Gaza, le 9 octobre 2026, WAFA – Plus de 100 organisations humanitaires et de défense des droits humains ont affirmé vendredi que le cessez-le-feu dans la bande de Gaza « n’existe que sur le papier », dénonçant la poursuite des attaques israéliennes ainsi que les restrictions entravant l’acheminement de l’aide humanitaire et la reconstruction, un an après l’accord.
Dans une déclaration commune, les organisations ont indiqué que les attaques, les tirs et les opérations militaires israéliennes avaient fait plus de 1 400 morts palestiniens au cours de l’année écoulée, dont au moins 324 enfants.
« Un cessez-le-feu n’a aucun sens si des enfants continuent d’être tués et si des familles restent incapables de reconstruire leur vie », a déclaré Inger Ashing, directrice générale de l’organisation Save the Children.
« Depuis l’annonce du cessez-le-feu, près d’un enfant est tué chaque jour », a-t-elle ajouté.
Selon le communiqué, les forces israéliennes ont déplacé la ligne dite « jaune » plus profondément à l’intérieur de la bande de Gaza, au-delà de la ligne de retrait prévue par l’accord, confinant ainsi les Palestiniens dans un territoire de plus en plus restreint et densément peuplé.
Près de deux millions de personnes ont toujours besoin d’un abri, tandis que plus de 80 % des infrastructures de Gaza ont été endommagées, selon les organisations signataires.
À l’approche de l’hiver, les familles sont confrontées à des conditions de logement particulièrement précaires, contraintes de choisir entre des bâtiments endommagés et insalubres et des tentes exposées au froid, au vent et aux inondations.
En septembre, l’effondrement d’un immeuble endommagé dans la bande de Gaza a fait 21 morts, dont 12 enfants, selon la déclaration commune.
Les restrictions israéliennes sur l’entrée des équipements et des matériaux de construction continuent également d’entraver les efforts de reconstruction, a averti Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés.
La situation du système de santé demeure particulièrement préoccupante. Aucun des 36 hôpitaux de Gaza ne fonctionne à pleine capacité, tandis que les pénuries de médicaments, de matériel médical et de carburant restent critiques, indique le communiqué.
Plus de 18 500 patients, dont au moins 4 000 enfants, ont besoin d’une évacuation sanitaire. Selon les organisations, plus de 1 000 personnes sont mortes en attendant de pouvoir être prises en charge à l’extérieur du territoire.
Sur le plan alimentaire, 1,4 million de personnes sont menacées de famine ou risquent de connaître une situation encore plus grave d’ici à la fin de l’année, ajoutent les signataires.
Face à cette situation, les organisations ont appelé les gouvernements à agir pour mettre fin aux morts de civils, garantir un accès humanitaire sans entrave et soutenir la reconstruction de Gaza, tout en veillant à ce que les responsables des violations rendent des comptes.
« On ne peut pas enterrer la responsabilité sous les décombres », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
Les organisations estiment que la poursuite des violences et les obstacles à l’aide humanitaire compromettent les perspectives de rétablissement de conditions de vie dignes pour la population palestinienne de Gaza, malgré l’accord de cessez-le-feu.
H.A



