Accueil Rapports et Enquêtes 24/January/2020 09:05 PM

L‘Holocauste juif et la Nakba palestinienne

Ecrit par: Dr. Khalil Nazzal, représentant du Fatah en Pologne

Traduit par Fatima Nasser

Ramallah, le 24 janvier 2020, WAFA- Le soixante-quinzième anniversaire de la libération du camp de concentration nazi "Auschwitz" que les occupants allemands ont installé en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale approche. Le camp a été libéré le 27-1-1945 aux mains des forces soviétiques, qui poursuivaient les armées en retraite d‘Hitler vers leur destin inévitable.

Le monde a été consterné par les crimes horribles commis contre des milliers de citoyens européens dans ce grand camp, principalement des Juifs de diverses nationalités. Cela s‘est produit dans le contexte d‘une politique nazie systématique qui visait à exterminer les Juifs en utilisant une variété de méthodes hideuses, y compris l‘utilisation de gaz toxiques comme méthode efficace de massacre.

On ne peut trouver aucune infime justification pour atténuer l‘impact des crimes auxquels les peuples d‘Europe et du monde ont été soumis pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces crimes visaient en particulier les Juifs, mais n’excluaient personne. Par conséquent, lancer des bombes atomiques sur le Japon est un crime, la destruction de Varsovie et le meurtre de centaines de milliers de ses habitants pendant le soulèvement de Varsovie en 1944 est un crime, et le viol de milliers de femmes allemandes par des soldats des armées envahissant Berlin est un crime.

Nous rejetons tous ces crimes, et nous rejetons le crime de persécuter les Juifs simplement parce qu‘ils sont juifs, et la première raison pour laquelle nous le faisons est que c‘est un crime contre l‘humanité. Nous ne pouvons tout simplement pas tolérer la persécution et le meurtre de personnes innocentes en raison de leur religion, de leur identité nationale ou de la couleur de leur peau. Nous avons appris que les êtres humains naissent libres, dont le droit à la vie ne peut être violé, ni que leur dignité ne peut être compromise sous aucun prétexte.

Les comptes varient en ce qui concerne le nombre de victimes juives qui ont été tuées à la suite des crimes nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que certains historiens disent que le nombre atteint est de six millions, d‘autres le réduisent à des centaines de milliers.

Malgré notre conviction que le meurtre illégal d‘un seul être humain équivaut à l‘anéantissement de l‘humanité, il semble que le débat sur le nombre de victimes de l‘Holocauste n‘a rien à voir avec la logique et la moralité.

Dans ce contexte, nous devons souligner les problèmes suivants:

Premièrement, l‘État colonial colonisateur sioniste d‘Israël n‘est pas nait de la douleur et de la souffrance du peuple juif. C‘est un État fondé sur une idéologie raciste qui méprise la vie humaine et pratique la discrimination raciale contre notre peuple palestinien sans autre raison que d‘être palestiniens. Cette idéologie est à l‘origine de la grande catastrophe palestinienne, la Nakba de 1948, un crime dont les conséquences continuent de peser sur notre peuple. De cette façon, l‘idéologie qui a conduit à la Nakba s‘aligne pratiquement avec l‘idéologie qui a conduit à l‘Holocauste, et les pensées des tyrans sont identiques et intemporelles, tandis que les douleurs des victimes sont similaires, que ce soit à Auschwitz ou à Deir Yassin.

Deuxièmement, nous savons que le régime occidental officiel qui fraude l‘histoire a cherché à profiter des souffrances du peuple juif en faveur du projet raciste sioniste, établi par l‘Occident colonial comme une tentative d‘expiation du crime de l‘Holocauste. Pourtant, l‘Occident a ajouté à son dossier un nouveau crime, la Nakba de 1948, qui a vu le vol de la Palestine historique et la remettre au mouvement terroriste sioniste comme un cadeau. Alors que le massacre atroce contre les Juifs en Europe a duré six ans, la Nakba et les crimes sionistes contre la Palestine et son peuple sont en place depuis des décennies.

De plus, les dirigeants occidentaux sont honteusement silencieux en ce qui concerne la Palestine alors que nous les voyons affluer en tant qu‘étudiants lorsque le gouvernement colonial israélien les appelle à participer à la commémoration des victimes de la Seconde Guerre mondiale, sans prendre la peine de regarder un peu au-dessus de la barrière de ségrégation israélienne pour voir les victimes des crimes israéliens en cours. Ces crimes se poursuivent depuis que l‘Occident a implanté cette entité qui ne professe que le meurtre, le terrorisme, la discrimination raciale et le nettoyage ethnique quotidien.

Troisièmement, quel que soit le nombre de victimes juives, cela ne donne à personne le droit de pratiquer la discrimination raciale et la persécution ethnique contre notre peuple, car un crime n‘en justifie pas un autre, et la tendance à exagérer le nombre de victimes juives ne peut pas être une couverture pour les crimes quotidiens d‘Israël contre le peuple autochtone de Palestine.

Cette exagération a été une tentative de qualifier d ’« antisémites »tous ceux qui ont le courage de rejeter les politiques d’occupation et d’être solidaires de la juste lutte de notre peuple. Tout comme le courage et la justice dans la Seconde Guerre mondiale signifient sauver les Juifs de la menace de génocide, cela signifie aujourd‘hui se tenir du côté du droit palestinienne et rejeter les crimes commis par l‘armée d‘occupation israélienne et les colons contre le peuple palestinien. Les vrais «antisémites» et «anti-humains» sont ceux qui soutiennent les politiques et les crimes de la puissance occupante.

Quatrièmement, le nombre de victimes de l‘Holocauste ne peut être réduit sans se référer à des études et des recherches qui ne cherchent que la vérité. Il convient de noter ici que ceux qui pratiquent le loisir de réduire les nombres tomberont certainement dans le piège du sionisme. Autrement dit, ils pensent que le "petit" nombre de victimes affaiblit la propagande israélienne qui utilise l‘intimidation pour faire chanter le monde et l‘obliger à accepter les politiques racistes de l‘occupation. "L‘exagération" ne justifie pas les crimes de l‘occupation, car la "sous-estimation" n‘embellit pas la laideur des crimes commis contre les Juifs d‘Europe!

Cinquièmement, notre peuple n‘était pas parti à la Seconde Guerre mondiale, alors pourquoi est-il responsable des conséquences des crimes perpétrés par l‘Europe contre ses citoyens de différentes ethnies et religions, en particulier les Juifs? Tout le monde sait que pendant cette guerre, la Palestine a été soumise à l‘occupation britannique qui cherchait à établir un État pour les Juifs du monde aux dépens de notre peuple et aux ruines de notre patrie. Les efforts de notre peuple à cette époque étaient axés sur la résistance au projet sioniste et se limitaient aux frontières historiques de la Palestine, bien que notre peuple ait été du côté de tous les opprimés où qu‘ils se trouvent.

Les Juifs ont le plein droit de fuir les douleurs que les crimes nazis ont laissées dans leur mémoire, et parce que nous sommes victimes du racisme sioniste, nous privilégions sans hésitation les souffrances des victimes, des Juifs et autres, nous refusons que ces douleurs soient une justification de l‘injustice historique persistante qui affecte notre peuple à ce jour. Nous sommes du côté des victimes, mais l‘état d‘occupation et des colonies est une plante maligne qui empoisonne nos vies et enduit la mémoire des victimes d‘Auschwitz de la stigmatisation du racisme, de la persécution et du meurtre du peuple innocent de Palestine.

F.N

 

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