Gaza, le 30 janvier 2026, WAFA – La pénurie persistante de médicaments essentiels dans la bande de Gaza met en danger la vie de milliers de patients atteints de maladies chroniques, dans un contexte de restrictions imposées à l’entrée de traitements médicaux.
Le cas de Moataz Aziz, 44 ans, atteint de myasthénie (maladie chronique entraînant une dégénérescence musculaire), illustre cette situation. Il a passé neuf heures à chercher un médicament pour soulager ses douleurs à Khan Younès avant de devoir se rendre à l’hôpital Al-Amal, où il a finalement reçu son traitement depuis l’unité de soins intensifs. Il affirme que l’interruption de son traitement pourrait lui coûter la vie à tout moment.
Selon le pharmacien Dr Khaled Odeh, les médicaments pour les maladies chroniques — notamment les traitements cardiaques, du diabète, de l’hypertension et de la thyroïde — connaissent une pénurie sévère. Il précise que les équipes médicales sont parfois contraintes de modifier les traitements en fonction des disponibilités, mais que les alternatives elles-mêmes sont souvent indisponibles. Le médicament pour la thyroïde est totalement absent depuis près de trois mois, sans substitut, y compris dans les hôpitaux.
Il indique également que seules certaines catégories de médicaments contre l’hypertension sont autorisées à entrer, tandis que d’autres sont bloquées, ce qui complique davantage la prise en charge des patients. Changer un traitement nécessite un protocole médical complet : réévaluation de l’état du patient, ajustement des doses et nouveaux examens.
Les professionnels de santé mettent en garde contre de graves complications liées à l’interruption des traitements, notamment des accidents vasculaires, des hypertrophies cardiaques, des troubles du rythme, ainsi que des atteintes aux reins et au foie chez les patients diabétiques.
Cette situation intervient dans un système de santé déjà fragilisé par le conflit en cours, la fermeture des points de passage et les restrictions sur l’entrée des fournitures médicales.
Selon des sources médicales, environ 52 % des médicaments destinés aux maladies chroniques sont actuellement en rupture de stock dans la bande de Gaza, faisant peser une menace directe sur la vie de milliers de patients.
H.A



