New York, le 29 mai 2026, WAFA– Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a inscrit les forces israéliennes sur la liste des parties faisant l’objet d’« informations crédibles » concernant des actes présumés de viol et d’autres formes de violences sexuelles liées aux conflits armés, selon son rapport annuel couvrant l’année 2025.
Le rapport, publié dans le cadre du mécanisme onusien de surveillance des violences sexuelles en période de conflit, documente des cas visant des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie détenus par Israël. Il intervient un jour après l’ajout d’Israël à la « liste noire » des Nations unies relative aux violations graves commises dans les zones de conflit.
Selon le document, les Nations unies ont vérifié plusieurs cas de violences sexuelles commises contre des détenus palestiniens, affirmant que ces abus « reflètent un schéma persistant » plutôt que des incidents isolés, dans un contexte où les autorités israéliennes continuent de limiter l’accès des enquêteurs internationaux aux centres de détention et à la bande de Gaza.
Le rapport fait état de viols, y compris collectifs et commis à l’aide d’objets, de tentatives de viol, d’agressions sexuelles, de violences ciblant les organes génitaux, de fouilles à nu et de menaces de viol. Les Nations unies indiquent avoir vérifié des violences visant 14 hommes, sept femmes, neuf garçons et une fille palestiniens.
Les abus auraient été commis principalement lors des interrogatoires et périodes de détention dans plusieurs installations israéliennes, notamment le camp de Sde Teiman, ainsi que dans les prisons de Megiddo, Ofer, Damon, Nafha et Ramleh, selon le rapport.
Le document attribue ces violations à des membres de l’armée israélienne, du service pénitentiaire israélien et de certaines unités de sécurité. Il souligne également que plusieurs victimes auraient été menacées afin de les empêcher de signaler les abus subis.
Le rapport évoque un « manque systémique de reddition des comptes » concernant les violations commises contre les Palestiniens et estime que l’abandon, en mars 2026, des poursuites contre cinq soldats réservistes israéliens accusés d’avoir agressé un détenu palestinien dans le camp de Sde Teiman pourrait renforcer un climat d’impunité.
António Guterres a appelé Israël à mettre fin immédiatement à toutes les formes de violences sexuelles, à permettre un accès sans restriction aux mécanismes d’enquête des Nations unies et à garantir un traitement digne des détenus palestiniens.
Le rapport précise également qu’Israël n’a pas fourni, selon l’ONU, les garanties requises pour démontrer sa conformité aux obligations fixées par la résolution 2467 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les violences sexuelles liées aux conflits.
D’après le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, plus de 9 000 Palestiniens restent détenus dans les prisons et centres de détention israéliens, dont plus de 4 000 en détention administrative, sans inculpation ni procès.
H.A



