Le Caire, le 7 septembre 2026, WAFA – Le Conseil de la Ligue des États arabes, réuni en formation ministérielle, a appelé la communauté internationale, notamment les Nations Unies et le Conseil de sécurité, ainsi que les Hautes Parties contractantes à la Quatrième Convention de Genève, à intervenir immédiatement pour protéger le peuple palestinien des crimes et agressions israéliens et du terrorisme des colons, conformément au droit international, aux résolutions de la légitimité internationale et aux accords et traités internationaux et régionaux pertinents.
Cet appel a été lancé à l’issue de la 166e session ordinaire des ministres des Affaires étrangères, qui s’est tenue ce lundi au siège de la Ligue des États arabes, au Caire (Égypte), sous la présidence tunisienne, en présence du Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Nabil Fahmy, et de la Palestine.
Le Conseil a également appelé tous les pays à apporter un soutien politique, financier et juridique au plan arabo-islamique de relèvement et de reconstruction de la bande de Gaza et au maintien du peuple palestinien sur sa terre. Il s’est félicitée de la tenue, dans les plus brefs délais, d’une conférence internationale au Caire à cette fin, en coordination avec l’État de Palestine et les Nations Unies, et a exhorté les pays et les institutions financières internationales et régionales à accélérer l’octroi du soutien financier nécessaire à la mise en œuvre du plan.
Le Conseil a condamné le génocide, la famine, le siège, l’agression, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés et encore perpétrés par Israël, puissance occupante, contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza. Elle a appelé à la pleine application de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, dans toutes ses phases, conclu lors du Sommet de paix de Charm el-Cheikh en 2025, ainsi qu’à la mise en œuvre de la résolution 2803 (2025) du Conseil de sécurité, afin de garantir la cessation de l’agression israélienne, la reconstruction de la bande de Gaza et de permettre au peuple palestinien d’exercer son droit à l’autodétermination et de réaliser l’indépendance de son État.
Il a également condamné les décisions et mesures agressives prises par Israël, puissance occupante, visant à poursuivre ses plans et politiques d'annexion des territoires occupés de Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et à y imposer sa souveraineté, ainsi que les déplacements forcés de Palestiniens, la démolition de leurs habitations, la confiscation de terres privées et publiques et leur conversion en prétendues « terres domaniales », l'établissement de centaines de points de contrôle militaires supplémentaires et le renforcement de la division de la Cisjordanie en zones isolées et en « cantons ».
Le Conseil a souligné que la mise en œuvre des plans israéliens d'annexion de toute partie du territoire palestinien occupé en 1967 constitue un crime de guerre.
Il a considéré l'agression et l'occupation israéliennes en cours contre le peuple et le territoire de l'État de Palestine comme une atteinte à la sécurité nationale arabe et une menace pour la paix et la sécurité internationales.
Cela exige dit-il, un renforcement de l’action arabe commune pour protéger le peuple palestinien, notamment par l’activation et le développement de mécanismes de défense arabe commune, y compris l’activation du Traité de défense commune et de coopération économique entre les États membres de la Ligue arabe, dans le cadre de la protection des intérêts, de la sécurité, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États arabes, conformément aux principes du droit international et à la Charte des Nations Unies.
Le Conseil de sécurité a été exhorté à adopter une résolution en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies afin de contraindre Israël, puissance occupante, à se conformer aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur la question palestinienne, à cesser son agression contre le peuple palestinien sous toutes ses formes et à mettre en œuvre les ordonnances et avis consultatifs de la Cour internationale de Justice.
Le Conseil a réaffirmé son rejet catégorique de toute forme de déplacement du peuple palestinien de ses terres ou de toute modification de sa composition démographique, y compris ce qu’Israël, puissance occupante illégale, promeut de manière trompeuse sous le couvert de la « migration volontaire ». Il a considéré le déplacement du peuple palestinien comme une forme de génocide et de nettoyage ethnique, et comme une grave violation du droit international et des résolutions de la légitimité internationale.
Le Conseil a exprimé son rejet catégorique de toutes les mesures et de tous les plans visant à fragmenter l’unité géographique et démographique du peuple palestinien, notamment toute forme de séparation de la bande de Gaza de la Cisjordanie occupée, l’imposition de systèmes différents dans la bande et l’utilisation d’expressions telles que « Nouvelle Gaza » et « peuple de Gaza ». Il a affirmé que le peuple palestinien forme un seul peuple où qu’il réside et que la bande de Gaza fait partie intégrante du territoire de l’État de Palestine.
Le Conseil a condamné la démolition par les autorités d’occupation israéliennes du siège de l’UNRWA à Sheikh Jarrah, sa prise de contrôle et sa transformation en musée et en siège du prétendu « ministère israélien de la Défense ». Il a également condamné la décision de fermer les bureaux, les écoles et les centres de santé de l’UNRWA à Jérusalem, notamment dans les quartiers de Silwan, Wadi al-Joz, Sur Baher et au camp de réfugiés de Shu’fat, et de les remplacer par des institutions de l’occupation israélienne. Cette action cible des générations de réfugiés palestiniens, les privant d'accès aux soins de santé, à l'éducation et à d'autres services essentiels, et constitue une tentative inacceptable d'effacer la question des réfugiés, qui fait partie intégrante des questions relatives au statut final.
Le Conseil s'est félicité de la décision de l'Assemblée générale des Nations Unies de renouveler le mandat de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) pour trois ans (2026-2029), conformément à sa résolution fondatrice (résolution 302 de 1949), adoptée lors de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Le Conseil de la Ligue des États arabes a condamné l'agression israélienne contre les écoles, les institutions, le siège et le personnel de l'UNRWA dans la bande de Gaza, qui a entraîné la mort de plus de 350 membres du personnel de l'UNRWA et fait des centaines de blessés, ainsi que la destruction d'environ 315 installations de l'UNRWA, dont celles abritant des milliers de civils palestiniens déplacés de force de leurs foyers et de leurs quartiers par les forces d'occupation israéliennes.
Le Conseil a exprimé son rejet et sa condamnation des campagnes systématiques israéliennes et américaines menées contre l’UNRWA, notamment l’incitation flagrante à la haine contre l’agence, l’accusation de terrorisme portée contre son personnel sans enquête ni vérification, et l’imposition de sanctions administratives et financières israéliennes à son encontre. Ces actions visent à parachever la série d’attaques israéliennes contre l’agence afin de la saper et de mettre fin à son rôle.
Le Conseil a exhorté les États membres à verser leurs contributions obligatoires, s’élevant à 7,8 % du budget général de l’UNRWA, conformément aux résolutions successives du Conseil de la Société des Nations au niveau ministériel depuis 1987, et les a encouragés à apporter des contributions exceptionnelles au financement de l’agence et à conclure des accords de soutien et de financement.
F.N



