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Accueil Rapports et Enquêtes 03/October/2022 01:04 PM

Catastrophe environnementale alarmante dans un village palestinien à cause des eaux usées des colonies israéliennes

Catastrophe environnementale alarmante dans un village palestinien à cause des eaux usées des colonies israéliennes

Salfit, le 3 octobre 2022, WAFA- Israël inonde délibérément les terres agricoles de la ville de Deir Ballut, à l'ouest de la ville de Salfit en Cisjordanie occupée, avec les eaux usées qui s'écoulent des colonies illégales situées en hauteur sur les montagnes, en particulier pendant la saison des olives, ce qui est de mauvais augure sur les ressources naturelles dans cette région, et dans d'autres zones, ciblées par l’occupation israéliennes.

Israël continue de mettre en œuvre ses plans coloniaux en Cisjordanie, afin de rendre les colonies et ses colons un fait accompli irréversible, et ce n'est pas la première fois que l'occupation fait ça. Au cours des dix dernières années, les vallées de Deir Ballut ont été constamment inondées d'eaux usées, et le problème a été exacerbé par l'expansion des colonies et l'augmentation du nombre de colons dans le gouvernorat.

Le problème des eaux usées suscite la peur des citoyens Palestiniens étant donné qu’elles polluent les sols, et transportent des insectes nuisibles, sans compter les odeurs désagréables qui envahissent les lieux.

Sameer Nimer, maire de Deir Ballut, a dit à WAFA que la ville a perdu de nombreux oliviers fructueux à cause des eaux usées. La ville est célèbre pour son abondance d'agriculture et le grand intérêt des gens pour la terre. Cependant, l'expansion des colonies sur les montagnes au détriment des terres des habitants de Deir Ballut affecte directement le secteur agricole.

Il a ajouté que le problème est aggravé sur les côtés nord et sud de la ville, parce que la zone là-bas, connue sous le nom de « Wadi Jubran » / « Wadi Rafat », est entièrement plantée d'oliviers, et les eaux usées s'y infiltrent depuis les colonies illégales de « Leshem » et « Baduil », jusqu'à ce qu'il parcoure toute la longueur du village, soit 5 km, c'est-à-dire jusqu'à la fin de son territoire.

Nimer a souligné que cette vallée est une route très ancienne et unique pour les agriculteurs, qui leur permettait autrefois d'accéder facilement à leurs terres, mais aujourd'hui, l'agriculteur traverse difficilement à travers cette route, car les eaux usées accompagnées d'immondices font de l'endroit un refuge pour les sangliers, les serpents et les insectes nuisibles qui apportent des maladies aux humains, aux arbres et aux pierres.

L'agriculteur Ismail Abdullah (52 ans), a raconté à WAFA : « La fuite quotidienne d'énormes quantités d'eaux usées dans la région de « Ziyaq », à l'est de Deir Ballut, qui provient de la colonie industrielle de Burkan, a détruit la vie dans le lieu, et a affecté les gens, tout l'environnement de la région ».

Abdullah a poursuivi que le flux des eaux usées des colonies est devenu un danger majeur pour les humains à Deir Ballut, par la pollution et l'empoisonnement des sols, et cela se répercute automatiquement sur les eaux souterraines, notant que les eaux usées se sont approchées de la ligne de l'immense puits artésien situé du côté sud de la ville, qui alimente toute la zone en eau potable.

Il a indiqué que des centaines de grands oliviers fructueux sont morts à cause de cette eau, et la région a été transformée en forêts de mauvaises herbes, un terrain fertile pour les sangliers et un marécage de mouches et de maladies qui nous empêchent d'atteindre nos terres.

Le fermier Abdullah se rend compte que si la terre reste inondée dans les eaux usées, les fermiers perdront leur terre. Par conséquent, ils ont perdu la source de revenus la plus importante pour eux et leurs enfants, appelant les institutions officielles et internationales à rechercher des efforts vigoureux pour mettre fin à ce grand problème qui menace la ville de Deir Ballut et ses environs, et à accélérer la fin de ce crime contre la terre et les gens.

