Ramallah, le 20 juillet 2026, WAFA – La Commission palestinienne des affaires des prisonniers et ex-prisonniers a dénoncé lundi les conditions de détention des femmes palestiniennes incarcérées à la prison israélienne de Damon, affirmant qu'elles sont confrontées à « l'oppression, la faim et l'humiliation » dans le cadre d'un régime de sanctions collectives. Selon la Commission, près de 90 détenues vivent quotidiennement dans des conditions particulièrement difficiles.
Dans un rapport publié lundi, fondé sur les observations d'une avocate de la Commission à l'issue d'une visite en prison, l'institution met notamment en avant le cas de Wafaa Abou Ghalmeh, 53 ans, originaire de Ramallah, épouse du détenu Ahed Abou Ghalmeh. Arrêtée le 9 février 2026, elle est toujours en détention provisoire et souffre d'un taux élevé de cholestérol. Elle affirme également avoir développé un diabète en raison des conditions de son incarcération.
Selon son témoignage, elle a été soumise à des fouilles à nu lors de son arrestation, alors qu'elle se trouvait avec sa fille, puis de nouveau à l'intérieur de la prison. Elle décrit un traitement « humiliant » et affirme avoir subi de fortes douleurs en raison des méthodes de contention utilisées pendant son arrestation et les interrogatoires.
Le rapport souligne que les difficultés rencontrées par les détenues ne se limitent pas aux mesures disciplinaires. Les prisonnières dénoncent également la quantité insuffisante et la mauvaise qualité des repas qui leur sont servis, une situation ayant entraîné une perte de poids importante chez plusieurs d'entre elles. Wafaa Abou Ghalmeh affirme avoir perdu environ 14 kilogrammes en quatre mois, tandis que la détenue Yasmine Chaabane aurait perdu près de 30 kilogrammes.
Selon la Commission, les repas se composent de portions très limitées. Le petit-déjeuner se résume généralement à de faibles quantités de yaourt, de confiture et d'un seul légume. Le déjeuner comprend le plus souvent une petite portion de riz, de soupe et de légumes, tandis que le dîner consiste fréquemment en houmous, tahini ou riz aux lentilles, sans apport nutritionnel suffisant.
Le rapport fait également état d'une dégradation des conditions de détention des prisonnières enceintes. Celles-ci auraient d'abord été placées dans des cellules équipées de caméras de surveillance fonctionnant en permanence avant d'être transférées dans d'autres quartiers, à la suite d'une réorganisation des sections de la prison destinée à regrouper les femmes enceintes, les mineures et les détenues placées à l'isolement.
Les détenues affirment que leurs conditions de vie se sont encore détériorées depuis la prise de fonctions d'un nouveau directeur de la prison. Elles dénoncent un durcissement des opérations de fouille et des inspections, au cours desquelles elles sont désormais contraintes de s'allonger complètement au sol.
Enfin, les prisonnières demandent aux autorités pénitentiaires israéliennes d'autoriser l'entrée de produits d'hygiène personnelle, de brosses à cheveux, de rasoirs et de vêtements adaptés à la saison estivale. Elles estiment que les vêtements actuellement fournis sont de mauvaise qualité et ne répondent pas aux besoins élémentaires d'une détention respectant la dignité humaine.
H.A



