Accueil Occupation 20/July/2026 02:55 PM

Syndicat des journalistes : 467 violations contre des professionnels des médias et 8 journalistes tués en six mois

Ramallah, le 20 juillet 2026, WAFA — Le Syndicat des journalistes palestiniens a annoncé lundi que les forces israéliennes et des colons avaient commis 467 violations et agressions contre des journalistes et des travailleurs des médias au cours du premier semestre de l’année 2026.

Selon les données présentées par la Commission des libertés du syndicat lors d’une conférence consacrée à la publication du rapport semestriel sur les libertés de la presse en 2026, ces violations comprennent notamment l’interdiction de couvrir les événements, les arrestations, les attaques physiques directes, les tirs à balles réelles et les gaz lacrymogènes, ainsi que des procédures judiciaires jugées abusives.

Le rapport souligne que plus de 41 % des violations recensées concernent l’interdiction de la couverture médiatique et la rétention d’équipes de presse, avec 192 cas enregistrés, ce qui constitue, selon le syndicat, un indicateur d’une politique systématique visant à restreindre l’accès à l’information dans les territoires palestiniens occupés.

Lors d’une conférence de presse tenue au siège du syndicat à Ramallah, le président de la Commission des libertés, Mohammed Al-Lahham, a indiqué que le rapport mettait en lumière la situation des journalistes dans le contexte des opérations militaires menées dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, ainsi que l’augmentation des violations commises contre les professionnels des médias.

Il a précisé que huit journalistes avaient été tués durant les six premiers mois de 2026, sur un total de 264 journalistes tués depuis le 7 octobre 2023. Le rapport fait également état de 27 arrestations, de 29 cas de tirs à balles réelles visant des journalistes, ainsi que de 78 incidents impliquant l’usage de grenades lacrymogènes et assourdissantes sous différentes formes.

Selon Al-Lahham, l’armée israélienne a tiré à balles réelles contre des équipes de presse dans 257 incidents, tandis que 393 cas d’utilisation de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes ont été recensés. Les forces israéliennes ont également interdit à 19 journalistes l’accès ou la présence autour de la mosquée Al-Aqsa.

Le rapport indique par ailleurs que les autorités israéliennes ont enregistré deux blessures par balles en mai, 14 agressions physiques, des dizaines de cas d’asphyxie dus aux gaz, 16 menaces sous la menace d’armes, ainsi que six attaques menées par des colons.

Les données font également état de 22 cas de confiscation ou de destruction de matériel journalistique, sept perquisitions visant des domiciles ou des institutions médiatiques, trois fermetures d’organes de presse, cinq blocages de sites internet, en plus des 192 cas d’interdiction de couverture journalistique.

La Commission des libertés a précisé que les premiers mois de l’année avaient enregistré des niveaux élevés de violations, avec un pic en février (122 violations), suivi de janvier (109) et de juin (89). Le nombre d’incidents avait diminué en mars (53) et avril (39) avant de remonter en mai (55).

Le bilan cumulé depuis le 7 octobre 2023 jusqu’à juin 2026 fait état de 4 127 violations contre des journalistes, ayant entraîné la mort de 264 professionnels des médias, ainsi que 226 blessés, 193 arrestations, la destruction de 187 institutions médiatiques, de 140 domiciles appartenant à des journalistes, et la mort de 713 membres de leurs familles.

Le Syndicat des journalistes a affirmé que ces chiffres démontraient que les attaques contre les journalistes ne constituaient pas des incidents isolés, mais s’inscrivaient dans une offensive globale visant, selon lui, le droit à l’information et la transmission de la vérité. Il a appelé la communauté internationale et les organisations professionnelles de journalistes à intervenir rapidement afin d’assurer la protection des journalistes palestiniens et de demander des comptes aux responsables de ces violations.

De son côté, le président du Syndicat des journalistes, Nasser Abou Bakr, a déclaré que le rapport documentait l’ensemble des violations commises contre les journalistes dans les territoires palestiniens, en particulier les atteintes visant les professionnels des médias dans la bande de Gaza.

Il a indiqué que le syndicat avait organisé une conférence au siège des Nations unies à Genève, sous l’égide de la Fédération internationale des journalistes, au cours de laquelle plusieurs rapporteurs spéciaux de l’ONU avaient évoqué les violations, les crimes et les exécutions extrajudiciaires. Des rencontres ont également été organisées avec ces responsables ainsi qu’avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme afin de les informer des violations commises contre les journalistes palestiniens.

Abou Bakr a ajouté que le syndicat national des journalistes français avait transmis un avis concernant son intention d’engager une procédure devant la Cour de cassation en France, tandis qu’une autre organisation affiliée à la Fédération des syndicats des travailleurs palestiniens envisage également une action concernant les crimes de guerre commis contre les journalistes devant les juridictions françaises.

Il a enfin affirmé que le syndicat poursuivait ses démarches auprès des instances internationales afin de documenter ces violations dans le cadre de la Cour pénale internationale, appelant cette dernière à accélérer ses procédures d’enquête et à annoncer les mesures prises à l’encontre des responsables présumés de crimes de guerre visant les journalistes.

H.A

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