Pour sa part, le directeur du bureau de l'Autorité de l'environnement à Salfit, Marwan Abu Yaqoub, a indiqué que le flux d'eaux usées pompées dans les vallées palestiniennes constitue une violation flagrante du droit palestinien à ses ressources, et l'une des violations environnementales claires dans le gouvernorat de Salfit, qui augmente délibérément et significativement pendant la saison de récolte des olives, afin de créer des difficultés chez les agriculteurs dans la cueillette des récoltes, et pour les éloigner de leurs terres et les priver de la saison.

Il a expliqué que cette eau contient beaucoup de produits chimiques ménagers qui sont mélangés aux eaux usées, soulignant son grand impact sur les plantes et les oliviers, ce qui entraîne leur mort d'une part, et d'autre part, l’infestation des insectes, en particulier les moustiques, la leishmaniose et le tigre asiatique, et les piqûres qu'ils provoquent affectent la santé humaine.

Il a expliqué que les colons poursuivent toujours les agriculteurs, en les agressant et volant leurs récoltes et leur matériel agricole utilisé pour la saison d’olive en plus de l’expulsion de leurs terres par les forces d’occupation sous des prétextes sécuritaires.

Il a poursuivi que le problème ne se limite pas à la seule ville de Deir Ballut, car les terres des villes de Kafr Ad-Dik, Qarawa Bani Hassan, Bruqin, Kifl Haris et Wadi Al-Matwi à Salfit souffrent également du fléau de les eaux usées, et ce qui a aggravé la situation, c'est l'établissement d'usines industrielles sur les terres du gouvernorat, comme la colonie industrielle de Burkan, qui est considérée comme la plus grande zone industrielle de Cisjordanie et contient plus de 80 usines, les déchets sont enfouis dans les terres agricoles et le jet des déchets des colonies dans les terres agricoles palestiniennes.

Pour sa part, le directeur de la Société hydrologique palestinienne, Abdel-Rahman Al-Tamimi, a confirmé à WAFA que certaines grandes colonies, notamment celles construites sur les terres du gouvernorat de Salfit, ne disposent pas de station d'épuration des eaux usées, elles vont donc aux vallées et s'infiltrent ensuite dans les nappes phréatiques, ou restent à la surface des terres et détruisent ainsi toutes les composantes de l'environnement.

885 attaques commises par les forces d’occupation et des colons en septembre dernier :

Le chef de la Commission de la résistance contre le mur et la colonisation, Muayad Shaaban, a déclaré que le nombre total d'attaques menées par les forces d'occupation et des colons a atteint 885 pendant le mois dernier de septembre.

Les attaques sont : Destruction et rasage de terres, abattage d'arbres, appropriation de biens, bouclages, installations des postes de contrôle, et blessures. 179 attaques ont été effectuées dans les gouvernorats de Ramallah et d'Al-Bireh, 122 à Hébron, 122 à Bethléem, et 121 dans le gouvernorat de Naplouse.

Il a mentionné qu'en septembre, les autorités d'occupation ont approuvé deux nouveaux plans coloniaux dans le but de s'étendre dans les colonies existantes (selon l’allégation de l'occupation), et (8) de nouveaux plans coloniaux ont été soumis pour approbation ultérieure aux mêmes fins.

Il a ajouté que les autorités d'occupation ont émis 50 notifications au cours de la même période, allant de 29 avis de démolition, 6 arrêts de construction ou 15 avis d'expulsion sous prétexte de non-autorisation, dont la plupart étaient concentrés dans les gouvernorats de Tubas (20 avis) et Jérusalem (16 notifications).

Il a souligné que les forces d'occupation ont démoli un total de 45 installations et sources de revenus, y compris 11 démolitions à Salfit à, 8 à Jérusalem et 8 à Bethléem.

Il a poursuivi que le nombre d'attaques menées par des colons au cours de la période couverte par le rapport s'élève à un total de 96 attaques, allant d'attaques directes contre des citoyens, de déracinement d'arbres, de dévastation de biens et de diverses confiscations.

H.A

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