propriétaires fonciers palestiniens de garanties judiciaires indépendantes.
La Commission a précisé que les terres visées se situent dans le bassin foncier n° 6 des terres de Sinjil, dans le secteur d’Al-Mughayrat, ainsi que dans les bassins fonciers nos 1, 2 et 3 des terres d’Al-Lubban al-Sharqiya, dans les secteurs de Khirbet Ayad, Wadi Ali et Al-Rahawat. Elles se trouvent également dans les bassins fonciers nos 1, 4, 5 et 6 des terres de Qaryout, dans les secteurs d’Al-Baten, Al-Sarara, Al-Marhan, Sahl Ain al-Mira et Haraeq Ain Al-Mira.
De plus, la Commission a souligné que le recours, par les autorités d’occupation, à la désignation de « propriétés de l’État » ne change rien à la nature de la mesure, qui constitue un instrument de confiscation des terres palestiniennes en vue de leur affectation ultérieure au projet colonial. Cette déclaration place les terres sous le contrôle du responsable israélien des propriétés de l’État et ouvre la voie à leur intégration dans les zones de planification et les zones d’influence, ainsi qu’à l’aménagement de routes, à la construction d’infrastructures et à l’affectation de ces terres à l’expansion coloniale.
Selon les données de la Commission de résistance au mur et à la colonisation, les autorités d’occupation ont déclaré, au cours des trois dernières années, plus de 28 000 dunnums de terres appartenant à des habitants comme « terres de l’État ». La majorité de ces terres l’a été en 2024, année marquée par la prise de contrôle de plus de 24 000 dunnums.
Les terres visées se trouvent dans une zone stratégique de part et d’autre de la route 60, entre les colonies de Shilo, à l’est, et de Ma’ale Levona, à l’ouest, ainsi qu’à proximité des avant-postes coloniaux de Giv’at Harel et Giv’at Haro’eh. La carte jointe à la déclaration montre que le périmètre ciblé a été délimité de manière à relier ces différents sites coloniaux entre eux et à étendre l’emprise coloniale sur les collines et les terres agricoles environnant Sinjil, Al-Lubban al-Sharqiya et Qaryout.
La Commission a également ajouté que la colonie de « Karmi Oz » est le nouveau nom donné par les autorités d’occupation à l’avant-poste colonial de « Giv’at Harel », établi en 1998. Ce changement s’inscrit dans le cadre de sa transformation, d’un avant-poste implanté sans plan d’aménagement, en une colonie autonome dotée de frontières, d’une zone d’influence ainsi que de mécanismes de planification et d’expansion. En mai 2026, le prétendu « Conseil des colonies de Binyamin » avait annoncé le changement de nom de l’avant-poste en « Karmi Oz », dans une démarche visant à consolider son statut de colonie autonome.
N.S



