Londres, le 8 septembre 2026, WAFA — Le gouvernement britannique s’apprête à annoncer un vaste train de mesures économiques visant les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, avec notamment l’interdiction du commerce de produits qui y sont fabriqués et la possibilité d’imposer des sanctions à des entreprises impliquées dans leur construction ou leur expansion.
Selon un article publié par le New York Times, citant sept responsables au fait des mesures envisagées, cette nouvelle série de mesures devrait être annoncée mardi. Elle pourrait constituer l’une des critiques les plus sévères formulées jusqu’ici par le Royaume-Uni à l’égard de la politique israélienne envers les Palestiniens.
Les responsables, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, faute d’être autorisés à parler aux médias, ont indiqué que l’interdiction des produits fabriqués dans les colonies figurait parmi les principales mesures envisagées. Les contours définitifs du dispositif sont toutefois encore en cours d’élaboration.
D’après l’article, publié lundi soir, ces mesures interviennent alors qu’Israël fait face à un isolement international croissant en raison de la guerre menée dans la bande de Gaza, tandis que les attaques de colons contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée se multiplient et que l’expansion des colonies s’accélère.
Des analystes estiment que, si elle était adoptée, l’initiative britannique pourrait ouvrir la voie à des mesures plus larges et plus contraignantes de la part d’autres pays européens contre le projet de colonisation israélien.
Les mesures envisagées iraient nettement au-delà des sanctions britanniques précédemment liées à la Cisjordanie, qui avaient notamment visé des colons ainsi que deux ministres israéliens d’extrême droite.
Lord Tariq Ahmad, ancien ministre d’État britannique chargé du Moyen-Orient, fonction qu’il a exercée jusqu’en 2024, et qui est au fait de la politique envisagée, a déclaré que « le gouvernement élargit le champ des sanctions, en passant du ciblage des individus à l’examen des opérations et du système dans son ensemble ».
Le Royaume-Uni avait condamné, en août dernier, la décision du gouvernement israélien de poursuivre son projet de construction de nouvelles unités de colonisation dans la zone E1, près de Jérusalem occupée. Sa mise en œuvre risquerait de compromettre la possibilité d’établir un État palestinien territorialement contigu en Cisjordanie.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, avait alors qualifié cette décision d’« inacceptable et destructrice », promettant une réponse à travers de nouvelles mesures, notamment des sanctions contre les acteurs participant à l’expansion des colonies.
S’exprimant devant le Parlement la semaine dernière, M. Miliband a déclaré : « Nous devons examiner l’ensemble de nos relations économiques avec les territoires occupés, comme nous le faisons actuellement, ainsi que les différents instruments dont nous disposons », ajoutant : « Nous ne voulons pas que des entreprises britanniques financent de nouvelles colonies, les construisent ou en fassent la promotion. »
L’article souligne également que le Premier ministre britannique Andy Burnham, entré en fonction en juillet dernier, s’est engagé à adopter une position plus ferme à l’égard d’Israël en raison de la guerre menée dans la bande de Gaza.
M. Burnham avait qualifié Gaza de « cicatrice sur notre conscience collective » et critiqué, dans une vidéo, la manière dont le précédent gouvernement avait géré la guerre.
Son prédécesseur, Keir Starmer, avait pris plusieurs mesures à l’égard d’Israël, notamment en avançant vers la reconnaissance de l’État de Palestine, en suspendant certaines licences d’exportation d’armes vers Israël et en imposant des sanctions à deux ministres israéliens d’extrême droite. Il n’avait toutefois pas pris de mesures économiques plus larges.
L’article rappelle également que l’administration de l’ancien président américain Joe Biden avait imposé des sanctions à des colons accusés d’être responsables d’attaques contre des Palestiniens, avant que le président Donald Trump ne mette fin à ces mesures après son retour à la Maison-Blanche.
L’Espagne et les Pays-Bas ont déjà interdit certains produits issus des colonies. Des analystes estiment toutefois qu’une mesure similaire prise par le Royaume-Uni pourrait avoir une portée politique et économique plus importante.
Hugh Lovatt, analyste au Conseil européen des relations internationales, a déclaré que « le poids politique et économique du Royaume-Uni pourrait jouer un rôle presque unique pour encourager l’adoption de mesures plus larges contre le projet de colonisation israélien et rassembler d’autres partenaires occidentaux autour d’une action commune visant à défendre ce qui reste de la solution à deux États ».
N.S



