Accueil Occupation 04/October/2026 12:24 PM

À Khan Younès, le pain devient un parcours difficile pour les déplacés face à la flambée des prix

Gaza, le 4 octobre 2026, WAFA — Dans la zone de Mawasi, au sud de la bande de Gaza, les déplacés affrontent quotidiennement de grandes difficultés pour se procurer du pain, sur fond de pénurie de gaz de cuisson et de forte hausse du prix du bois de chauffage.

Dès les premières heures de la journée, des dizaines de personnes se pressent devant les points de vente et de distribution, où elles patientent pendant des heures pour obtenir une simple ration de pain. Pour de nombreuses familles, une seule ration suffit à peine à couvrir les besoins d’une journée.

La pénurie de gaz et le coût élevé du bois ont rendu la préparation du pain à domicile particulièrement difficile. Pour les familles déplacées, acheter du pain déjà préparé apparaît souvent comme la solution la moins coûteuse, malgré les longues files d’attente et la hausse des prix pratiqués par certains vendeurs.

« Je dois me rendre chaque matin aux points de distribution et attendre pendant des heures pour obtenir une ration de pain pour ma famille », témoigne à WAFA Mohamed Inchassi, 48 ans, qui subvient aux besoins d’un foyer de neuf personnes.

Selon lui, une bouteille de gaz de huit kilogrammes, fournie par son distributeur une fois tous les trois mois au prix de 75 shekels, ne suffit pas à sa famille pour plus de deux semaines. Une fois épuisée, il doit se tourner vers le marché parallèle, où le kilogramme de gaz peut atteindre 85 shekels, ou chercher d’autres solutions.

« Je fais donc chaque jour la queue pour acheter une ration de pain à trois shekels. Si le pain est épuisé avant mon tour, je dois l’acheter auprès de vendeurs ambulants dans les ruelles des camps, à six shekels, voire huit shekels », explique-t-il.

Pour Abou Mohammad al-Astal, 51 ans, qui a six personnes à charge, acheter du pain est également devenu préférable à sa préparation sous la tente. Le kilogramme de bois de chauffage coûte environ 10 shekels, une dépense qu’il ne peut assumer quotidiennement.

« Je ne peux plus faire cuire le pain sous ma tente à cause du prix du bois. Je suis donc contraint de faire la queue chaque jour pour obtenir une ration qui puisse suffire à ma famille », dit-il.

Dans la file d’attente, Hassan al-Ghalban, 50 ans et père de huit enfants, s’interroge sur la durée de cette situation. « Chaque jour, nous vivons les mêmes difficultés et nous devons attendre des heures pour obtenir une seule ration de pain », témoigne-t-il.

Selon lui, la hausse du prix du bois et du gaz réduit considérablement les possibilités des familles déplacées. « Nous ne pouvons pas acheter du bois parce qu’il est trop cher, ni du gaz à des prix aussi élevés. Nous achetons donc du pain déjà préparé, car cela reste moins coûteux que d’acheter le gaz ou le bois nécessaires pour le préparer sous nos tentes », explique-t-il.

Pour Abou Hamoud Shaath, 47 ans, la pénurie alimentaire a également transformé le stockage de farine en mesure de précaution. Craignant une nouvelle interruption de l’approvisionnement en farine et en denrées alimentaires, il avait constitué des réserves pour sa famille. Mais une partie de la farine a finalement été jetée après s’être détériorée et être devenue impropre à la consommation.

Il affirme également que les prix des légumes ont fortement augmenté, alors qu’il ne dispose pas d’un revenu stable lui permettant de couvrir les besoins de sa famille.

Shaath dit voir quotidiennement entrer dans la bande de Gaza des camions chargés de marchandises, sans constater, selon lui, d’amélioration tangible de la situation des habitants sur les marchés ou de leur capacité à acheter les produits essentiels.

Il ajoute que l’aide distribuée auparavant aux déplacés dans la zone de Mawasi Khan Younès est devenue beaucoup moins accessible. Il affirme n’avoir reçu aucun colis d’aide depuis plus de trois mois.

Dans cette partie du sud de Gaza, le pain, produit de première nécessité, est ainsi devenu pour de nombreuses familles déplacées le symbole d’un quotidien marqué par les pénuries, la hausse des prix et la difficulté croissante à assurer les besoins alimentaires les plus élémentaires.

H.A

Nouvelles connexes

Lire la suite