Ramallah, le 18 mai 2026, WAFA – Le ministère palestinien des Affaires étrangères et des Expatriés a condamné l’approbation par les autorités israéliennes d’un projet prévoyant l’aménagement d’installations militaires et sécuritaires israéliennes sur le site de l’ancien siège de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est occupée, sous l’appellation de « musée ».
Dans un communiqué publié lundi, le ministère a qualifié cette décision de « précédent grave », estimant qu’elle ne se limite pas à une atteinte au statu quo dans la ville occupée, mais qu’elle porte également atteinte aux fondements juridiques régissant l’action des Nations unies, de ses institutions et des immunités qui leur sont reconnues dans les territoires occupés.
Le ministère a rappelé que l’UNRWA a été créée en vertu d’un mandat des Nations unies adopté par l’Assemblée générale, reflétant la responsabilité continue de la communauté internationale à l’égard de la question des réfugiés palestiniens conformément aux résolutions de la légalité internationale. À ce titre, toute tentative visant à affaiblir la présence de l’agence ou à modifier le statut juridique de ses locaux constitue, selon le communiqué, une atteinte aux droits inaliénables du peuple palestinien ainsi qu’à la volonté de la communauté internationale elle-même.
La diplomatie palestinienne a également averti que ce précédent pourrait entraîner une érosion progressive de la protection juridique accordée aux institutions internationales opérant dans les zones de conflit et sous occupation, ouvrant ainsi la voie à une soumission de leur action humanitaire et juridique aux rapports de force et aux politiques du fait accompli.
Elle a souligné que cette question ne concerne pas uniquement le cas palestinien, mais touche également à la crédibilité du système international fondé sur le respect du droit international et des résolutions des Nations unies.
Le ministère a réaffirmé que toutes les mesures israéliennes visant à imposer des changements juridiques ou administratifs à Jérusalem-Est occupée, y compris celles concernant les locaux des Nations unies, sont nulles et non avenues et dépourvues de tout effet juridique. Il a rappelé qu’Israël ne dispose d’aucune souveraineté sur Jérusalem, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies ainsi qu’à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, qui a confirmé l’illégalité des mesures d’annexion, de colonisation et de toute action unilatérale dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est.
Le ministère a appelé les Nations unies et leurs États membres à prendre des mesures « claires et efficaces » afin de demander des comptes aux autorités d’occupation israéliennes pour les violations du droit international, garantir la protection du personnel et des locaux onusiens, préserver le mandat des institutions internationales dans le territoire palestinien occupé et assurer la protection de leurs installations conformément au droit international.
Il a enfin souligné que les droits du peuple palestinien, notamment le droit au retour, à l’indemnisation et à l’autodétermination, demeurent des droits consacrés par le droit international et les résolutions des Nations unies, et qu’ils sont inaliénables, imprescriptibles et ne peuvent être annulés par les mesures imposées par l’occupation et la politique du fait accompli.
H.A



