Ramallah, le 26 janvier 2026, WAFA – Un récent rapport du centre israélien d’information sur les droits humains « B’Tselem », publié en janvier 2026 sous le titre « L’enfer sur Terre », révèle que les prisons et centres de détention israéliens sont devenus de véritables camps de torture systématiques pour les prisonniers palestiniens, dans le cadre d’une politique officielle basée sur la maltraitance physique et psychologique, la privation de nourriture, le refus de soins médicaux et l’isolement complet du monde extérieur.
Selon le rapport, 84 prisonniers palestiniens ont été martyrisés dans les prisons et centres de détention israéliens depuis le début de l’agression jusqu’à fin décembre 2025, dont un mineur. D’autres organisations de défense des droits humains évoquent au moins 94 martyrs, auxquels s’ajoutent six victimes décédées lors des interrogatoires du service de sécurité israélien (Shabak). Israël détient toujours les dépouilles de 80 de ces martyrs.
Les données de l’administration pénitentiaire israélienne jusqu’à fin septembre 2025 indiquent que 10 863 Palestiniens étaient détenus, dont 7 425 de Cisjordanie et Jérusalem, 2 931 de la bande de Gaza et 507 des territoires de 1948, comprenant 350 enfants et 48 femmes. Parmi eux, 3 521 sont en détention administrative sans inculpation ni procès, 2 623 de Gaza sont classés comme « combattants illégaux », 3 227 font l’objet de procédures en cours et 1 492 sont condamnés.
Le rapport de B’Tselem détaille l’usage systématique de la torture : coups violents, électrocution, utilisation de chiens, grenades lacrymogènes et assourdissantes, humiliation intentionnelle, suspension dans des positions douloureuses, isolement, nudité forcée, agressions sexuelles, y compris des violences sur les organes génitaux et des viols avec objets.
Un « pattern » de violence sexuelle, des mutilations, des pertes de vue ou d’audition et des hémorragies internes liées à la torture ou à la négligence médicale sont également documentés. Le refus de soins médicaux constitue lui-même une forme de torture : les autopsies révèlent que 6 décès sur 10 sont directement liés à la négligence médicale délibérée, tandis que des maladies graves comme la gale restent non traitées.
Les conditions de vie sont qualifiées d’inhumaines : surpopulation, sommeil à même le sol sans couverture, immobilisation prolongée, interdiction de se laver et de changer de vêtements, pénurie d’eau potable et nourriture insuffisante et de mauvaise qualité.
Le rapport met particulièrement en lumière le bloc « Rakefet » de la prison d’Ayalon (Ramla), entièrement souterrain, privé de lumière naturelle, utilisé comme symbole de la politique de torture et d’humiliation, réouvert par ordre du ministre de la Sécurité nationale extrémiste Itamar Ben-Gvir.
Depuis octobre 2023, les visites familiales, du Comité international de la Croix-Rouge et des avocats ont été interdites, avec des restrictions sévères sur les rencontres légales, dans le but d’isoler complètement les prisonniers et d’empêcher la documentation des crimes commis contre eux.
B’Tselem conclut que ces pratiques ne sont pas des abus isolés mais une politique officielle soutenue politiquement, judiciairement et médiatiquement, et appelle la communauté internationale à agir immédiatement pour tenir Israël responsable et mettre fin aux crimes de torture et aux traitements inhumains infligés aux prisonniers palestiniens.
H.A



