Le Caire, le 13 octobre, 2026, WAFA- Les travaux de la session extraordinaire du Conseil de la Ligue arabe au niveau des représentants permanents ont débuté ce mardi, sous la présidence de la Tunisie (présidente de la 165e session). Cette réunion s'est tenue à la demande de l'État de Palestine et avec le soutien des États membres, en présence de l'ambassadeur Fayed Mustafa, Secrétaire général adjoint chargé de la Palestine et des territoires arabes occupés, et de l'ambassadeur Sherif Kamel, Secrétaire général adjoint et chef du cabinet du Secrétaire général.
La délégation de l'État de Palestine était conduite par son représentant auprès de la Ligue arabe, l'ambassadeur Mohannad Al-Aklouk, accompagné du premier conseiller Tamer Al-Tayeb, des troisièmes secrétaires Maher Masoud et Ola Amer, ainsi que du secrétaire Alaa Al-Sharbati.
Cette réunion vise à examiner les mécanismes permettant d'assurer une protection internationale au peuple palestinien et de garantir le respect du droit international, ainsi que des résolutions internationales relatives au statut juridique de la ville de Jérusalem. Elle intervient dans un contexte marqué par l'escalade des agressions perpétrées par les forces d'occupation et les bandes de colons armés contre le peuple palestinien et ses biens, ainsi que par les violations visant Jérusalem et son statut juridique international, notamment l'ouverture d'ambassades dans la ville par certains États.
L'ambassadeur Mustafa a déclaré que la situation que traverse aujourd'hui le peuple palestinien ne saurait être considérée comme une série d'incidents sporadiques ou de dépassements isolés. Il s'agit, au contraire, d'une politique systématique ciblant l'individu palestinien, sa terre et son existence ; une politique visant à déplacer les communautés palestiniennes, à étendre la colonisation, à modifier la réalité démographique et géographique du territoire palestinien occupé, à compromettre les chances de parvenir à une solution à deux États et à anéantir les fondements sur lesquels pourrait reposer une paix juste et durable dans la région. Dans son allocution, le Secrétaire général adjoint a ajouté que les agressions perpétrées par des colons armés, sous la protection et avec le soutien direct des autorités d'occupation, constituent une violation grave des droits du peuple palestinien. Elles révèlent une imbrication manifeste entre les agissements des colons et les politiques du gouvernement israélien, rendant impératif que la communauté internationale assume ses responsabilités et ne tolère pas la poursuite de telles pratiques en l'absence de toute reddition de comptes. Il a souligné qu'il est impossible d'évoquer une volonté de paix, alors que se poursuivent l'accaparement des terres et l'expansion de la colonisation, et que les Palestiniens sont contraints de quitter leurs foyers et leurs terres ; la paix ne saurait se bâtir sur l'imposition du fait accompli ni se réaliser par la négation des droits, pas plus qu'elle ne peut servir de paravent à la perpétuation de l'occupation ou de moyen pour liquider la cause palestinienne.
Mustafa a insisté sur la nécessité de mettre fin à ces souffrances, de garantir l'acheminement sans entrave de l'aide humanitaire et des secours, d'assurer la protection des civils et de rejeter toute tentative de déplacement forcé des habitants de la Bande de Gaza ou d'amputation de son territoire. Il a réaffirmé que la Bande de Gaza fait partie intégrante du territoire palestinien occupé et que son avenir est indissociable de l'unité du territoire et du peuple palestiniens, ainsi que de l'objectif national consistant à mettre fin à l'occupation et à concrétiser un État palestinien indépendant et souverain, fondé sur les frontières de 1967, et sa capitale Jérusalem-Est. Il a déclaré que la ville de Jérusalem se trouve au cœur de ces défis et que toute mesure visant à modifier le statut de la ville ou à porter atteinte à sa situation juridique — y compris l'ouverture d'ambassades par certains États en son sein — constitue une évolution extrêmement grave. Ces actes exigent une position arabe claire et ferme, réaffirmant la nécessité de respecter le droit international et les résolutions pertinentes de la légitimité internationale, ainsi que de s'abstenir de toute mesure susceptible de consacrer une réalité contraire à ces résolutions ou de porter atteinte aux droits nationaux légitimes du peuple palestinien.
Il a ajouté que notre responsabilité arabe commune nous impose d'être à la hauteur de la situation et de traduire nos positions constantes en une action politique et diplomatique coordonnée. Cette action doit transmettre un message clair et sans équivoque : les droits du peuple palestinien ne sont pas négociables, la colonisation et les déplacements forcés ne mèneront pas à la paix, et Jérusalem demeurera au cœur de tout effort sérieux visant à instaurer une paix juste et durable.
De son côté, l'ambassadeur Al-Aklouk a appelé la communauté internationale — y compris l'Organisation des Nations Unies et le Conseil de sécurité — à assurer une protection internationale au peuple palestinien, conformément au droit international, aux résolutions de l'ONU, aux avis consultatifs de la Cour internationale de Justice et à la Quatrième Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre et sous occupation.
L'ambassadeur Al-Aklouk, a également appelé les États arabes à mettre en œuvre les décisions des sommets arabes concernant les pays transférant leurs ambassades à Jérusalem. Les États arabes ont en effet affirmé leur détermination à prendre des mesures dissuasives — politiques, diplomatiques, économiques et juridiques — pour endiguer cette contagion néfaste et contraire au droit international. Il a souligné que nous poursuivrons notre action aux côtés des peuples et des nations épris de paix et attachés au droit international, afin de mettre fin à l'occupation israélienne, d'en effacer les conséquences et de mettre un terme à l'injustice subie par notre peuple ; nous déploierons tous nos efforts, pour poursuivre Israël pour la longue liste de crimes qu'il a commis à l'encontre de notre peuple. Il a évoqué le génocide en cours dans la bande de Gaza et l'agression incessante contre la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem, soulignant la nécessité pour la communauté internationale d'assumer ses responsabilités face à la situation.
Il a également abordé l'escalade de la violence terroriste des colons à l'encontre des cueilleurs d'olives dans les différents gouvernorats de Cisjordanie, ainsi que le vol des récoltes sous la protection des forces d'occupation, sans oublier l'incendie et la destruction d'arbres, ainsi que le nivellement de terres.
K.R



