Tel-Aviv, le 20 septembre 2026, WAFA- Le président israélien Isaac Herzog a décidé d’effacer le casier judiciaire de l’ancien soldat Elor Azaria, condamné pour avoir tué en 2016 le Palestinien Abdel Fattah Al-Sharif, alors blessé et allongé au sol à Hébron, a rapporté dimanche la chaîne publique israélienne Kan.
La décision fait suite à une demande formulée en juillet dernier par le ministre israélien de la Défense, Israël Katz. Elle intervient alors que l’armée israélienne avait reconnu qu’Azaria n’avait pas exprimé de remords ni assumé la responsabilité de son acte.
Selon Kan, Herzog a justifié sa décision par le temps écoulé depuis les faits, l’achèvement par Azaria de sa peine et son souhait de lui permettre de « tourner la page et de commencer une nouvelle vie ».
Le bureau du président israélien n’a toutefois pas fait état, dans son communiqué cité par Kan, de considérations similaires concernant le droit de la famille d’Al-Sharif à obtenir justice. Le communiqué a notamment mis en avant les épreuves traversées par la famille d’Azaria depuis le début de l’affaire, tout en précisant que la décision ne visait pas à « saper ou remettre en cause les procédures judiciaires » engagées dans ce dossier.
Les faits remontent au 24 mars 2016, lorsqu’Azaria, alors membre de l’armée israélienne, avait tiré sur Abdel Fattah Al-Sharif à Tel Rumeida, à Hébron, alors que ce dernier était blessé et se trouvait au sol. Le Palestinien avait succombé à ses blessures.
En janvier 2017, un tribunal militaire israélien avait reconnu Azaria coupable d’homicide involontaire et l’avait condamné à 18 mois de prison. Le chef d’état-major de l’armée israélienne de l’époque, Gadi Eizenkot, avait ensuite réduit sa peine de quatre mois.
Azaria avait été libéré en mai 2018 après avoir purgé environ neuf mois de détention, à la suite d’une décision de libération anticipée.
L’affaire avait suscité de vives divisions en Israël, entre responsables militaires ayant défendu les poursuites engagées contre le soldat et des responsables politiques ainsi que des personnalités publiques ayant appelé à sa grâce.
La décision d’effacer aujourd’hui son casier judiciaire, alors que son absence de remords avait été relevée par l’armée, relance le débat sur le traitement réservé en Israël aux affaires impliquant la mort de Palestiniens, notamment sur l’écart entre la condamnation prononcée par la justice militaire et les mesures ultérieures permettant d’effacer les conséquences de cette condamnation.
H.A



