Genève, le 7 septembre 2026, WAFA — La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé, Francesca Albanese, a averti lundi que les opérations à grande échelle visant à retirer, concasser et déplacer les décombres dans les zones de la bande de Gaza sous contrôle militaire israélien risquaient de détruire des éléments de preuve essentiels à d’éventuelles enquêtes sur des crimes internationaux et de compromettre la récupération des restes humains.
« Les opérations en cours d’enlèvement, de concassage et de déplacement des décombres à Gaza ne doivent pas détruire les preuves de crimes internationaux ni empêcher la récupération et l’identification des restes humains dans l’enclave assiégée », a déclaré Albanese dans un communiqué.
La rapporteuse spéciale a souligné que les décombres accumulés à Gaza pourraient contenir des restes humains ainsi que des éléments matériels susceptibles de revêtir une importance cruciale pour les enquêtes portant sur des crimes internationaux présumés, notamment des allégations de génocide.
Selon les estimations des autorités palestiniennes, plus de 10 000 personnes seraient toujours ensevelies sous les décombres dans la bande de Gaza.
Francesca Albanese a insisté sur la nécessité de procéder, avant tout déplacement ou concassage des décombres, à la récupération et à l’identification des restes humains, ainsi qu’à une documentation systématique et à la préservation de tout élément susceptible de constituer une preuve. Elle a également appelé à ce que des enquêteurs criminels internationaux supervisent les opérations de collecte et de conservation des éléments de preuve.
La rapporteuse spéciale a par ailleurs mis en garde les États et les entreprises participant aux opérations de déblaiement contre les conséquences juridiques potentielles de toute destruction ou altération d’éléments susceptibles d’être liés à des crimes internationaux. Selon elle, de tels actes pourraient, dans certaines circonstances, engager une responsabilité pénale au regard du droit international.
« Toute opération d’enlèvement des décombres doit s’inscrire dans le cadre d’un plan conçu par les Palestiniens et soutenu par des acteurs bénéficiant de la confiance de la population palestinienne », a-t-elle déclaré.
« Détruire les preuves de crimes atroces est illégal », a ajouté Albanese, estimant que le processus de reconstruction de Gaza ne saurait être « conditionné par l’effacement de son passé et des preuves nécessaires pour rendre justice à ses victimes ».
Elle a ainsi appelé à préserver les éléments matériels et les restes humains présents sous les décombres, afin que les opérations de reconstruction ne compromettent pas les efforts visant à établir les faits, identifier les victimes et déterminer les responsabilités au regard du droit international.
H.A



