Genève, le 23 août 2026, WAFA- Médecins sans frontières (MSF) a condamné la décision des autorités israéliennes de clore, sans ouvrir d’enquête pénale, deux dossiers soumis par l’organisation concernant des attaques ayant fait plusieurs morts et blessés parmi ses employés et leurs proches dans la bande de Gaza.
Le premier dossier concerne plusieurs attaques contre un convoi de MSF dans la ville de Gaza en novembre 2023, qui ont fait deux morts. Le second porte sur une frappe ayant visé un refuge de l’organisation à Khan Younis, en février 2024, tuant deux personnes et en blessant six autres.
Dans un communiqué, MSF a indiqué que cette décision n’était pas surprenante, puisqu’elle intervient près de deux ans après le dépôt de ses demandes. L’organisation avait également saisi la Cour suprême israélienne pour contester l’absence de réponse du procureur militaire à ses requêtes officielles.
MSF a qualifié la décision d’« injuste » et d’« inacceptable », critiquant la clôture des deux dossiers après près de deux années de silence. L’organisation estime qu’un système dans lequel une institution militaire enquête elle-même sur les actes de ses forces ne peut garantir une véritable reddition de comptes.
L’organisation affirme que plusieurs de ses employés ainsi que des membres de leurs familles ont été tués par les forces israéliennes, alors que les autorités avaient été informées de leur présence et que les véhicules concernés portaient clairement l’emblème de MSF. Malgré cela, selon l’organisation, aucune enquête pénale n’a été engagée.
MSF estime que cette décision confirme l’absence de perspective de justice au sein du système juridique israélien concernant la mort de ses employés. Elle réclame que les dossiers soient examinés par un mécanisme d’enquête indépendant, impartial et véritablement autonome.
Selon les chiffres cités par MSF, 15 de ses employés ont été tués par les forces israéliennes à Gaza depuis octobre 2023, tandis qu’environ 1 700 professionnels de santé ont également été tués dans l’enclave.
L’organisation a réaffirmé qu’aucune considération militaire ne pouvait justifier des pertes massives parmi les civils et qu’une procédure interne menée par l’armée ne pouvait se substituer à une enquête indépendante. MSF affirme enfin qu’elle continuera à demander que la mort de ses employés ne soit pas considérée comme une simple conséquence inévitable des opérations militaires.
H.A



